C’est le plus grand « leak » de l’histoire, avec des données qui s’étalent de 1977 à 2015. Le scandale des «Panama papers» révèle que des chefs d’Etat, des milliardaires, des grands patrons, des figures du sport, de la culture recourent, avec l’aide de certaines banques, à des montages de sociétés afin de dissimuler leurs avoirs. Retour sur une énorme enquête journalistique internationale.

Tout part d’une source, un lanceur d’alerte souhaitant rester anonyme, qui a transmis 2.6 terabytes de données au quotidien allemand Süddeutsche Zeitung. Voyant que la quantité de données à analyser était beaucoup trop grande, le quotidien a partagé les données avec le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) et ses partenaires. Basée à Washington, l’ICIJ est une organisation qui promeut la collaboration entre journalistes d’investigation par-delà les frontières.

Pour traiter les documents, la Süddeutsche Zeitung a utilisé un programme, Nuix, avec lequel les organes d’enquête travaillent également. Après un calcul de haute performance et grâce à un scanner, les données ont été rendues plus faciles à lire. Le journal allemand explique que ce « procédé a été important, pour que les journalistes puissent examiner le plus de données possible, comme ils pourraient le faire avec un moteur de recherche tel que Google ». En quelques minutes, l’algorithme a trouvé une liste de 11.5 millions de documents.

Et c’est là qu’a débuté la collaboration mondiale. Par le biais du ICIJ, au total, 376 journalistes de 109 médias ont participé à ce travail, qui a pris plusieurs mois. Parmi eux, «The Guardian», «Le Monde», «BBC Panorama», «La Nación» ou «Asahi Shimbun».

Et en Suisse ? C’est la cellule enquête du «Matin Dimanche» et de la «SonntagsZeitung» qui a coordonné l’opération. Le résultat a été publié dès dimanche 3 avril simultanément dans les quotidiens «24 heures», la «Tribune de Genève», le «Tages-Anzeiger» et le «Bund», appartenant tous au groupe Tamedia.

Et le feuilleton ne fait que de commencer.

Cet article a été publié au préalable sur Edito.ch



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