Le statut juridique de l’enfant à naître

Le projet de loi C-484 du Canada étend le statut juridique de l’enfant à naître (ou enfant non encore né), et, s’il est voté, reconnaîtra le foetus comme un être vivant à part entière. Dans ses alinéa, ce projet de loi interdit notamment, dans le cas où une agression physique se ferait envers un enfant à naître, que l’argument que le foetus ne serait pas un être vivant puisse être utilisé en justice.

Aux Etats-Unis la nouvelle loi dans l’état de New-York, autorisant l’avortement jusqu’à la naissance, fait polémique. Cette loi revient à considérer l’agression sur une femme enceinte comme un avortement et à banaliser la criminalité.

En Belgique, la question s’est posée lorsque des manquements de la part de médecins ont conduit à un enfant mort-né plutôt qu’un accouchement et dès lors, faut-il qualifier l’erreur médicale d’homicide involontaire.

Les mauvais arguments de Jarvis Thompson et leur contre-argumentation

Jarvis Thompson fait l’expérience par la pensée qu’une femme qui serait enlevée et contrainte de force à mettre son rein (avec un système complexe de tuyaux) au service d’un patient qui mourrait sans cela serait dans la situation d’une femme à que l’on obligerait à tenir l’enfant qu’elle porte. Jarvis Thompson prétend que la liberté du patient est inaliénable dans les deux cas. Les deux cas ne sont évidemment pas comparables. Dans le premier cas, il y a contrainte alors que dans le second l’acte physique de procréation est un acte volontaire (sauf cas de viol où là la peur de la mère de mettre au monde un monstre est tout à fait compréhensible). Et dans le premier cas le receveur du don de vie est un inconnu alors que dans le second, il s’agit de son enfant.

Dans la mauvaise argumentation de Jarvis Thompson, il y a une hypothèse cachée : celle que la mère de l’enfant à naître pourrait ne ressentir aucun sentiment pour le bébé qui est dans son ventre. Mais quelle horreur ! Quelle monstruosité ! Nous retrouvons là la régression vers l’animalité, telle que prônée dans certaines sectes. Ce qui justement distingue l’homme de l’animal est la capacité d’empathie et d’amour.

Faisons maintenant une autre expérience par la pensée. Un médecin consciencieux, qui avorte une de ses patiente, a envie de faire vivre l’enfant et propose de le greffer dans le ventre d’une mère porteuse. Imaginons que tout se passe bien et qu’à ses vingt ans le bébé devenu grand rencontre sa mère biologique. Quel pourrait-être son ressenti vis-à-vis d’une mère qui

a voulu le tuer?

Le flou juridique

A partir de quel moment l’enfant à naître est-il un être humain et dont les droits doivent être défendus? A partir du moment où une femme avorte et que le cordon ombilical est sectionné, l’enfant à naître devient un être autonome. La conception égoïste des femmes qui avortent et des médecins avorteurs, qui considèrent l’enfant à naître comme un tissu malade ou comme un résidu, doit pouvoir être sanctionné par le code pénal comme non assistance à personne en danger à partir du moment où rien n’est tenté pour maintenir en vie l’enfant à naître, quitte à

le regreffer sur une mère porteuse ou à le mettre sous couveuse. Le défaitisme de certains mandarins de la médecine «qui savent que l’enfant n’est pas viable avant la enième semaine» ne leur permettent pas de rompre leur serment d’Hippocrate et de ne rien faire pour sauver une vie humaine.

Aux Etats-Unis, la sortie du film GOSNEL qui retrace la vie de ce médecin avorteur et assassin. Car il s’agit d’une « dizaine de nouveau-nés auxquels le médecin coupa la moelle épinière pour les assassiner ».

avortement et conscience

Une possibilité légale, pas un droit

Nous n’avons pas le droit d’avorter, de la même manière que nous n’avons pas le droit de tuer, seuls les animaux exempts d’empathie tuent. Nous devons donc parler de possibilité légale soumise à la décision consciente d’un être humain d’interrompre ou non un processus vital d’un autre être humain lorsque des conditions particulières poussent à ce choix, comme par exemple la vie de la mère, la malformation grave de l’enfant ou le refus de la mère que son enfant soit un monstre et ressemble au père violeur.

