Il est des lundis où ce n’est pas facile de trouver des trucs à dire, parce que c’est lundi, que c’est après le week-end et que, mis à part vous faire le résumé des matchs de 5ème ligue genevoise, il n’y a pas grand-chose à raconter. Mais, il y a des lundis qui suivent les vendredis de premier mai, et c’est encore pire. L’Europe était en vacances. Il n’y avait pratiquement que les USA d’ouverts et franchement, on a l’impression que l’on est venu pour rien.

Mais bon, les USA ont fini la journée en hausse, compensant un peu leur mauvais début de semaine. Le Nasdaq est à nouveau au-dessus des 5’000 et finalement c’était moins pire que prévu. Warren Buffet et son Berkshire Hathaway ont battu les attentes du marché et, ce week-end, ils ont tenu leur meeting annuel. En dehors du fait qu’ils sont toujours aussi impressionnants en terme de performance sur le long terme, quand on voit le monde qu’il y avait au meeting de l’assemblée générale, on aurait pu croire qu’il s’y jouait également le Super-Bowl juste après. De la folie, comme un concert des Stones.

Donc, le marché US terminait sa semaine en hausse. Ce qui n’est pas le cas du dollar qui n’a pas eu la même chance: sa semaine était pourrie et les déclarations de la FED n’ont pas aidé. Aujourd’hui, tout le monde se demande si le «coup sûr» de voir le dollar à parité avec l’euro est définitivement fichu ou est-ce que nous sommes dans un «dead cat bounce» et que tout va revenir à la normale une fois que nous aurons eu les chiffres des Non-Farm Payrolls ce vendredi.

Oui, car ne nous leurrons pas. LA news importante de la semaine, c’est ça. La question que tout le monde se pose est donc de savoir si la fonte des neige et le retour du printemps (pas quand je regarde par la fenêtre) auront suffit à faire redémarrer l’emploi après les chiffres tout pourris du mois passé.

Pour le reste, on va continuer à surveiller les chiffres trimestriels, les autres chiffres économiques, le comportement des monnaies et peut-être, qu’au milieu de tout cela, nous trouverons notre chemin. En effet, nous sommes actuellement un peu à la croisée des chemins et l’on se demande si notre «bull market séculaire» a encore de la puissance pour aller chercher les 2’500 sur le S&P500 avant de se crasher, ou est-ce que nous avons déjà atteint la limite de péremption.

Actuellement, malgré le QE magique de Mario, l’Europe semble marquer le pas. Il faut dire que les échéances à venir pour la Grèce ne sont pas évidentes à soupeser. On a un peu l’impression que d’ici la mi-mai, ça sera pile ou face. Pile, je reste dans l’Europe parce que j’ai trouvé un moyen de moyenner en sauvant les apparences. Face, je n’ai pas trouvé de solution et prendre la porte semble la plus directe et la plus simple. Reste à voir comme ça va se faire. Même si le marché semble anticiper la chose, on peut tout de même s’attendre à quelques perturbations économico-marketo-financières sur le chemin de la sortie de secours.

En résumé, on attend des nouvelles économiques aux USA qui vont (peut-être) nous dire que l’économie va bien et est toujours en croissance et que la FED a eu raison de stopper le QE et que la FED aura raison de monter les taux – oui, mais pas trop vite quand même, hein? On attend aussi de savoir si la Grèce sera toujours dans l’Europe à l’aube du week-end prolongé de l’Ascension.

Une fois que l’on connaîtra ces quelques informations, nous devrions être capables de décider quelle direction nous devons prendre. En attendant, c’est un peu comme chez le dentiste: il ne reste plus qu’à lire un vieux magazine people qui parle des «monstre problèmes fondamentaux» que doivent gérer les stars de la télé réalité.

Pour conclure, le dollar est faible, mais cela ne fait toujours pas remonter l’or. L’or qui est toujours en grande difficulté et qui semble ne plus être la zone de réconfort, même quand le marché est tendu… Peut-être que le safe haven ne se trouve plus dans l’or, mais plutôt dans les diamants, va savoir. Ça prend moins de place et c’est plus discret. Ce matin, l’or est à 1183$ – je rappelle que toute rupture du support des 1150$ ne sera pas un bon signe pour le métal jaune.

Le pétrole est toujours là où nous l’avions laissé vendredi passé. Le baril s’échange à 58.96$.

En Asie, HSBC a publié sa version du PMI et, une fois de plus, ce n’est pas bon. Nous sommes au plus bas depuis avril 2014, à 48.9. Dans la foulée, les marchés chinois et celui d’Hong Kong sont passés dans le rouge, mais dans les minutes qui ont suivi, on s’est dit que, finalement, si c’est pourri c’est que le gouvernement chinois va certainement lancer un 1’244ème stimulus sous forme d’une manipulation quelconque du système financier. Du coup, les marchés sont repartis à la hausse. Actuellement, la Chine avance de 0.6% et le Hang Seng de 0.24%. Ce n’est pas l’euphorie, mais au moins, c’est vert. Le Japon est fermé, il ne peut donc apprécier la faiblesse du yen qui est en train d’établir son camp de base au-dessus des 120.

