Un jour comme un autre…

Un jour où les medias, y compris ce club, sont envahis de théories complotistes assénées à la louche et qui ne peuvent que confirmer cet enfumage de l’opinion, ce nivellement du raisonnement, cette victoire de la bêtise méchante sur la crédulité, cette défaite de l’intelligence et de l’esprit critique. A ces mensonges grandiloquents il faut simplement rétorquer que tous les fanatismes, tous les autoritarismes, tous les racismes, toutes les discriminations, bref, tous les extrêmes, se rejoignent dans leur rejet de « l’autre » et dans le danger qu’ils représentent pour les droits humains, les libertés, la démocratie et l’avenir du monde.

Un jour où les attentats de fanatiques sanguinaires et décérébrés ensanglantent les rues, de Strasbourg à Kaboul, de Nice à Berlin. Un jour où l’Europe se barricade, laissant se noyer en mer des milliers d’êtres humains qui ne cherchaient qu’à fuir la guerre, les dictatures ou la misère inéluctable.

Un jour où certains voudraient faire de leurs pays la Trumpie, l’Erdoganie,la Madurie, la Bolsonarie j’en passe et des pires comme l’Assadie et la Kim-il Songi-ie.

Un jour où contre les dictatures et l’arbitraires se lèvent les femmes du Rojava, des citoyens d’Amérique latine et des USA, de pays himalayens et d’ailleurs.

Un jour où des jeunes descendent dans les rues pour nous rappeler que nous n’avons qu’une planète à leur laisser.

Un jour où nous parviennent de partout des bruits de bottes, de bombes, de famine et d’appels à l’aide couverts par le bruit des tiroirs-caisse et du profit à tout prix.

Un jour où nos voisins de l’hexagone laissent la colère légitime du petit peuple travailleur et des gilets jaunes se faire souvent noyauter par de sinistres propagateurs de haine nationalistes et racistes qui les poussent à mettre la faute sur plus faibles qu’eux, les chômeurs, les marginaux, les immigrés au lieu d’exiger que l’on prenne l’argent là où il est en rétablissant, par exemple, l’impôt sur la fortune ou en pénalisant mieux les exilés fiscaux.

Un jour où la folie meurtrière des terroristes qui trahissent leur Dieu en tuant en Son nom côtoie les bâtisseurs de murs et les agitateurs de drapeaux qui trahissent le leur en semant la haine et l’exclusion. Les deux côtés laissent évidemment leur intelligence aux abonnés absents et leur conscience engluée dans le fanatisme, le nationalisme et leur haine commune de l’altérité .

Un jour nouveau pourtant qui débarque, l’air bête, dans l’herbette givrée de notre pays, un jour de plus où il faudra, merde alors, gratter le pare-brise de la voiture. Un jour où il faudra effacer sous les yeux à l’eau froide les valises de la nuit et tenter d’en faire de même sur le reste du visage avec les rides de ce temps trop con qui passe trop vite. Un jour où il y a dans l’air des odeurs de sapin, de cannelles, de pains d’épices et d’oranges. Un jour où Noël est à peine passé, avec son message de paix et de fraternité qui touche même les athées et les croyants d’autres religions.

Un jour comme les autres, avec ses trouvailles, ses troupeaux , ses troubadours, ses troupiers, ses trousseurs de jupons, ses trous noirs, ses trous dans le fromage et dans les budgets, ses trou-la-la-itou….

Un jour où je ne veux pourtant pas faire partie des défaitistes au goût de vivre défaillant, à l’espoir perdu et à l’enthousiasme absent par la force de l’habitude.

Un jour où je veux croire que nous pourrons, chacun et tous ensemble, aujourd’hui et plus tard, rendre le monde plus beau, plus paisible, plus fraternel et plus vivable pour tous.

Un jour comme un autre où je voudrais tant dépasser ces discours dont il est trop facile de ne pas être avare, et entrer, très concrètement, dans un processus personnel et collectif de changement. Je ne crois guère à l’efficacité des directives ou des slogans et préfère donc conclure ce sujet sous formes de questions :

La manière de vivre, de consommer, de produire, de travailler, de coopérer qui pourrait s’organiser de manière très concrète et pragmatique, un peu à l’image de ce que nous laisse entrevoir, par exemple, le film « DEMAIN » est-elle une pure utopie ou un espoir réalisable dans le cadre de nos structures démocratiques et étatiques existantes ?

Dans un monde globalisé et qui a de fortes chances de le rester, la seule multiplication de nouvelles formes locales de gouvernances et de coopération sera-t-elle un ferment suffisant pour permettre l’avènement d’un nouvel ordre mondial plus solidaire et plus respectueux de la planète ?

Et finalement, last but not the least, quelques questions auxquelles je n’ai honnêtement pas toujours pu répondre par l’affirmative mais qui m’apparaissent comme faisant partie intégrante de notre capacité à contribuer, chacun à notre manière et avec nos moyens, à laisser à nos enfants un monde le plus possible paisible, libre, juste, solidaire et respectueux de notre environnement :

Est-ce que nos congénères dans leur majorité seront-ils capables de commencer par leur propre vie quotidienne en prenant , par exemple, les engagements suivants:

Partager les tâches du ménage ?

Ne pas négliger ni son couple ni ses proches ?

Prendre tout le temps nécessaire avec ses enfants et leur permettre de se forger des personnalités capables de construire à la fois leur bonheur et le monde de demain ?

Participer à la vie locale du quartier ou du village ?

Accueillir et intégrer les nouveaux arrivants, y compris les réfugiés de la guerre et de la misère ?

S’engager dans la communauté sur le plan politique ou associatif ?

Supporter le voisin emmerdeur, être capable de relativiser et même de coopérer ?

Consommer et se déplacer de manière respectueuse de l’environnement et des conditions de production ?

Oublier les querelles de famille, de voisinage, les jalousies, les médisances et autres stupidités et futilités chronophages ?

Et j’en passe…..

J’ose parfois imaginer que c’est peut-être en offrant la possibilité et la liberté de vivre des bonheurs tout simples, concrets et partagés que l’on viendra peut-être à bout des dogmes extrémistes, politiques ou religieux, réducteurs et liberticides, de l’appât du gain, de la course au profit immédiat, bref de tout ce qui est responsable à la fois de la profonde injustice dans la répartition des richesses de notre terre, de la pollution ainsi que de la grande majorité des conflits armés, du terrorisme et même de la violence crapuleuse qui ensanglantent notre planète.

Pouvons-nous l’espérer… ?

Un jour comme un autre, beau pourtant, parce qu’il existe, parce qu’il est nouveau, parce que tu me souris, parce que nous rions, parce que nous vivons !

Un jour de plus où quelque part, quelqu’un me taxera de bisounours. Mais je m’en fous, m’en tamponne le coquillard et laisse couler ces tentatives d’insultes sur le parapluie démodé de mon indifférence. Je préfère définitivement être un bisounours qu’un gros connard malfaisant….



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