La dénatalité liée à l’avortement servant de prétexte à l’immigration massive a été abordée par Eric Zemmour[1] dans son livre «Le suicide français» très rapidement critiqué par les donneurs de leçon. Le lendemain de la présentation de son livre à Bruxelles avaient lieu les lâches assassinats de Charlie Hebdo, ce qui eut pour effet de taire toute polémique au sujet du livre et de passer sous silence quarante ans d’appauvrissement en France.

Imaginons maintenant que votre femme vous annonce qu’elle est enceinte et qu’elle désire avorter alors que vous désiriez ardemment un petit bout de chou qui fait des areu et autres risettes. Il est évident qu’elle a le droit de faire une opération légalement autorisée, comme vous avez le droit de ne pas approuver cette décision et d’éjecter cette personne de votre vie.

Car non seulement elle vous prive de la joie d’avoir des enfants mais en plus n’a jamais eu la moindre interrogation quant au fait que son acte interrompe un processus vital déjà bien entamé alors qu’elle aurait pu prendre des moyens contraceptifs (Christine Arnothy nous met en garde dans son roman Chiche : les moyens contraceptifs diminuent chez l’homme leur attirance physique pour les femmes ayant opté pour ces moyens et gêne le déroulement normal de l’acte sexuel).

La conscience du foetus dans le ventre de sa mère

Car si la construction de la conscience précède la construction de l’univers de perception, et cela en conformité avec la mécanique quantique qui assure qu’il n’y a pas d’univers sans observateur, alors la question de la conscience du foetus dans le ventre de sa mère se pose dès la fusion de l’ovule et du spermatozoïde et non bien après.

Avorter c’est nier le don de vie

Quand une femme poursuit sa grossesse jusqu’à son terme, elle fait un don de vie à son homme. Un garçon, et c’est son homme en petit qu’elle offre. Une fille, et elle double l’amour qu’elle va donner à son homme. Avorter pour une femme, c’est refuser de faire ce don de vie à son homme. Et si un homme demande à sa compagne d’avorter, c’est qu’il refuse de recevoir ce don de vie. L’avortement doit donc rester une exception (avortement thérapeutique, viol, …) et non un gadget qui exprime l’égoïsme et le manque d’amour. Nous devons donc parler de possibilité légale d’avorter et non de droit. Moralement, nous n’avons

pas le droit d’interrompre un processus vital d’un être conscient déjà entamé.

Nous sommes tous nés de parents qui ont refusé d’avorter

Rendons grâce à nos parents de ne pas avoir succombé à la tentation de l’égoïsme et de l’irresponsabilité. Rendons grâce (Thanksgiving veut dire action de grâce) à nos parents de nous avoir élevé dans l’amour. Comment peut-on avoir survécu à l’horreur des camps de concentration et défendre une autre horreur, celle d’arracher une conscience des entrailles du ventre de sa mère, comme l’a fait Simone Veil? Car ce n’est pas l’avortement thérapeutique (étendu au cas de viol) qui est défendu par les suffragettes et les féministes mais bien l’avortement gadget prôné par ceux qui crachent sur la vie.

Un bébé à naître sauve sa mère d’une mort quasi certaine

C’est une belle histoire. Un bébé à naître de trente semaines a sauvé sa mère d’une mort quasi certaine en venant se coller contre la paroi utérine et ainsi empêcher une hémorragie fatale et à la mère et à l’enfant. Car la conscience présente chez le bébé à naître de trente semaines est bien l’élément qui nous invite à penser que l’enfant est conscient dès la conception.

Références

[1] Eric Zemmour, Le suicide français, Robert Laffont, 2014

Citation

Il est une légende qui raconte que l’enfant dans le ventre de sa mère connaît tout du mystère de la Création, de l’origine du monde jusqu’à la fin des temps. A sa naissance, un messager passe au-dessus de son berceau et pose un doigt sur ses lèvres pour que jamais il ne dévoile le secret qui lui fut confié, le secret de la vie. Ce doigt posé qui efface à jamais la mémoire de l’enfant laisse une marque. Cette marque, nous l’avons tous au-dessus de la lèvre supérieure, sauf moi.


Le jour où je suis né, le messager a oublié de me rendre visite, et je me souviens de tout…

Marc Lévy, La première nuit, Presses Pocket, page 489 et 4eme page de couverture.

Pour les lecteurs de Marc Lévy, commencer par Le premier jour, La première nuit est la suite du premier jour.

Article paru dans Géo Politique et Société



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