On a vu apparaître dans la presse récemment des chiffres accusant le personnel soignant non vacciné contre la grippe d’être responsable de la mort de 100 à 300 patients dans les hôpitaux. On peut lire sur la page de l’OFSP dédiée à la grippe que celle-ci peut faire jusqu’à 1’500 morts par an en Suisse. Soit. Sauf qu’il existe des chiffres officiels sur les causes des décès en Suisse, fournis par l’Office Fédéral de la Statistique. Et ceux concernant la grippe font état pour les dix dernières années d’une moyenne de – tenez-vous bien – 28 (vingt-huit) décès par an attribués à la grippe. Et on a beau chercher, il n’y a aucune autre statistique disponible et vérifiable. Cette exagération des chiffres est à mettre en rapport avec les projections marketing du secteur des vaccins : selon l’OMS son chiffre d’affaire était de 5 milliards en 2000, de 24 milliards en 2013 et va atteindre les 100 milliards en 2025, soit encore quadrupler d’ici dix ans. Alors forcément, on assiste à des campagnes au final de type marketing : faire peur pour que les gens se vaccinent, quitte à utiliser des chiffres chocs exagérés. La plupart des gens ne vont pas les vérifier et, malheureusement, de nombreux journalistes font aujourd’hui partie de cette majorité. Pire encore, l’on stigmatise le personnel soignant non vacciné en insinuant, sans preuve, que ces personnes sont responsables de la mort de centaines de patients – terrible accusation ! D’autant plus que la protection des autres par la personne vaccinée est un mythe : toute personne vaccinée contre la grippe peut quand même être porteuse du virus et être contagieuse. Quand on sait cela, on se rend compte du non-sens des accusations visant le personnel soignant. Il existe même des études récentes réalisées à Hong Kong et au Canada qui montrent que les maladies pseudo-grippales sont plus fréquentes et les symptômes grippaux plus graves chez les personnes vaccinées que chez les personnes non-vaccinées. Leur système immunitaire serait temporairement affaibli par le vaccin, ce qui fait bien l’affaire de quelques autres virus opportuns, notamment ceux qui affectionnent les voies respiratoires, pour déboucher sur des pneumonies ou des bronchites. Si on ajoute à cela que ce sont justement les plus de 65 ans – vaccinés à 50-60% contre la grippe, contre 20-30% pour le reste de la population – qui représentent plus de 95% des victimes de pneumonies et bronchites chroniques et que 27 sur les 28 morts annuels attribués à la grippe ont plus de 65 ans, on peut légitimement se poser la question de l’innocuité du vaccin pour la grippe pour un groupe considéré comme vulnérable, et se demander si le vaccin n’aggrave pas leur état de santé au lieu de l’améliorer. On ne peut pas en la matière baser nos actions sur des croyances en rejetant systématiquement les doutes et objections. Pour en avoir le coeur net, il faudrait que la Suisse commence à se poser des questions sur la base de ses propres statistiques et enfin réalise ses propres études indépendantes.



Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.