Non pas un, mais deux ou même trois espaces de travail, les mobiles workers passent d’un bureau à un autre. Une mobile worker, j’en suis une. Suivez-moi dans mon voyage du secrétariat central d’Employés Suisse à Olten au coworking Vibration Workingshare à Fribourg.

10 m2, une grande armoire remplie de classeurs, une plante presque morte – voire déjà morte – dans un coin, une collection de cartes, des stylos rongés entassés, des post-it un peu partout, un ordinateur : c’est mon bureau ou devrais-je plutôt écrire l’un de mes bureaux.

D’Olten au coworking

Deux jours par semaine, je travaille à Olten dans un bureau individuel que je peux personnaliser et où je peux entasser plein de choses. Durant ces deux jours, je travaille comme une large majorité des employés en Suisse. En effet, selon une étude du cabinet de conseil Deloitte publiée en juillet 2018, 77% des employés ont un bureau fixe et individuel. «Bien que les concepts de travail agiles et flexibles tels que les bureaux à domicile (Home Office) ou le partage flexible des postes de travail (Hotdesking) soient de plus en plus en vogue dans les entreprises suisses, une large majorité des employés suisses occupent encore et toujours un poste de travail leur étant dédié», écrivent les auteurs de l’étude.

Les trois jours restants de la semaine, je suis une mobile worker avec différents espaces de travail: le wagon CFF lorsque je me déplace pour rendre visite aux organisations membres d’Employés Suisse, la table de mon salon lorsque je fais du home office ou encore l’espace de coworking, le Vibration Workingshare à Fribourg (www.workingshare.ch).

Choisir son espace de travail en fonction de ses besoins

Depuis le début de l’année, je travaille en moyenne deux jours par semaine dans cet espace de coworking. Pas de place de travail fixe, je change d’endroits, d’espaces, selon mon humeur et bien sûr les tâches à effectuer. Aujourd’hui, pour la rédaction de cet article, j’ai choisi un bureau un peu isolé du coworking pour être au calme et mieux me concentrer.

Choisir son espace de travail dans l’entreprise en fonction des tâches à effectuer est au cœur du desk sharing, soit le partage de bureau au sein d’une entreprise, La Poste l’a introduit il y a plusieurs années à son siège principal. Ce dernier est désormais divisé en différents espaces de travail ou plutôt différentes zones d’activités : zone d’interaction, zone de concentration et zone de régénération. Les employés se déplacent d’une zone à l’autre en fonction de leurs activités du moment (cf. «La fin du bureau individuel» sur www.apunto-online ).

Rapprocher espace de travail et domicile

Au premier abord, on peut penser qu’avoir différents espaces de travail complique son organisation. Ce n’est pas mon cas, bien au contraire. J’ai choisi de venir travailler au coworking Vibration Workingshare à Fribourg pour une raison bien précise: sa proximité. 20 minutes de trajet contre plus d’une heure lorsque je vais à Olten, c’est un changement. Quant au home office qui ne signifierait aucun déplacement, il ne vient qu’en troisième position, car une certaine séparation de l’espace de travail et espace privé reste importante à mes yeux.

Raccourcir les déplacements est justement vu comme le plus gros apport des coworkings selon une étude «Coworking aus Unternehmenssicht II : Out of Office – into the Flow?» réalisée par l’Université de Saint-Gall sur mandat de VillageOffice. Ce besoin de proximité entre vie privée et vie professionnelle, et surtout d’éviter de perdre du temps dans des bouchons ou des trains bondés, les fondateurs du Vibration Workingshare l’ont bien compris. «Le Vibration Workingshare, ce n’est pas qu’un espace de coworking, c’est un mode de travail, un mode de vie différent», explique David Regamey, CEO du Vibration Workingshare. «En créant cet espace, nous voulions rapprocher vie privée et vie professionnelle, limiter les déplacements des gens», ajoute-t-il. Cette volonté est aussi à l’origine de la décision des fondateurs d’ouvrir prochainement un nouvel espace de coworking à Neuchâtel, dans la gare même.

