Au sujet d’une étude que je mène sur le cadre social familial et le niveau d’étude, j’ai été amené à poser quelques questions à mon père sur ses années d’étudiant. Je vous livre dans les lignes qui suivent l’interview de son parcours scolaire qui lui a mené à être aujourd’hui responsable stratégique d’investissement dans une banque suisse privée siégeant à Genève : 

Comment as-tu vécu les années de l’école?

Je considère a posteriori avoir très bien vécu ma scolarité. Je n’anticipais naturellement pas mon parcours dans sa globalité, mais je pense que l’école a apporté beaucoup dans ma vie tant d’un point de vue de la sociabilité que du savoir acquis.

As-tu fait toutes tes classes en Suisse?

J’ai étudié pour la majeure et seconde partie de ma scolarité en Suisse.J’ai aussi fréquenté des écoles en France et en Italie durant mon enfance, car mes parents, de par leur travail, étaient mutés de ville en ville.

Quelles étaient les différences entre la Suisse, la France et l’Italie?

En ce qui concerne les écoles primaires, les seules que j’ai pu comparer, l’école italienne était fortement empruntée du catholicisme italien ambiant avec des crucifix dans chaque classe. Il y avait la prière matinale et tous les enfants portaient un tablier bleu avec des chaussettes blanches et un nœud blanc autour du cou. Sans doute, un reliquat du passé et une façon de mettre sur un pied d’égalité vestimentaire tous les élèves. 

Les classes françaises m’ont semblées empruntes de rigueur, mais aussi avec les premières expériences de bizutages. Les cours d’histoire paraissaient très importants et détaillés. Les maîtres de classe donnaient le cours de manière très vivante et disposaient d’un grand sens de l’humour. 

Finalement, l’arrivée dans les classes suisses m’a fait me sentir comme dans un cocon avec un sentiment de beaucoup de respect et d’attention, que ce soit entre les élèves qu’avec les professeurs. C’est en Suisse que j’ai noué les plus fortes amitiés et c’est en Suisse que je me suis forgé le savoir qui m’a amené à exercer ma profession actuelle.

Quelles écoles as-tu suivies après l’école primaire?

Après la scolarité obligatoire, j’ai suivi le collège Calvin à Genève, pour ensuite m’inscrire à l’université de Genève, d’abord en sociologie, puis en sciences économiques.

J’ai suivi d’autres formations et écoles, mais plus tard dans le cadre du travail.


Quelle était ta matière préférée ?

Au collège, mes branches préférées, cela va t’étonner, étaient la philosophie et la physique. Evidemment, je ne suis ni philosophe ni physicien, mais le chemin de vie ne nous mène pas toujours là où on le pense.


Qu’est ce qui t’as donné envie de poursuivre tes études ?

Je crois qu’il y a plusieurs facteurs, pour être tout à fait sincère, d’abord j’étais assez ignorant quant aux diverses filières d’étude en Suisse. Peut-être un peu par commodité, j’ai donc suivi les grands boulevards tel que collège, maturité fédérale et université. Par ailleurs, j’aimais bien ma vie d’étudiant. J’avais beaucoup d’amis et de temps libre et je tenais à tout faire pour continuer les études et prolonger ces beaux moments. Enfin, la perspective d’une belle carrière, grâce à de bonnes études, que me faisaient miroiter mes parents et mon entourage en général, m’incitait à cravacher pour un avenir «meilleur».


Lorsque tu étais enfant, puis jeune homme, quel métier te faisait rêver ?

Enfant, je voulais être conducteur de train, comme beaucoup d’enfants de mon époque! Puis au fur et à mesure que je grandissais, la médecine m’attirait et j’aurais voulu être ophtalmologue. Les yeux me passionnaient.

Comme tu vois, finalement je ne suis ni l’un ni l’autre (rires)!


Pourquoi n’as-tu pas exercé le métier dont tu rêvais ?

Ah c’est la bonne question! La vérité est d’ordre bêtement pratique, à 19 ans, au moment de m’inscrire à l’université, ma mère arrivant à l’âge de la retraite, me dit: «Fais les études que tu veux, mais pas plus de 4 ans, sinon on aura un problème…». Et voilà de quoi dire adieu aux études de médecines de 7 ans plus avec les spécialisations et stages.

C’est ainsi que la faculté de Sciences économiques et sociales avec des licences au bout de 3 ou 4 ans se sont présentées à moi.


As-tu obtenu un diplôme d’études supérieures ?

Oui, la licence en Sciences économiques en spécialisation «Finance». Ensuite dans le cadre de mon travail, j’ai obtenu divers autres diplômes qui ont jalonné ma carrière.


Est-ce que cela t’a aidé pour ton premier travail ?

Sans doute, d’autant plus que mon premier vrai employeur, le Credit-Suisse, disposait d’un contrat sur mesure pour les jeunes universitaires, mêlant travail dans le service et cours bancaires. Je me retrouvais au travail et, de nouveau à l’école!


Quels métiers as-tu exercé ?

J’ai commencé à la banque par divers postes au commerce des devises, puis j’ai travaillé dans la téléinformatique bancaire, enfin je me suis dirigé vers la gestion de fortune portfolio manager, puis comme responsable de la stratégie d’investissement d’abord dans la banque, ensuite dans une société financière.


Penses-tu que tes études étaient adaptées par rapport à ton métier ?

Finalement oui! Je pense que j’ai dans les mains le métier qui correspond au mieux à mes études universitaires.

Toutefois, avec du recul, je pense qu’une filière «pro», telle qu’une école de commerce aurait pu être un chemin plus cohérent et direct.



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.