(Photo : un citoyen de Douma en Syrie, ville assiégée et bombardée sans relâche par Asssad et Poutine, exprimant sa solidarité avec les victimes des attentats de Paris)

Les amis, ceux de Paris et d’ailleurs, ceux que j’aime et ceux que je ne connais pas,

Les gars qui ont fait ce carnage vendredi et semé cette épouvante dans nos cœurs, ne s’en sont pas pris à nous comme des symboles.

Je sais que quand un truc fait mal et fait peur, on veut trop trouver du sens dans tout ça, esthétiser, trouver des mots qui donneront ce réconfort, celui qui nous fait croire qu’il est capable de recoller tous nos morceaux épars.

Je le sais, parce que je fais pareil.

Mais daech ne symbolise rien, et nous ne symbolisons rien non plus.

Nous ne sommes pas liberté, amour, joie, bonté, grandeur d’âme, jouissance, faisant bravement face à la barbarie et à l’obscurantisme.

Car nous ne sommes rien pour eux.

Ce n’est pas ça qu’ils nous disent, même si nous voir dans ce miroir-là donne ce sentiment temporaire de transcender tout ce bordel, de réenchanter la déchirure et de nous sentir beaux dans la douleur.

Mais ce n’est pas cette fracture-là qui s’exprime, la rupture est infiniment en amont. Infiniment plus loin, plus profond.

C’est un vide qui s’oppose à un autre vide. Une image qui veut tuer une autre image.

Nous ne sommes pas des images. Et si nous voulons sortir de tout ça plus beaux et un peu plus forts, nous devrons détruire nos propres idoles.
Daech n’attaque pas ces hommes éperdument libres que nous serions. Il s’engouffre dans une brèche : celle d’une déshumanisation que nous avons laissé nous gagner.

C’est l’humain qui est attaqué. Pas notre grandeur.

Peace.



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