C’est étonnant, en lisant la presse financière de ce matin, on a l’impression qu’il y a plein de choses à dire. Mais en même temps, on tourne en rond et on réchauffe les mêmes histoires encore et encore. Pour être franc, à lire certains articles, nous sommes en pleine dépression nerveuse. Pourtant le S&P500 vient de battre un nouveau record d’altitude historique, mais visiblement le baromètre de santé et d’optimisme des marchés financiers ne se trouve plus dans l’altitude du marché des actions, mais plutôt dans l’attitude du reste.

En ce moment, les stress du moment sont toujours et encore les mêmes histoires. On semble comme englués dans la mélasse et incapables d’avancer le moindre mètre. Tout le monde est persuadé que l’on va se faire défoncer un de ces quatre matins, la preuve en est le graphique ci-dessous, graphique qui montre le nombre de Bulls dans le marché. Niveau qui est déprimant tellement il est bas. Par contre, si vous êtes un tant soit peu contrariant et pas moutonnier, cela devrait vous indiquer le chemin de la hausse et vous signaler que le Bull Market N’EST PAS FINI!!!

Source: Bespoke Investment Group
Source: Bespoke Investment Group

Pour les autres sujets, vous allez retrouver gaiement les mêmes histoires encore et encore. Bon lundi:

Histoire numéro une: le Dollar qui se fait défoncer.
Oui, vous vous rappelez, il y a à peine quelques semaines le «coup sûr» du moment, c’était le dollar qui allait aller à parité avec l’euro, c’était l’évidence même. On était même en train de prendre les paris sur quel niveau EN-DESSOUS de la parité nous allions atteindre une fois que tous les «stop-losses» se seraient déclenchés !

Caramba, encore raté. On se retrouve un mois plus tard avec un target ÉVIDENT de 1.20. Ce matin l’euro/dollar est en train de s’approcher dangereusement des 1.15, ce qui serait le déclenchement du signal de l’hallali pour aller chercher les 1.20 et tuer les derniers shorts qui résistent encore.

C’est l’un des thèmes du moment qui ne fait pas plaisir à l’Europe, puisque Draghi aimerait avoir un euro plus faible pour favoriser ses exportations, je dis «ses exportations» comme si c’était les siennes et comme si c’est lui qui dirigeait l’Europe. Mais en fait, on a l’impression qu’il n’y a que lui qui se préoccupe vraiment de l’avenir de l’Europe en ce moment. D’où mon lapsus.

Donc l’euro fort ne motive par les marchés européens et rend la vie facile à Wall Street. On le voit sur les graphiques. Les USA sont au plus haut de tous les temps et l’Europe est en train de prendre une toute sale tronche d’un point de vue purement graphique. Du coup le trade Long Europe-Short US qui faisait rêver tout le monde en début d’année est en train de tourner vinaigre.

Histoire numéro deux: la Grèce: tu capotes ou tu capotes pas?
Je ne vous refais pas le dessin. On attend un miracle. Une semaine sur deux, on y croit, une semaine sur deux, on y croit pas. Cette semaine, suite aux commentaires des différents ministres qui pilotent la Grèce, on a plutôt l’impression que l’on a plus de chance de voir Obama jouer au golf avec Poutine que de voir la Grèce trouver une solution avec l’Europe. Aux dernières nouvelles, nous sommes plus en train d’évaluer les scénarios de sortie que de chercher qui peut organiser le cocktail pour la victoire de «l’Union Européenne».

Histoire numéro trois: les taux US, monteront, monteront pas et quand???
Là aussi, serpent de mer du moment. À voir la tronche des chiffres économiques du moment, il n’y a que très peu de chance que Yellen s’énerve et monte les taux d’ici les vacances d’été. Par contre, la lutte s’engage pour savoir si ça sera en septembre, en octobre ou plus tard. Fondamentalement, on n’a pas l’impression que ce soit tant l’euphorie que ça aux USA – à voir les derniers chiffres. Par contre, politiquement parlant, ils n’ont pas trop le choix, ils vont DEVOIR montrer que tout va bien. Mais là encore, on fait beaucoup de bruit autour de cela, mais à la fin, rien ne se passe. Et en même temps, on se demande aussi quand est-ce que le marché obligataire aura fini de se faire défoncer à la batte de baseball.