La proximité, c’est aussi ce qui a attiré Samuel et Ary, deux autres coworkers du Vibration Workingshare. Samuel, représentant chez 11teamsports basée à Zurich, y vient depuis près d’une année et y a une place fixe. «Je ne veux pas perdre de temps avec des trajets. Le gros avantage de ce coworking est sa proximité avec mon domicile», déclare-t-il. Samuel m’explique qu’il est arrivé au Vibration Workingshare à la naissance de sa fille. Auparavant, il faisait du home office. Bébé arrivé, son bureau est devenu une chambre d’enfant et il lui a fallu trouver un nouvel espace de travail. «J’ai des clients basés dans les cantons de Berne, Soleure, Fribourg et Vaud, je voulais être proche d’eux, être flexible», ajoute-t-il.

Ary, vidéaste indépendant, vient depuis plus de quatre mois au Vibration Workingshare, également car il se situe à cinq minutes de son domicile. Le coworking lui permet en plus d’améliorer ses conditions et son ambiance de travail. «Avant je travaillais à la maison, mon bureau était ma chambre. A un moment donné, je n’ai plus pu continuer. Il fallait que je sépare le travail du temps libre», déclare-t-il.

L’environnement de travail a un impact sur la santé

Un autre facteur important dans le choix de son espace de travail pour Ary qui vient de lancer sa société de production de vidéo Hipolito Fineprod est son environnement. «J’apprécie particulièrement la luminosité et la modernité du Vibration Workingshare, mais aussi l’ambiance tranquille qui y règne.»

Le projet de recherche « Office, Change & Health » de Promotion Santé Suisse a justement montré que les environnements de travail avaient non seulement une influence sur la santé psychique des travailleurs mais également leur engagement professionnel. Une température trop élevée ou trop basse, le bruit ou un mauvais éclairage dans l’espace de travail ont des répercussions négatives pour les personnes s’y trouvant.

L’espace de travail, plus qu’un lieu de productivité

Peu importe donc si c’est un bureau fixe, un bureau dans un coworking, l’espace de travail se doit d’être agréable. «Un espace de travail doit être flexible et motivant, et c’est ce que nous voulons offrir», déclare David Regamey, CEO du Vibration Workingshare. Malheureusement, l’espace de travail est encore trop souvent vu uniquement comme un lieu dans lequel il faut être productif.

En interview, Prof. Hartmut Schulze, responsable de l’institut de recherche et développement de la coopération à la Haute école du Nord-Ouest, met en avant l’importance d’avoir des lieux de réflexion, de création où l’on peut développer de nouvelles idées. Lui-même travaille parfois à cette fin dans un café ou un lieu animé. Echanger avec d’autres personnes est un apport (cf. son interview sur www.apunto-online.ch)

Passer du coworking au coliving

Pour franchir une étape supplémentaire dans l’échange et faire plus que de partager ses compétences professionnelles, les mobile workers peuvent passer du coworking au coliving. Ce n’est pas seulement partager un espace de travail, mais un espace de vie. Autrement dit, on partage en plus de sa vie professionnelle, sa vie privée avec d’autres mobile workers, d’autres employés, collègues de travail, en principe durant un temps limité.

En Suisse, il existe Swiss Escape qui est basé à Grimentz (cf. www.swissescape.co). Deux chalets sont mis à disposition à la semaine ou au mois de freelances, entrepreneurs et tout employé pouvant travailler de façon mobile à la semaine ou au mois. Chaque chalet peut accueillir jusqu’à 15 personnes et comprend bien sûr un espace de coworking. A tester peut-être, j’hésite encore.

Virginie Jaquet, Employés Suisse, www.employes.ch

Faire du coworking chez Employés Suisse Un espace de travail moderne dans une atmosphère agréable à deux pas de la gare d’Olten: c’est ce que propose Space Zero Coworking. — Plus d’information sur www.employes.ch



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