Il y a eu Preševo, camp d’enregistrement, de transition, sur le chemin de l’Europe. Camp aujourd’hui déserté, les employés des ONG y étant à présent plus nombreux que les réfugiés. Camp qui pourrait porter l’étiquette « cinq étoiles », mais les frontières devenues forteresses ne laissent plus personne y accéder.

Il y a eu Idomeni, aujourd’hui vidé de toute vie. Si, à l’époque, le quotidien pouvait y paraître difficile, c’est avec nostalgie que les réfugiés en parlent à présent. Ils pensaient y avoir touché le fond, certains des nouveaux camps militaires ont prouvé que pire peut toujours exister.

C’est donc dans ces camps tristes et délabrés, où l’on croise détresse et désespoir à chaque coin de tente, que le travail continue. Être une équipe mobile permet de se rendre de camp en camp, d’y rencontrer de nombreuses personnes, d’échanger quelques mots, un sourire, une larme.

Et il y a tous ceux qui sont à la rue, qui dorment dans des parcs et autres lieux publics. Distribuant des repas autour de la gare de Thessaloniki, nous sommes allés à leur rencontre. Certains ne peuvent pas accéder aux camps: on y refuse de les aider car leur nationalité n’est prétendument pas suffisament persécutée. D’autres ne veulent pas se rendre dans un camp: y être enregistrés et avoir à donner leur empreintes pourrait signifier être bloqués en Grèce ou renvoyés en Turquie.

Finalement, il y a ceux qui étaient dans un camp et qui ont choisi la rue, comme ces deux familles Kurdes. Deux mères et leurs enfants, pas d’homme pour les protéger. Et pourtant, elles préfèrent vivre dans la rue, dormir dans la rue: elles s’y sentent plus en sécurité que dans le camp qui leur a été assigné. Pas de nourriture, mais celle du camp était si fade. Pas de toilettes ou de douches, mais celles du camps étaient si sales et peu salubres. Pas de protection, mais au camp les bagarres étaient devenues quotidiennes, allant parfois jusqu’aux jets de pierres, aux couteaux, aux tentes en feu, sans que police ou militaires ne bronchent. Il semblerait qu’il n’y ait rien besoin d’ajouter. Deux femmes ont choisi de faire vivre leurs enfants dans la rue plutôt qu’au camp, ce triste fait démontre on ne peut mieux le désespoir de la situation.



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