Tout d’abord, nous allons résumer simplement la fin de la semaine passée:

Les chiffres trimestriels ont pris un virage à limite de l’euphorie. Avec le trimestre d’Amazon, Alphabet et Microsoft, le monde de la technologie est surexcité et tout semble aller pour le mieux dans le meilleur des mondes. Du coup, si vous additionnez les capitalisations d’Apple, qui n’a pas encore publié (c’est pour cette semaine), de Microsoft et d’Alphabet, vous arrivez à 1,6 trillions de dollars. Pas mal pour un marché qui était au bord du gouffre il y a à peine un mois. Le S&P500 est à 2’075 points et est de retour dans le range dans lequel il était il durant la plupart de l’été, le range duquel il semblait impossible de sortir, à la hausse comme à la baisse.

L’autre nouvelle de vendredi passé, c’est les Chinois qui ont (encore) baissé (encore) les taux pour tenter de stimuler leur économie. On n’est pas franchement convaincus que tout ces stimulus changent quelque chose à l’économie chinoise qui, quoi que l’on en dise, ne cesse de ralentir. Mais il faut reconnaître que chaque fois que la gouvernement chinois «tente un truc», les marchés européens sont au bord de l’orgasme financier. La preuve en est encore une fois le comportement du DAX qui prenait près de 3% sur cette annonce de stimulus. Je ne suis d’ailleurs pas certain que le marché européen serait monté autant si Draghi avait annoncé une nouvelle couche de QE jeudi passé. Mais comme on dit, l’herbe est toujours plus verte ailleurs.

Pour conclure la séance de vendredi passé aura été euphorique un peu partout dans le monde et les marchés semblent avoir retrouvé des couleurs. Ce qui est fascinant, c’est que les indices américains ont terminé au plus haut depuis 4 semaines, ils ont enquillé 4 semaines de hausse consécutive et se retrouvent tout près des plus hauts de tous les temps à nouveau.

Pourtant, si votre mémoire vous le permet, vous vous souvenez certainement qu’il y a très exactement un mois, le S&P500 touchait les 1’872 points, au plus bas de la séance du 29 septembre. A cette époque, à peu près tous les stratèges des banques américaines réduisaient leurs objectifs pour le S&P500 en 2015, l’ensemble de la communauté des visionnaires professionnels de la finance, pensaient que 2’000 points était «AU MIEUX», le meilleur que l’on pouvait attendre du S&P500. La FED venait d’annoncer qu’elle ne ferait strictement rien en septembre, alors que l’on priait pour une hausse des taux…

… les intervenants montraient toute leur déception en vendant toutes leurs positions – ce qui était tout de même historique de voir les traders actions vendre des actions parce que les taux ne montent pas et qu’ils ne sont pas contents.

Sorti du contexte, il est vrai que ça peut paraître complètement débile, mais il faut bien comprendre que les pros souhaitent une hausse des taux pour que l’on démontre que l’économie va bien et que si jamais elle allait à nouveau mal un jour (ce qui est HAUTEMENT improbable – en tous les cas dans les films de Disney), la FED aurait encore de la marge de manœuvre pour baisser les taux.

Donc, le 29 septembre, nous étions au fond du trou, proches de la rupture psychologique et tout le monde craignait le krach. En plus nous étions à la veille du mois d’octobre et il est bien connu que le mois d’octobre est propice à la culture des krachs boursiers, c’est là qu’ils poussent le mieux.

Et puis en fait, non. Le gouvernement US a ensuite publié des chiffres immondes au niveau de l’emploi, probablement les pires de ces 4 dernières années et c’est là, juste à ce moment, que le marché est reparti à la hausse. Durant toute la hausse, on nous a abreuvé avec des théories cataclysmiques. On nous a sorti l’indice skew qui est censé nous mener directement à la destruction et à la mort dans d’atroces souffrances, on nous a démontré par A +B que les marchés ne peuvent pas monter en octobre, que c’est contre-nature, on nous a parlé de la Death Cross que nous avions enclenchée quelques jours auparavant, on nous a laissé entendre que la saison des résultats serait pourrie. Et c’était vrai, elle avait assez mal commencé, mais la semaine passée, les technos ont mis tout le monde d’accord. On a donc bien compris qu’il faut avoir un business «dans le cloud» pour maximiser les profits ou alors il faut avoir une compagnie qui est si grosse qu’elle est en train de devenir leader dans absolument tous les secteurs de la technologie, de la biotechnologie, la nanotechnologie, la technologie des objets, la technologie de l’intelligence artificielle, bref, la World Company de la technologie de demain.

Le marché, les indices, le S&P500 sont donc revenus au plus haut de tous les temps ou presque. La moyenne mobile des 200 jours est en-dessous de nous et le pire qui puisse nous arriver semble être un retour des stratégistes qui reviendraient rehausser leurs objectifs pour la fin de l’année.