Cette semaine, nous allons beaucoup utiliser les mots «élections en Angleterre». Maintenant qu’ils ont une nouvelle princesse, on va pouvoir parler du nouveau Premier ministre et voir si le pays va rester dans l’Europe, en supposant qu’ils aient été dans l’Europe à un certain moment.

Nous allons également utiliser les mots «NON FARM PAYROLLS» ou chiffres de l’emploi aux USA. Je m’excuse d’avance, mais cela va être l’obsession de la semaine.

On notera également que le maire d’Athènes semble résister aux appels du gouvernement qui a intimé l’ordre de rapatrier le cash dans les caisses de l’Etat. Visiblement, le bateau coule et on à l’air d’employer la bonne vieille méthode du «chacun pour soi et Zeus pour tous». Dans la série du bateau qui coule, ce lundi nous attendons également LE nouveau plan de restructuration de McDonald’s, le spécialiste de la diététique américaine va lancer son nouveau plan qui sera censé donner forme à la nouvelle version de McDolnad’s. Ça serait marrant s’ils devenaient végétariens.

Ce matin, le Barron’s est en mode «À poil les shorts!!!» Tout d’abord, ils se montrent positifs sur l’avenir du «Bull Market» en Chine. Ça ne sera pas facile, il y aura des creux et des bosses mais, à la fin, ça montera. Ils proposent 8 titres et ETF’s pour la suite de événements. Ils publient également la liste du top 500 des compagnies qui génèrent des performances opérationnelles de grande qualité.

Le numéro un c’est Gilead et, sur le podium, nous avons CBRE Group et Valeant Pharmaceuticals. Le journal pense également que M&T Bank saura récompenser les investisseurs patients et que Tyson Foods a 20% de potentiel de hausse. Sans oublier qu’ils concluent ce début de semaine en disant que pour BlackStone, c’est «Blue Skies Ahead»… Un lundi matin qui se déroule dans la prairie avec les Bulls pour le Barron’s.

Dans les médias européens de ce matin, on apprend que Bruxelles se veut «relativement optimiste» au sujet de la Grèce. C’est la méthode Coué que l’on applique. A force d’y croire, ça va bien finir par passer.

Une révolte couve dans le monde financier en Suisse. La BNS dérange avec ses taux négatifs. Banquiers et assureurs montent aux barricades et mettent la banque nationale sous pression. On commence également à se poser des questions dans les caisses de pension. Bref, ça n’est pas facile. Sans compter que pour le consommateur, c’est pas pour autant que les banques ont facilité l’emprunt, bien au contraire.

Le Temps de ce matin revient sur le ciel qui se couvre dans le secteur de l’emploi bancaire. Les annonces de licenciements se succèdent, sans compter les banques qui licencient régulièrement sans l’annoncer officiellement. Par contre, selon les «spécialistes», cela ne se ressent pas dans les «chiffres du chômage». Ce qui sous-entendrait que les employés licenciés retrouvent «facilement» du travail.

Sur ce sujet, j’ai comme un doute. S’il y a des gens qui veulent en parler – comme quoi ils ont rapidement retrouvé – ou au contraire, qu’ils ne retrouvent pas… Je suis intéressé par les témoignages pour écrire un article sur le sujet. Anonymat garanti. E-mail à tv@investir.ch

Pour les chiffres trimestriels de ce lundi, nous aurons: Anadarko, Archer, Audi, Avis, Diamond Offshore, Hyperion, Spyglass. En ce qui concerne les chiffres économiques, nous n’aurons rien du tout.

Pour le moment, les futures sont en baisse de 0.05%, l’euro/$ est à 1.1190, le yen vaut 120.07, le bitcoin est à 241$ et le rendement du 10 ans US est de 2.11%. Notre franc suisse s’échange à 1.0448 contre un euro.

Voilà. Mon projet de ce matin c’est d’aller acheter un zodiac pour aller travailler. De toute façon, on ne peut plus traverser un pont à Genève sans risquer de se retrouver en train de descendre les rapides pour aller à la Jonction. Et puis, en deux-roues, vous faites 4 kilomètres et vous êtes dans le même état d’humidité que si l’on vous avait jeté tout habillé dans la rade de Genève.

Vivement le mois d’octobre, c’est plus ensoleillé. (Oui, je sais, il a fait beau en avril, mais je suis désolé, moi, 2 semaines de soleil par année, c’est un peu court)…

Très bonne journée quand même.

Thomas Veillet, Investir.ch

«I believe that economists put decimal points in their forecasts to show they have a sense of humor.» – William Gilmore Simms



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