La Suisse vient donc de terminer sa pire semaine depuis 6 ans. Même le plongeon de jeudi n’a pas suffit. Le SMI a remis ça et on a terminé en-dessous des 8’000 points. Personne n’y a échappé, mais plus vous êtes exposé à l’euro, plus ça vous coûte cher.

Les Suisses sont en dépression. Les mois à venir vont être compliqués, selon la presse locale. Bon, en même temps, la presse locale n’est pas toujours d’accord sur tout, puisque, à en lire les premières pages, certains déclarent que les Suisses se sont rués en France pour faire du shopping et que c’était l’émeute alors que d’autres disent que rien n’a changé et que c’était «business as usual». Néanmoins, les «experts en économie» sont super-inquiet de l’avenir de la Suisse (c’est les mêmes experts qui disaient que JAMAIS la BNS ne toucherait à son plancher). Une chose est sûre, les temps qui nous attendent ne seront pas facile, surtout si le SMI perd 15% par semaine, sachant que tous nos fonds de pension sont investis dans cet indice.

Par contre, il y a plein de bonnes nouvelles: Eveline Widmer-Truc (Ministre de SON économie) a déclaré qu’elle avait confiance en la BNS (c’est bien la seule qui reste en Suisse), que les entreprises allaient très bien s’en sortir et que tout irait bien dans le meilleur des mondes – même que la marmotte elle continuera à mettre le chocolat dans le papier d’alu. Pendant ce temps, Thomas Jordan a expliqué dans les journaux combien il avait raison et pourquoi il n’avait pas le choix de nous monter une arnaque trois jours avant à la télé. En fait, lui c’est le gentil qui ne pense qu’à faire le bien – il faudra en parler à FXCM, Swissquote ou encore Everest Fund. Jordan a aussi déclaré qu’il se tenait prêt à intervenir si le franc suisse devenait trop fort. En gros, la BNS est officiellement un Hedge Fund qui fonctionne comme un Hedge Fund et qui se fout du reste et des conséquences périphériques.

Mais, in fine, retenons tout de même que les deux piliers de notre économie qui ont juré de défendre la Suisse envers et contre tout (sauf contre les USA) – Mme Schlumpf et Monsieur Jordan – nous disent que tout va aller très bien. C’est le plus important.

Pendant ce temps, les Européens s’envolaient. Le Dax est au plus haut de tous les temps et tous les marchés européens terminaient dans le vert, forcément, puisque les mesures prises par la BNS garantissent pratiquement l’annonce d’un QE massif, ce jeudi, par la BCE. On se dit quand même que Draghi n’a pas intérêt à décevoir, parce que vu les attentes du marché, il va falloir délivrer, sinon ça va être moche. Même là, avec tout ce qui a été anticipé, on peut craindre un massif «vendez la nouvelle».

Pendant ce temps, les USA terminaient la semaine en hausse, merci au pétrole qui semble avoir (momentanément) cessé de baisser. Son retour sur la zone des 48$ a mis du baume sur le cœur des traders qui ont remonté le marché et le secteur pétrolier. Les indices américains récupéraient tous à peu près 1%.

Maintenant que l’on vient de vivre l’une des semaines les plus épiques, en tous cas pour le marché suisse, nous allons pouvoir commencer à regarder un peu devant nous. La semaine qui nous attend va être intéressante. Intéressante du point de vue des résultats du trimestre, puisque nous allons rentrer dans le vif du sujet, de plus en plus de «big names» sont au calendrier, et puis, bien sûr, ce jeudi à 13h45, l’annonce de la décision de la BCE sur les taux et surtout l’annonce du QE – ou pas – mais si c’est «pas», il va falloir trouver des parachutes et vite.

En attendant, ce lundi, les USA sont fermés, c’est Martin Luther King Day, mais les futures électroniques seront ouverts, même si les volumes devraient se réduire à pas grand-chose.

En revanche, on commence la semaine en fanfare avec la Chine qui se fait déchirer de 6.3%. Pas parce que la Banque Centrale a supprimé le plancher du Yuan, non, mais parce que les autorités ont sanctionné une douzaine de brokers locaux pour ne pas avoir respecté les réglementations sur les appels de marge pour leurs comptes clients. L’ensemble des financières sont sous l’eau et on commence tout de suite la semaine dans la joie et la bonne humeur. Pendant ce temps, le Nikkei avance de 0.8% et Hong Kong recule de 1%.

Pour les nouvelles du jour :
1) on attend le QE
2) on parle de la Suisse, de l’Euro/Suisse, de ce qu’à dit E.T et ce qu’a dit Jordan et de l’avenir de la Suisse
3) de ce que devrait dire Obama lors de son discours sur l’état de l’Union demain soir
4) de la Bourse de Shanghai qui se casse la figure presque autant que le SMI
5) du parti Syriza en Grèce qui gagne du terrain dans les sondages, mais plus personne n’en a quelque chose à faire, jeudi y’a QE
6) des prix des nouvelles maisons en Chine qui sont en baisse – de mauvais augure pour le GDP
7) le Barron’s publie la première partie de son Roundtable
8) toujours dans le Barron’s, LVMH est trop chère, Philipps 66 est trop bon marché et Callaway Golf a 50% de hausse potentielle à venir.

Pour le reste, ce n’est pas parce que les USA sont fermés que le monde s’arrête. Ce matin, la Suisse (encore) publiera son PPI – pas sûr que ce dernier signifie grand-chose au regard des derniers évènements. Et il y aura aussi le «Current Account» en Europe, mais comme disait mon grand-père: vivement jeudi.

À l’instant, les futures sont légèrement inchangés. L’Euro/$ est à 1.1557, le $/Yen est à 117.20, l’Euro/Suisse est à 1.0018 et on craint le pire avec le QE de jeudi, le bitcoin vaut 210$ et le rendement du 10 ans américain est à 1.83%.

Je dois dire que ce début de semaine ressemble un peu au lendemain d’une soirée durant laquelle on aurait ingurgité des litres de vodka et de tequila, le tout arrosé de champagne et servi par Thomas Jordan. On ne sait plus quoi trop penser: d’un côté, ceux qui disent que la BNS a fait tout juste, de l’autre, ceux qui disent qu’on est mal barré. Soudainement, c’est un peu comme si la Suisse était devenu le centre du monde.

Moi, je vais vous laisser ici, m’en vais aller acheter mes croissants en France voisine.

Thomas Veillet, Investir.ch

LA PHRASE DU JOUR :
«Il est encore trop tôt pour réclamer des baisses d’impôts.», Eveline Widmer-Schlumpf



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