Ce matin, la semaine commence calmement en Asie, on avait bien ouvert en forte hausse, mais depuis quelques heures, on a l’air de prendre les profits, même si les marchés restent fort bien disposés. La Chine est en hausse de 0,72%, le Hang Seng avance de 0,22% et le Nikkei progresse de 0,76%.

Pour les nouvelles du jour, tout le monde est en train de faire son analyse sur le meeting de la FED qui va commencer ce mardi. Le consensus global parie en faveur d’un «je ne vais rien faire encore cette fois, mais je vais garder la porte ouverte pour me faire plaisir en décembre ou pas». Il paraît clair que la plupart des banques d’affaires vont nous sortir leur meilleur team d’analystes du comportement psychologique et qu’ils vont analyser en détail chaque mouvement de Madame Yellen, chaque mot ainsi que la façon de le dire, pour essayer ainsi d’avoir une indication, même approximative, de ce qu’elle va bien pouvoir faire avec ces foutus TAUX!!!

Bon, étant donné le taux de réussite de ces teams d’experts, je serais vous je ne me ferais pas trop d’illusions, mais il faut bien occuper ses journées. Je rappelle, pour mémoire, que le meeting en question commencera mardi 27, se terminera mercredi 28 et c’est à peu près les seules certitudes que nous avons. Madame Yellen devrait nous faire son annonce mercredi soir et les psys de Wall Street devraient avoir fini leur analyse dans les 12 minutes qui suivront la publication du communiqué de presse. C’est ce que l’on appelle: une thérapie express.

Autrement, mis à part les tribulations de la FED, nous allons continuer notre semaine en suivant les publications du moment. Cette semaine sera également chargée, avec Apple en point de mire. Tout le monde se méfie des chiffres du géant à la pomme et tout le monde se prépare déjà des théories pour trouver que «ce n’est pas terrible» même s’ils ont battu les attentes et que la croissance est bonne. Je ne suis pas loin de penser qu’actuellement, même si Apple annonce qu’ils ont fait 2 fois plus que les attentes, que la vente des iPad a repris de plus belle et que le gouvernement chinois a prévu d’offrir un iPhone à chacun des ses habitants, les investisseurs vont quand même vendre le titre en disant: «Oui, mais c’est surfait et ça ne peut pas durer».

Mis à part Apple, il y aura 150 compagnies qui vont publier leurs chiffres trimestriels, dans cette ambiance d’Halloween et de publication des chiffres du trimestre, nous avons évidemment un analyste qui nous a mis en place la statistique suivante: «si l’on regarde toutes les semaines boursières depuis 1957, la quatrième semaine d’octobre est (statistiquement) la pire semaine du quatrième trimestre» – il faut donc s’attendre à une semaine horrible. Je vais donc aller me déguiser en citrouille et attendre que ça passe.

fourth-week

Le Barron’s est positif sur Glaxo, American Express, Schlumberger et ils pensent que Valeant est trop dangereux pour y toucher.

Côté chiffres économiques de la journée, nous aurons le PPI espagnol, les Business Expectations & Climate en Allemagne, les New Home Sales aux USA, ainsi que le Dallas Fed Manufacturing Business Index.

Pour les chiffres trimestriels, nous aurons Broadcom, Crocs, Deutsche Boerse, Petrobras, Sanmina et Xerox. Comme vous pouvez le constater, ce n’est pas LA PLUS GROSSE journée de l’année en terme de publications.

Pour le moment, les futures sont en baisse de 0,2%. L’euro/$ est à 1,1037, le yen vaut 121,04 – lentement à la hausse, surtout pas ne se faire péter une artère – le bitcoin est à 278$, le rendement du 10 ans US est de 2,07% et le franc suisse est à 1,0774 – mais QUE FAIT LA BNS!!! Le support des 1,08 a cédé, serait-ce l’effet week-end? Peut-être que le trader bernois qui passe les ordres est en vacances cette semaine!!! Si j’osais, j’achèterais l’euro/suisse là.. à 1,0774 – histoire de voir si ma théorie au sujet de l’effet week-end de la BNS fonctionne… J’achèterais donc à 1,0774 avec une limite de vendre à 1,0850 pour la semaine. Si ça ne fonctionne pas, j’appellerais Berne, histoire de voir s’ils ne veulent pas me les racheter au même prix.

Voilà, c’est tout pour ce premier jour de la semaine qui commence sous le signe de la FED et qui se terminera sous le signe de la citrouille et rien que d’y penser, je suis déjà fatigué, rien que de penser à Halloween.

Excellent début de semaine à tous, bon retour pour ceux qui étaient en vacances.

Thomas Veillet, Investir.ch

«Do your own thing on your own terms and get what you came here for.» – Oliver James



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