En direct de Londres

De Buckingham Palace aux Champs-Élysées, la ligne a été franchie, le Tour de France connaît son nouveau vainqueur et les différents classements semblent annoncer un certain renouveau du cyclisme mondial … pourtant l’ère du soupçon n’est pas encore révolue. Telle une ombre menaçante, elle maintient son emprise.

Premier avec 7 minutes et 52 secondes d’avance sur son dauphin Jean-Christophe Peraud, Vincenzo Nibali nous renvoie forcément au précédent coureur italien vainqueur de la Grande Boucle, décédé d’une overdose par une grise journée d’hiver dans la station balnéaire de Rimini : Marco Pantani!
De plus, c’est aussi pour son équipe – Astana -, dirigée par Alexander Vinokourov (une autre figure marquante d’une histoire du dopage), que Nibali engendre quelques soupçons. En effet, plusieurs articles parus dans la presse ces derniers jours font état de la surveillance (à défaut d’enquête formelle impossible sans mandat ou preuve avérée) assurée par la police et la gendarmerie françaises autour des coureurs et des différentes équipes de suiveurs de l’équipe kazakh, mais le Tour 2014 n’a connu aucun cas positif de dopage! Il faut le souligner, car cela faisait bien des années que ce n’était plus arrivé. C’est au moins un point positif, même si cela ne constitue pas une preuve de la « propreté » du peloton.

Mais peut-on encore gagner un tel Tour sans soupçons? Il semble bien que non. Regardez Pinot ou Peraud, avec leurs profils bien sous tous rapports, chacun incarnant un profil de « gendre idéal », et bien même eux ne semblent au dessus des interrogations et des doutes, et les commentaires se font souvent acerbes pour des performances qu’il est bien difficile de situer dans le « normal » ou l' »anormal ». Nibali aurait développé plus de 425 watts dans la montée sur Hautacam, cela le classe parmi les « surhumains », mais de traces de dopage, il n’y en a point, d’ailleurs Peraud a aussi été flashé a plus de 420 watts dans un col précédent.

Si le cyclisme à une longue histoire avec le dopage, il semble au regard des tracés des Grands Tours que tout soit mis en place pour favoriser la démesure des performances … et les soupçons.

Le coureur helvétique Fabian Cancellara dans un entretien donné au journal français L’Equipe au moment de son abandon (sa saison étant orientée vers l’obtention d’un titre mondial en octobre) soulignait combien il trouvait injuste que les grandes épreuves par étape du cyclisme soient toujours réservées aux grimpeurs, et qu’il aimerait pouvoir disputer une victoire finale. La question mérite d’être posée?
Y aurait-il alors moins de soupçons? Les sprinters sont-ils moins dopés? Un puncheur n’a-t-il que son panache? Le cyclisme pourrait-il par ce biais se débarrasser de sa mauvaise image?
Rien n’est moins sur… car l’ère du soupçon n’est pas encore révolue.



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