Lancée depuis peu à Genève, la vignette Stick’AIR qui vise à améliorer la qualité de l’air traverse déjà une zone de turbulences à la suite de plusieurs recours de l’ASTAG (Association suisse des transports routiers) et du TCS (Touring Club Suisse). L’autocollant n’est pas apprécié non plus par la majorité des acheteurs ayant de la peine à le trouver dans les points de vente. 

Flavien Coussaert 

Depuis son introduction dans le canton de Genève, la vignette Stick’AIR se heurte à des problèmes. Premier problème et non des moindres, la vignette serait anticonstitutionnelle.C’est en tout cas ce qu’affirme Yves Gerber, responsable de la communication au sein du Touring Club Suisse (TCS) Genève : « Nous considérons que le dispositif lié au Stick’AIR est anticonstitutionnel, parce qu’il viole la répartition des compétences entre canton et Confédération, et que son efficacité est très discutable. Le bilan que l’on tire de son activation fin janvier est à ce titre exemplaire. » 

Si l’on se réfère au rapport officiel Switzerland’s Informative Inventory Report de 2017, la part due à la combustion des moteurs des véhicules routiers (voitures, véhicules de transport légers et lourds) est de 4,5% seulement, la source la plus importante étant l’abrasion des freins et des gommes (17,3%). 

En interdisant les véhicules munis du macaron 5 et antérieurs, l’Etat déclare toucher « »11% de voitures immatriculées à Genève, à l’origine de 37% des particules fines de combustion issues du trafic »», (dixit le communiqué officiel). Or, selon Yves Gerber, : « l’Etat oublie de préciser qu’il ne touche donc que 37% des 4,5% émetteurs de particules fines ». Selon l’association, le dispositif mis en place n’a donc que très peu d’impact, surtout si l’on se fie aux statistiques livrées par la police; à savoir que seul 10% des conducteurs contrôlés à Genève lors du premier pic du pollution étaient munis d’un macaron. 

Si un réel pic de pollution devait se produire à Genève, le TCS estime que la circulation alternée serait bien plus efficace, avec la bureaucratie en moins. Selon l’association, il est impératif que la Suisse détermine ce qu’elle entend mettre en place ou non, avant que d’autres cantons ou villes ne s’y mettent. Etant donné que Genève s’inspire du modèle français, qu’en serait-t-il si des cantons limitrophes de l’Allemagne ou de l’Italie en faisait de même en s’inspirant de leur voisin ? « Ce type de dispositif, s’il devait être mis en place, devrait l’être tout d’abord sous la responsabilité de la Confédération pour qu’il y ait une homogénéité sur l’ensemble du territoiree », explique le directeur TCS Yves Gerber.

Pourtant, les Genevois veulent jouer le jeu en se munissant de la précieuse vignette. Or ils ont été nombreux à revenir bredouilles car les prestataires y compris le bureau des autos se sont retrouvés régulièrement en rupture de stock des vignettes 1 et 2. 

Un autre aspect est apparu, dans les stations essence, les vendeurs ne vérifient pas toujours si le numéro de macaron demandé correspond réellement au véhicule. En outre, le risque de fraude est réel, car la commande ne passe par aucun site officiel, comme c’est le cas en France pour la vignette Crit’Air. De plus, le manque de disponibilité des macarons Stick’AIR à Genève a incité un site internet français à vendre des vignettes reconnues en Suisse à près de 35 francs, soit 7 fois plus cher que le prix officiel..



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