Histoire numéro quatre: l’or est-il ENFIN de retour?
Il faut dire que ça faisait des semaines que l’on considérait l’or et ses copains les métaux précieux comme «cliniquement morts». Même le fait que le dollar soit passé de 1.04 à 1.14 ne les avait pas fait broncher. Mais tout à coup, en fin de semaine passé, on s’est rappelé de la règle: «dollar faible, commodities contentes» et finalement tout ce petit monde s’est réveillé. Du coup, ce matin, dans la presse américaine, on attaque avec les fameux articles: «L’or va à 5’000 – si vous n’avez pas d’or vous êtes idiots, parce que ça fait des mois que l’on vous le dit»… On se réjouit de voir à quelle vitesse l’or va rejoindre les 5’000$.

Histoire numéro cinq: le pétrole est-il le nouveau moyen de faire de l’argent facile?
Neuf semaines de hausse consécutive pour le pétrole. Ça faisait 30 ans que ça n’était plus arrivé! Bon, sur ce sujet-là, je ne vais pas vous faire un dessin; c’est du n’importe quoi et j’ai arrêté d’essayer de comprendre ce qui se passe là-dessus. Toujours est-il, qu’après la panique des 40$ et la certitude que nous allions à 20$, nous voilà de retour dans le monde du «de toute façon un jour y aura plus de pétrole, alors forcément ça ne peut que monter».

Histoire numéro six: la Chine est-elle complètement foutue?
Depuis des mois, la croissance ralentit en Chine. Le Gouvernement stimule, mais ça n’avance plus quand même. On se demande un peu partout si par hasard la Chine ne peut plus en avant et n’est pas victime de son propre succès. Le monde de l’investissement semble se montrer méfiant sur l’avenir de la région. En même temps, le jour où le monde de la finance arrive à anticiper un truc pour de vrai, les poules auront des dents. Donc, l’histoire de la Chine reste un grand mystère. Est-ce que 7% de croissance est suffisant pour les années à venir? En Occident on est dubitatif. Mais c’est vrai qu’on a largement de quoi faire les malins avec nous croissances en dessous de 1%. Bref. On en parle. Ça occupe les analystes dans les séances de gestion.

En résumé, on semble scotché au milieu de nulle part et rien ne semble bouger nulle part. On attend un déclencheur qui va redistribuer les cartes et changer la donne, mais pour l’instant c’est Waterloo, morne plaine et on se réchauffe les mêmes histoires encore et encore…

Ce matin, l’Asie ne fait rien. On vient de lire la lettre de Tsipras qui dit que sans la BCE, la Grèce ne s’en sortira pas – qu’est-ce que je vous avais dit. Autrement Rio Tinto vendrait bien sa division Aluminium si quelqu’un est intéressé. Le Barron’s se demande si le monde des start-ups n’est pas en train rentrer dans une bulle et si 50 milliards pour une boîte de taxis, c’est pas un poil cher. Les Insiders de chez Chevron n’ont jamais acheté autant d’actions de leur propre société depuis des années, serait-ce un signe?

Pour le reste, nous sommes lundi, le week-end a été (pour certains), plus long que d’habitude, il n’y a donc pas de chiffres économiques ce lundi. L’euro/$ est à 1.1429, le yen vaut 119.62, le Bitcoin est à 236$, le pétrole vaut 60.67$, l’or est à 1224$, le rendement du 10 ans US est à 2.15%. Et en ce qui concerne le franc suisse, il est à 1.0489.

Voilà. Pas grand-chose d’autre à ajouter en ce lundi matin. Que votre début de semaine se passe bien. C’est une semaine de 5 jours, mais rassurez-vous, elle sera suivie par une semaine de 4 jours pour compenser. Ben oui, faut pas pousser quand même.

Thomas Veillet, Investir.ch

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