Nous sommes plusieurs à avoir reçu cette information en début de semaine, l’Office Fédéral du Sport (OFSPO, office de la Confédération chargé du pilotage du système sportif) va supprimer le programme «l’école bouge» suite à la réduction des budgets alloués au sport. Entre les difficultés liées au franc fort (ces difficultés nous ne les nions pas) et l’absence d’une vraie vision sur les enjeux hygiéniques et sociaux d’une pratique sociale capitale, force est d’en appeler à une nécessaire prise de conscience de l’opinion publique. Il faut impérativement enjoindre le Conseil Fédéral – nous n’osons parler du Conseiller Fédéral lui-même, sic ! – de promouvoir dans les meilleurs délais un nouveau concept pour développer l’activité physique auprès de toutes les catégories d’âge et dans toutes les régions de la Suisse.

Si le précédent «Concept du Conseil fédéral pour une politique du sport en Suisse», promu en 2000 sous l’impulsion d’une équipe à la fois consciente de l’histoire du pays et riche d’un enthousiasme prospectif, reste très opérant et si de gros efforts ont été consentis autour de la construction d’infrastructures sportives d’importance nationale, nous aurions envie de souligner que tout reste (encore) à faire. Il y a urgence! Il faut construire des salles pour la rythmique dans les classes primaire, des stades pour les sociétés locales et encore des installations permettant d’accueillir dans les meilleures conditions les plus grands événements sportifs internationaux. De la même manière, il faut continuer à former des moniteurs aux nouvelles techniques du corps, mais en ajoutant toujours plus de connaissances sur les effets psychologiques, hygiéniques ou sociaux des activités physiques et sportives. Et surtout, il faut aussi soutenir le plus possible nos athlètes d’élite qui sont des modèles pour les plus jeunes et des sources de fierté pour l’ensemble des citoyens.

Mais au fait, l’école bouge c’est quoi?

Selon le site internet www.ecolebouge.ch, il s’agit d’un «programme national (…) qui encourage le mouvement dans les écoles et les structures d’accueil de jour. Les classes et les groupes participant à ce programme s’engagent à faire au moins 20 minutes d’activité physique par jour. Pour faciliter la mise en œuvre de ‘l’école bouge’, plusieurs modules sous la forme de sets de cartes comprenant notamment de nombreux exercices sont mis gratuitement à disposition». Comme le souligne par ailleurs le dernier message de l’OFSPO, «près de 40’000 classes ont participé au programme ‘l’école bouge’ depuis son lancement en 2005, dont pas moins de 8’977 cette année».

Ce n’est pas négligeable et cela pourrait même devenir révoltant, surtout lorsque l’on sait par ailleurs que de nombreux cantons ne respectent pas encore les préconisations de la loi sur le sport et n’accordent pas les trois périodes obligatoires d’éducation physique à leur jeunesse. Les combats – car ce sont des vrais combats juridiques et politiques – en cours à Genève, dans le Jura ou ailleurs dans le pays montrent bien qu’il est urgent d’agir, de réfléchir, de décider, de financer les activités physiques et leurs infrastructures, pour les promouvoir auprès de l’ensemble de la population.

Cependant, comme souvent, en l’absence de «solution financièrement supportable» (cette expression fait-elle vraiment sens dans l’un des pays les plus riches au monde, je vous le demande?), les pouvoirs publics en appellent … au bénévolat pour poursuivre le programme. Un bénévolat de substitution en somme. En effet, chacun reste libre de continuer à utiliser le matériel du programme «l’école bouge» mis à disposition des classes et d’assurer ainsi aux élèves une initiation à ces activités qui sont bénéfiques pour la santé à court et à long terme. L’esprit de milice étant bien ancré chez nous, nul doute que l’école continue de bouger, mais l’Etat a raté une belle occasion de bien faire.

Une phrase me revient alors en tête … celle d’un collègue à qui j’évoquais précisément ces difficultés budgétaires dans d’autres contextes: «C’est bien dommage, mais malgré toutes les restrictions, nous continuerons à nous engager…! Et nous serions même tentés de conserver une motivation intacte, nous le devons à notre jeunesse».

Espérons qu’entre mauvaise foi et mauvais choix ce ne soient pas les jeunes que l’on condamne à payer le prix d’une politique exclusivement guidée par la nécessité budgétaire et sans vision pour l’avenir.

 



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