Dans deux jours, c’est l’été il paraît, pas facile à y croire quand on voit ce qu’on voit, par contre il y a une certitude cette semaine, c’est que jeudi on va reparler du Brexit.

Bon, en même temps on ne parle que de ça depuis deux semaines et tout spécialement depuis que la hausse des taux potentiels de la FED a été repoussée aux calanques marseillaises la semaine passée.

Mais là, on ne va pas en «parler», on va agir. Les Anglais vont voter et si ça se trouve, vendredi matin, l’Angleterre retourne à la livre sterling et abandonnent l’euro.

Comment? Ah oui, pardon, ils ne sont jamais passés à l’Euro, j’oublie tout le temps, sauf quand je vais à Londres et que je dois me rappeler que la livre est encore une monnaie qui a cours.

Alors voilà, cette semaine on ne va donc parler que de ça.

Alors parlons de ça.

Carte de vote pour le référendum sur le Brexit. Photo Abi Begum.
Carte de vote pour le référendum sur le Brexit. Photo Abi Begum.

Tout d’abord, il y a une théorie du complot qui tourne. En effet, certains «experts» en finance pensent que l’on nous a publié des sondages qui donnent le «oui» au Brexit vainqueur – et ce, depuis deux semaines – simplement pour faire peur au peuple, le forcer à se mobiliser et à voter pour le «non».

Accessoirement, les supporters de cette théorie qui prêche le oui pour avoir le non, pensent également que ce sont des vils spéculateurs qui sont derrière et que ces derniers ont acheté de la livre en masse afin de devenir très très riches vendredi matin.

Pardon; encore plus riche, puisque comme tout le monde le sait; un vil spéculateur est toujours très très riche à la base.

Cette théorie est donc bien jolie et bien mise en évidence dans les médias.

C’est aussi cette théorie qui aura pesé sur le marché ces deux dernières semaines, car rappelez-vous; il fut un temps où nous étions à deux doigts de tout péter à la hausse puisque l’économie US était suffisamment forte pour justifier que nous montions, mais suffisamment faible pour que Yellen ne monte pas les taux et continue à nous donner un coup de main.

L’Europe, ça ne marche pas.

Mais depuis que le Brexit a pris le pas, soudainement jamais l’économie britannique n’a été aussi importante pour le monde entier. Par moment on a l’impression que si l’Angleterre quitte l’Europe, l’économie mondiale va s’arrêter, peut-être même que la planète va s’arrêter de tourner, qui sait?

Donc depuis que les sondages sont en faveur du «oui», on frise la dépression nerveuse et la panique sur les marchés, la volatilité est en hausse et rien que la semaine passée, les courageux investisseurs ont retiré un milliard d’assets investis dans des fonds anglais.

Bon, un milliard c’est des cacahuètes à l’échelle de la finance mondiale, mais à l’échelle de l’humain normal comme vous et moi – c’est énorme.

Si l’on récapitule, en regardant le comportement des marchés et si l’on en croit les «experts» sur le sujet; si l’Angleterre quitte l’Europe, la fin du monde est proche.

Pourtant, moi je ne sais pas, je ne suis pas un expert et pour être franc, j’ai toujours détesté le marché anglais, il faut dire qu’ils traitent tout en «pence» qu’à chaque fois il faut déplacer la virgule et faire des conversions et en plus les «market makers» britanniques sont à peu près aussi «fair» et honnêtes qu’un dealer de coke au coin de la rue.

Alors il y a plus de 12 ans aujourd’hui, j’ai juré de ne plus jamais traiter sur ce marché et je ne m’en porte pas plus mal. Donc, je ne vois pas forcément pourquoi l’économie mondiale devrait s’effondrer si les Anglais se Brexitent!

Brexit. Photo: Jeff Djevdet.
Brexit. Photo: Jeff Djevdet.

Tout d’abord, vous ne me direz pas le contraire; l’Europe, ça ne marche pas.
Ben non, regardez, si ça marchait, il n’y aurait déjà pas besoin de faire un «championnat d’Europe des Nations» en football, puisqu’ils seraient tous européens, il n’y aurait donc qu’une équipe et avec une équipe pas besoin de faire des championnats pour savoir si les bleus foncés sont meilleurs que les bleus clairs, ils seraient tous bleus avec des étoiles jaunes.

Et puis au-delà du sport, vous avez l’impression que ça marche l’Europe?

Oui, moi non plus. D’ailleurs c’est bien simple à l’époque où la Suisse avait refusé l’adhésion à l’Europe, j’en avais voulu aux Suisses Allemands. Avec le recul, je serais plutôt tenté de leur envoyer une caisse de vin, mais bon, faut pas pousser quand même. Je peux vous dire que si l’on nous redemandait d’adhérer à l’Europe aujourd’hui;

1) je préfèrerais me péter une jambe que de voter «oui».
2) si le«oui» passait, je brûlerais mon passeport et j’immigrerais à Palm Beach ou en Valais, parce que le Valais ne sera jamais en Europe – enfin, sauf Verbier qui est déjà en Angleterre.

La livre sterling va se faire balloter dans tous les sens, puis on passera à autre chose.

