Il n’y a pas grand-chose de notable à raconter ce matin. Si l’on revient un peu sur la fin de semaine passée, elle était un peu à l’image de ce que nous avons vécu toute la semaine. Les Européens qui se rendent compte (soudainement) que l’Euro est faible contre le dollar et que ça pourrait les aider un peu en terme de business et de compétitivité. Les indices européens terminent donc leur semaine en hausse pour la sixième fois de suite et le DAX est en hausse de 21% depuis le premier janvier.

Aux USA, on se rend compte que les chiffres économiques locaux ne sont pas terribles, malgré l’exploit réalisé par les chiffres de l’emploi ce mois; mystérieux l’exploit tout de même. Tout le reste est globalement pourri, même s’il n’y a pas de quoi (trop) s’inquiéter, puisque c’est tout à cause de la neige et du froid et, dès la semaine prochaine, c’est le printemps, les oiseaux vont chanter et l’économie va se reprendre comme si de rien n’était. Mais pour le moment, on n’a plus la niak aux USA, on a un tout petit peu la trouille, sans compter que cette semaine il y a la FED. Il suffirait que la FED laisse entendre, entre deux paragraphes et deux messages codés, qu’ils pensent sérieusement à monter les taux plus vite que prévu, et il se pourrait que la grosse fatigue actuelle se prolonge un peu. Alors oui, j’entend bien vos cris outrés qui se demandent comment on peut envisager une hausse des taux alors que 9 chiffres sur 10 sont en-dessous des attentes.

Eh bien, c’est simple: si les chiffres de l’emploi le disent, le reste n’a pas d’importance. Et puis, c’est plus facile de manipuler les chiffres de l’emploi gouvernemental quand on EST le gouvernement. Je ne vais pas vous parler théorie du complot mais, moi-même personnellement tout seul, je ne comprends TOUJOURS pas pourquoi les chiffres de l’emploi étaient bons alors que TOUT le reste était pourri. À moins que le gouvernement n’ait engagé QUE des gens pour peller la neige… Je ne justifie pas cette hausse au milieu de l’hiver. Ou alors c’est qu’il fallait une excuse pour monter les taux d’un quart pour montrer que la FED mène toujours le jeu.

En résumé, on ne sait pas trop quoi penser de ces chiffres américains. Dans leur globalité, ils ne sont pas terribles, mais on dirait que la FED ne va se concentrer que sur un seul d’entre eux. Réponse et indications sur la date de la prochaine hausse des taux mercredi soir.

Pour le reste, il y a deux choses à retenir. Deux choses dont on parle moins, mais qui pourrait faire du bruit dans les semaines à venir.

Tout d’abord, la Grèce dont reparle depuis que les Allemands envisagent à nouveau de les dégager de l’Europe. Le gouvernement grec qui souffle le chaud et le froid et qui est loin de faire l’unanimité politiquement parlant. Il y aussi les rumeurs insistantes comme quoi la Grèce serait à court de cash dans les deux semaines à venir. L’ambiance détestable qui flotte sur le sujet en Europe pourrait avoir des conséquences éventuelles sur les marchés ces prochains jours.

Et puis, il y a aussi le cas Poutine. Le leader du Kremlin n’a plus été vu publiquement depuis le 5 mars. Les rumeurs vont bon train et en s’amplifiant. Il y a plusieurs théories. L’une de celles-ci imagine qu’il est allé accompagner son amie accoucher quelque part dans une clinique privée (en Suisse?). L’autre dit que le Kremlin est en pleine lutte de pouvoir et que Vladimir doit «régler» des problèmes qui demandent toute son attention. Dans le premier cas, c’est un détail, dans l’autre, ça serait bien qu’on y comprenne quelque chose, puisque certains médias commencent à parler de putsch et je ne suis pas certain que l’on ait vraiment besoin de ça. Ce n’est pas LE sujet qui va préoccuper Wall Street ces prochains jours – pas autant que la FED – mais il va tout de même falloir y penser.

Le pétrole s’est fait démonter sur la semaine. Le baril aura perdu 10% en 5 jours de trading. Les excès de production, le fait que l’on ne sache plus où stocker des barils n’aura pas aidé. Vendredi soir tard, le Gouvernement américain a annoncé vouloir acheter 5 millions de barils pour sa «réserve stratégique» et le prix de l’or noir est brièvement repassé en-dessus des 45$. Mais ce matin, il est à nouveau au fond du trou à 44.35$ et il semblerait que le consensus global envisage de le voir bien plus bas encore.

Pendant ce temps, l’or ne fait rien. Actuellement le métal jaune génère à peu près autant d’intérêt que le championnat de criquet de troisième division indienne génère devant l’entrée du Yankee Stadium du Bronx. Tout le monde s’en moque sauf un qui a réussi à écrire un article qui dit que l’or a toujours une bonne chance d’atteindre les 2’000$, sans (courageusement) spécifier de date. Ce matin, le métal jaune vaut 1159$.

En ce lundi matin, les marchés asiatiques ne tremblent pas et même s’ils ont ouvert de manière relativement faible, ils se sont bien repris et tout est dans le vert pour le moment. Sauf le Japon qui oscille entre le vert et le rouge, autour de son niveau de clôture de vendredi passé, alternant positif et négatif. La Chine se concentre sur les compagnies aériennes qui vont forcément, à un moment ou à un autre, y gagner d’avoir un baril sous les 50$. Et puis, tout le monde est convaincu que la Banque Centrale Chinoise va aussi lancer tout prochainement l’un de ses stimulus dont elle a le secret. L’indice chinois est en hausse de 2.02%, Hong Kong avance de 0.5%.

Dans les nouvelles du jour, tout le monde s’interroge sur le meeting de la FED. Le patron de BP parle du prix du pétrole et estime que «ça va être très difficile et que jusqu’à maintenant les compagnies pétrolières avaient vécu dans le luxe et que ça allait changer».

GE a vendu sa division crédit à la consommation en Australie et Nouvelle-Zélande pour 8.2 milliards de dollars australiens. Les acheteurs sont un conglomérat d’investisseurs financiers dont KKR et Varde Partners. Tôt dans la nuit, l’Euro/Dollar est passé sous les 1.05, touchant un plus bas à 1.0471 se rapprochant toujours un peu plus de la parité. Goldman voit les niveaux de 1 pour le mois de septembre.

Pour le moment, les futures sont en hausse de 0.10% sur le S&P500 et de 0.5% sur le Dax. L’Euro/$ est 1.0516, le yen vaut 121.26, le Bitcoin est à 288$ et le rendement du 10 ans américain est à 2.09%. L’Euro/Suisse s’affaisse aussi quelque peu, ce matin il est à 1.0586, mais au début de la nuit (quand la BNS n’était pas encore au bureau, il a frisé les 1.05).

Nous allons donc patienter de concert pour voir ce que va nous dire la FED. On va aussi regarder si l’Euro/$ arrête de baisser ou s’il continue de battre des record de faiblesse, faisant mentir les stratèges et allant chercher la parité avant la fin du mois. En attendant d’y voir plus clair, il me reste à vous souhaiter un bon début de semaine.

Thomas Veillet, Investir.ch

La phrase du jour: «Things have gotten very tense between the U.S. and Russia. In fact, during a speech today Vladimir Putin criticized the U.S. for thinking it’s ‘always right.’ Then he went back to organizing an election where you can’t vote ‘No.’» –Jimmy Fallon



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