Ces dernières semaines ont porté sous des feux intenses de l’actualité les liens problématiques entre la médecine et la pratique sportive, notamment de haut niveau. Pêle-mêle, nous pouvons citer le cas du défenseur parisien David Luiz dont une blessure musculaire a « miraculeusement » été soignée en moins de dix jours par un médecin en Russie, les déclarations fracassantes de l’ancien nageur Amaury Leveaux qui publie un ouvrage où il révèle que certains de ses anciens camarades consommeraient de la cocaïne en période de compétition (à des fins récréatives ou autres), du débat qui a suivi certaines déclarations d’anciens joueurs de rugby à propos des pratiques de dopage qui auraient cours dans ce sport depuis de nombreuses décennies, ou plus récemment encore avec la démission du (sulfureux ?) médecin du Bayern de Munich, suite à des critiques ouvertes de l’entraîneur du club et à des blessures en cascade qui lui seraient imputées directement… notamment en ce qui concerne l’hyper-médiatisé Franck Ribéry.

De fait, tous ces cas récents ne sont pas les premiers dans leur genre et cela fait plus d’un siècle que la médecine et le sport entretiennent des « liaisons dangereuses », l’une oscillant entre soin et développement de la performance physiologique, l’autre accroissant toujours plus les exigences de la pratique, poussant les sportifs à des excès inconsidérés pour développer leurs capacités physiques. L’une alimentant certains interdits (pour les femmes, pour les enfants, etc.), l’autre

Pour autant quel est le problème ? Pourquoi de telles réactions face au traitement « rapide » dont a bénéficié David Luiz … alors que nous lisons par ailleurs que des greffes insensées vont être tentées ? Pourquoi des articles enflammés lorsqu’au printemps dernier (en avril 2014) un attaquant de l’Athletico de Madrid avait eu recours à un traitement faisant appel à des massages au placenta de jument ?

L’une des explications se trouve sans doute dans la distorsion induite par la médecine (et ses pouvoirs) dans la « glorieuse incertitude du sport » où l’ensemble des participants est susceptible de remporter la rencontre ou l’épreuve. En effet, l’égalité ontologique que l’on est censé trouver sur chaque ligne de départ ne vaut plus grand chose si les plus riches ou les plus puissants possèdent de meilleures techniques d’accroissement des performances.

Ensuite, il convient de souligner qu’au-delà du sport, nous sommes entrée dans une période de doutes assez importants à l’encontre des institutions établies et que, dans ce cadre, la sphère sportive, où c’est bien la médecine qui reçoit la charge de contrôler la médecine (elle est juge et partie), ne peut échapper aux soupçons.

Par ailleurs, la pression médiatique et économique pesant sur le haut niveau sportif n’amène pas beaucoup de sérénité, en installant des enjeux toujours plus important sur les joueurs, les entraîneurs, les arbitres et … les médecins lesquels doivent remettre les joueurs sur pied le plus vite possible pour les relancer à la conquête des prochains titres.

 

En regardant la demi finale de la Ligue des Champions entre le Real Madrid et l’Athletico Madrid hier soir, je me faisais précisément la remarque suivante :

Est-ce qu’en cherchant à développer un arbitrage vidéo dans le football ou en essayant de s’inspirer des relations joueurs-arbitres du rugby on ne menacerait pas le lobby médiatique, lequel n’a pas souvent d’histoires « scandaleuses » ou « croustillantes » à nous raconter à propos de rugby… Ce n’est pas de médecine dont il est question alors, mais de ces logiques qui font le sport et avec lesquelles la médecine doit bien composer, elle aussi !

 

A suivre et à découvrir bientôt dans un ouvrage sur la question … qui fera suite à L’Exercice Corporel paru en 2013.



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