Nous voici donc au bord du gouffre, prêts à faire un grand pas en avant. Un pas en avant qui sera déterminé par les Anglais. Alors je vais vous dire un truc; on ne sera pas capable de faire autre chose que de scruter les sondages jusqu’à jeudi et ensuite on ne sera pas capable de faire autre chose que de commenter le vote vendredi prochain.

La semaine qui nous attend est donc d’ores et déjà pourrie en terme de marchés financiers, puisque chacun des «experts» en finance mondiale passera son temps à essayer d’être invité dans une émission quelconque, même 30 millions d’amis, afin de pouvoir exprimer son opinion qui n’engagera que lui et qui sera oubliée dès la semaine prochaine.

Et puis à la fin on ne sera pas plus avancés qu’avant. En ce qui me concerne, je ne sais pas ce que décidera le peuple Anglais, ce dont je suis certain c’est que quoi qu’il décide, vendredi prochain le soleil se lèvera toujours au même endroit, le printemps aura toujours été autant pourri en Suisse et pour être footballeur, il faudra toujours absolument avoir une coupe de cheveux ridicule et les bras tatoués jusqu’au bout des ongles.

Pour le reste, je suis convaincu que rien ne changera, la livre sterling va se faire balloter dans tous les sens pendant une semaine et ensuite, on passera à autre chose. Je ne suis même pas loin de penser que Londres sera toujours à la même place lundi prochain et que James Bond roulera toujours en Aston Martin.

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N’oublions pas non plus que la finance mondiale a une capacité d’oubli qui dépasse l’entendement, alors je ne suis pas convaincu que tout ce pataquès autour de l’Angleterre et de son envie de se tirer de l’Europe change quoi que ce soit à la face du monde, d’ailleurs je vais vous dire; quand je regarde l’Europe, je n’ai pas envie d’y rester.

Dans le reste des nouvelles importantes du moment, on retiendra que les Cavaliers de Cleveland ont battu les Warriors de Golden State pour leur premier titre NBA. C’est une mauvaise nouvelle pour UnderArmour, sponsor de toujours de Curry, meneur de jeu des Warriors.

Depuis l’assassinat de Jo Cox, c’est moins «tendance» d’être en faveur du Brexit.

Brexit encore, le dernier sondage vient de sortir et l’on s’autorise à penser, dans les milieux autorisés, que l’Angleterre resterait dans l’Europe. Dans la foulée, les futures sont en hausse de 1%.

Le Japon est en hausse de 2,2% ce matin, Hong Kong avance de 0,85% et Shanghai, qui est en train de renégocier ses prêts avec le Venezuela est en hausse de 0,38% également. Le pétrole est à 48,56 dollars et l’or, après une brève incursion au-dessus des 1’300 dollars, est revenu à 1’287 dollars, pour le moment.

Pour le reste des news, c’est: Brexit, Brexit, LeBron James, Brexit, Brexit, Chelsea Clinton a eu un bébé et c’est un garçon, la Suisse qui a fait match nul, qui est invaincue et qui n’a marqué que deux fois depuis le début de la compétition, que quelqu’un leur dise que sans marquer on ne devient pas champion.

Et puis, dans les Top des News du Temps ce matin, on se demande s’il faut assurer son chien et son chat pour réduire les coûts. On sent que l’on est très très préoccupé par l’économie mondiale.

Dans le Barron’s on fait son article de couverture avec…le Brexit bien sûr. Le journal pense que si l’Angleterre reste, les actions britanniques ne sont pas chères. Elles se traitent toujours en «pence», mais elles ne sont pas chères.

Autrement, ils sont «bull« sur Celgène et ils publient un article qui dit que la politique monétaire actuelle pourrait emmener les indices en-dessous des niveaux de mars 2009. Article écrit par un expert en fin du monde. Et puis Porsche a remporté ses 18ème 24 heures du Mans grâce à une Toyota qui était un poil court.

Mémorial pour la député britannique Jo Cox.
Mémorial pour la député britannique Jo Cox.

Ce matin les futures sont donc en hausse de 1%, la livre sterling qui a supplanté le dollar dans le cœur des investisseurs est remontée à 1,46 et il faut dire que le meurtre de Jo Cox a laissé supposer que les partisans du «Remain» allaient se mobiliser et faire pencher la balance. Depuis l’assassinat, c’est moins «tendance» d’être en faveur du Brexit visiblement.

L’euro/dollar est à 1,1374, le Yen s’enfonce à 104,60, le dollar/suisse est à 0,9583 et l’euro/suisse vaut 1,0899. Pendant ce temps, le Bitcoin est en plein délire à 726,50 dollars. Le rendement du 10 ans américain est de 1,65% et le 10 ans allemand vous offre à nouveau un rendement effarant de 0,02%. De la folie.

Côté chiffres économiques, nous aurons le PPI allemand, le Trade Balance Espagnol et puis ce soir à 21h, Russie-Pays de Galles et Slovaquie-Angleterre. Voilà. Pour être franc, après une semaine à l’étranger, je n’ai pas grand-chose d’autre à vous dire.

Très bon café.

Thomas Veillet/Investir.ch

«I couldn’t find the sports car of my dreams, so I built it myself.» Ferdinand Porsche



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