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Un poids anormalement haut ou bas chez des enfants dès l’âge de 2 ans augmente significativement le risque de déclarer des troubles des conduites alimentaires – anorexie mentale, boulimie ou encore hyperphagie – à l’adolescence. Tel est le résultat d’une étude menée par l’équipe de Nadia Micali, professeure à la Faculté de médecine et médecin-cheffe du Service de pédopsychiatrie des Hôpitaux universitaires de Genève. Paru en février dans le Journal of the American Academy of Child and Adolescent Psychiatry, ce travail fournit un nouvel élément permettant d’identifier de manière très précoce les enfants plus susceptibles d’être touchés par ces troubles graves.
Ce que l’on appelle communément les troubles des conduites alimentaires regroupe toutes les pathologies relatives à l’alimentation, que l’on se prive en cas d’anorexie mentale ou que l’on absorbe de grandes quantités de nourriture très rapidement et sans contrôle en cas de boulimie ou d’excès hyperphagique. Si ces troubles, dont la prévalence est en augmentation, sont d’abord considérés comme des affections psychiatriques, de plus en plus d’études tendent à prouver que des facteurs d’ordre biologique et environnemental sont également à l’œuvre.
Pour en savoir plus, les chercheurs ont analysé les données de 1502 participants d’une étude britannique longitudinale de grande ampleur ayant suivi des parents et leurs enfants sur plus de vingt ans. Le poids des enfants a été mesuré régulièrement de la naissance à l’âge de 12 ans, puis à 14, 16 et 18 ans.
Nadia Micali et son équipe ont remarqué  qu’un indice de masse corporelle (IMC) bas – d’environ 0,5 point de moins que la moyenne – dès l’âge de 2 ans pour les garçons et de 4 ans pour les filles, constituait un facteur de risque pour le développement de l’anorexie mentale chez les adolescents. Un IMC excessif dès le milieu de l’enfance serait, quant à lui, un facteur de risque pour le développement ultérieur d’autres troubles alimentaires tels que la boulimie nerveuse.
Jusqu’à présent, les médecins n’avaient que très peu d’indications sur la façon d’identifier les enfants à risque accru de développer des troubles de l’alimentation plus tard à l’adolescence. L’examen des courbes de croissance de ces centaines d’enfants sur plus d’une décennie a permis d’établir des profils d’alerte précoce.

Avant les pressions sociales
L’étude souligne la nécessité d’examiner également les facteurs de risques métaboliques en plus des habituelles composantes psychologiques, socioculturelles et environnementales. Les différences dans le poids corporel des adolescents qui ont développé des troubles de l’alimentation commencent en effet à apparaître à un très jeune âge, bien trop tôt pour être causés par des pressions sociales exigeant d’être mince ou de suivre un régime.
Une explication probable est que les facteurs métaboliques sous-jacents qui sont déterminés par la génétique pourraient prédisposer ces individus à une dysrégulation du poids. Cette hypothèse  s’aligne avec d’autres travaux de Nadia Micali qui ont mis en évidence une composante métabolique de l’anorexie nerveuse.  



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