Toutes les équipes de football sont désormais entrées en lice, les 32 protagonistes de la vingtième Coupe du monde de football ont joué leur première rencontre et l’heure est déjà aux premières conclusions et aux premiers enseignements.

Tout d’abord force est de souligner la puissance symbolique du football qui fait rejaillir à échéance régulière les relents nationalismes les plus enfouis, cette partie de nous que nous ne révélons qu’après la victoire de notre équipe favorite. Il y aurait beaucoup à dire sur ces manifestations « spontanées » dont les effets nous sont parfois inconnus, mais sans doute aurons-nous l’occasion d’y revenir avant la fin de la Coupe. Du reste, si aux abords des terrains, la contestation sociale contre le gouvernement brésilien ne s’atténue pas, les médias officiels sont tenus à bonne distance et alimentent pendant ce temps les mécanismes identitaires au fil de récits « lénifiants » sur les opportunités des uns et des autres en cas de victoire dans le prochain match.

Sur les terrains, le football semble avoir retrouvé une certaine ampleur et les équipes attendues produisent un football de qualité intéressante pour cette première série de rencontres si souvent propice à des rounds d’observation soporifiques. Nous ne rentrerons pas dans les détails des rencontres ici, mais la statistique du nombre de buts par match a fait mentir notre pronostic (cf. notre billet publié pour l’ouverture de la Coupe du monde, le 12 juin dernier) et nous sommes actuellement à plus de trois buts par match avec 49 buts marqués en 16 rencontres (3,06 buts/match).

Non, notre vrai sujet d’interrogation après ces premières rencontres, c’est le football africain qui semble être redevenu une caricature de lui-même. Premier à entrer en lice vendredi passé, le Cameroun a fait sourire y compris ses propres supporters avec un niveau de jeu totalement inconséquent, une absence quasi-intégral de plan de jeu et une succession de tentatives individuelles vouées à l’échec (défait 1-0 contre le Mexique). Si les joueurs ne s’étaient pas aventurés dans des réclamations quant à leurs primes, nous aurions pu penser à un accident, mais si l’on ajoute à cela la « transparence » affichée du sélectionneur de l’équipe et la miniature Samuel Eto’o (qui a brillé par son absence de forme et de charisme), l’équipe devient une sorte de caricature des stéréotypes de l’Afrique entre désorganisation et absence de vision d’avenir. Les performances du Nigeria (0-0 contre l’Iran) et du Ghana (défaite 2-1 contre les Etats-Unis) ont encore renforcé le malaise. De la part d’un ancien quart de finaliste (le Ghana en 2010) et d’un ancien huitième de finaliste (le Nigeria en 1998), dont les commentateurs disaient déjà qu’ils incarnaient l’ambition de tout un continent pour la victoire finale, nous attendions bien davantage, et là aussi les niveaux de jeu, les développement tactiques et les intentions des joueurs n’ont pas sauté aux yeux. C’est bien dommage !

Les cas de l’Algérie (défaite 2-1 contre la Belgique) et de la Côte d’Ivoire (victoire 2-1 contre le Japon) sont un peu différents, car la Côte d’Ivoire a réussi à gagner et l’Algérie a mené au score pendant 50 minutes face à la Belgique, mais la déception prédomine tout de même. Ainsi, l’Algérie autrefois joueuse n’a montré qu’un bloc équipe, certes bien regroupé et bien disposé face à des Belges tétanisés de retrouver à nouveau dans la plus grande compétition de football, mais les « Fennecs » ont été bien incapables de créer du jeu et de se projeter vers l’avant. La Côte d’Ivoire de son côté a longtemps été menée par des japonais assez joueurs et ses tentatives ont été brouillonnes et sans véritable fil rouge, jusqu’à l’entrée en jeu de Didier Drogba, dont le charisme a semblé transcender ses partenaires, qui sont alors repassés devant au tableau d’affichage.

Compte tenu des aléas des différents groupes, il est difficile de se projeter mais il semble bien qu’après une seule rencontre disputée, seule la Côte d’Ivoire ait encore de réelles chances de passer en huitièmes de finale.

Mais quel est le mal du football africain ? Faut-il incriminer les sélectionneurs et les joueurs ? Attend-on trop des pays africains ? Bien évidemment toutes les équipes ne peuvent pas techniquement hausser leur jeu comme le font quelques grandes nations de football, mais il est vrai également « qu’à vouloir vaincre sans péril (ou sans panache), on triomphe (ou on perd) sans gloire aucune ». Pour les seconds matchs respectifs et si un espoir doit perdurer pour tous, les équipes du continent africain feraient bien de miser sur le panache et sur le jeu, car dans le football c’est de là que viennent les émotions et les plus belles aventures…



Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.