En début de semaine passée, la mode était aux émissions de télé et aux articles qui prévenaient contre le «krach» à venir. Comme d’habitude, quand il y a plein de types qui se baladent dans la rue avec des grands panneaux qui disent que le marché va baisser, eh ben il ne baisse pas.

Au contraire. Le marché américain vient de terminer sa 5 semaine de hausse consécutive; la plus forte baisse depuis le 15 octobre devait friser les 0.3% et, vendredi passé, le S&P500 a battu son record d’altitude pour la 45ème fois de l’année.

Et si vous voulez mon avis, j’ai bien l’impression que ce n’est pas fini. Vendredi dernier, la Chine a baissé les taux pour soutenir son économie et accessoirement le reste du monde, et puis Draghi il a parlé. Et comme à chaque fois qu’il parle, il nous laisse penser que le QE, c’est pour la semaine prochaine, on est monté comme des fusées et rien ne semble pouvoir arrêter la marche en avant des actions.

Oh, ne vous méprenez pas, les actions vont bien finir par se casser la figure un jour, mais sûrement pas quand tout le monde l’a prévu. NON, d’abord il nous faudra une belle euphorie, il faudra que l’intérêt pour la bourse monte d’un ou deux crans et que l’on commence à entendre parler «la rue» des performances des marchés boursiers, que l’on entende le chauffeur des TPG nous faire une théorie sur ce que l’on doit acheter et il faudra aussi que Le Matin dimanche commence à nous publier des articles sur les actions qu’il faut acheter pour prendre sa retraite plus tôt. Là, on pourra commencer à s’angoisser.

Mais pour le moment, je commence vraiment à croire que l’on n’est qu’au début d’une certaine euphorie. Si Ebola n’est pas suffisante pour faire plonger le marché, on se demande bien ce qui va pouvoir le faire plonger. Car, il semble clair que la seule chose qui puisse faire «VRAIMENT» baisser le marché des actions, c’est un choc exogène, une très mauvaise nouvelle qui surprendrait le marché au coin du bois. Mais pour l’instant, sachant que la guerre larvée en Ukraine n’intéresse personne à Wall Street, que la fièvre hémorragique nous fait doucement rigoler et que les tempêtes de neige dans le nord des USA ne suffiront pas, on se demande bien ce qui pourrait se passer, hormis la Californie qui s’enfonce dans le Pacifique après un tremblement de terre ou une armée d’Extra-Terrestres qui prennent d’assaut les grandes villes américaines, franchement je ne vois pas.

Nous sommes donc dans un mode haussier version hâte-toi lentement, mais qui monte quand même et le tout dans un espèce de désintérêt le plus total.

Et ce matin, ça continue encore. Le Japon est fermé, le Yen frise les 118 contre $, Hong Kong et la Chine profitent de la baisse des taux pour bondir de 2% de plus. Même l’or a décidé de ne plus baisser. Ce matin le métal jaune est passé au-dessus des 1200$ et le pétrole s’éloigne des 75$ et se trouve à 76.12$, permettant aux USA de souffler un peu et laissant les Russes espérer que ça monte encore un peu. C’est étrange, car si l’on fait le bilan sur les dix derniers jours, le consensus donnait les marchés plus bas et l’or plus bas; et dix jours plus tard, c’est exactement l’inverse qui se produit. Je crois que je vais commencer à faire lexact inverse du consensus, ça me semble bien comme stratégie.

Dans les nouvelles du jour, il faut retenir que les importations américaines en provenance des pays de l’OPEC sont au plus bas depuis 30 ans. Que la Banque Mondiale se lance dans l’écologie en prévenant que le réchauffement climatique pourrait augmenter la pauvreté mondiale, et qu’en plus il paraît que l’eau ça mouille.

Quoi d’autre? Dans les rumeurs du matin, on entend dire que Banca Intesa voudrait racheter Coutt’s, histoire de faire quelques investissements à l’étranger. Les économistes pensent que la baisse des taux en Chine ne résoudra pas les problèmes économiques du pays. Le jour où les économistes résoudront quelque chose, les poules auront des dents ET quatre pattes. Quoi qu’il soit plus probable de voir des poules à quatre pattes!

Goldman Sachs pense que les marchés asiatiques seront un peu plus faibles l’an prochain. Le Barron’s pense qu’Intel peut monter de 30% à partir d’ici. Draghi pense qu’il va faire tout ce qui est en son pouvoir pour sauver l’Europe et l’euro – il ne l’a pas dit ce week-end, mais je suis certain qu’il le pense.

Et puis, selon le Barron’s, l’or monte parce que l’ISIS s’y intéresse, Poutine s’y intéresse et que la Suisse pourrait éventuellement peut-être voter en faveur de l’initiative sur l’or (ce qui, entre nous soi-dit, semble assez mal barré si les sondages veulent dire quelque chose).

Cette semaine sera aussi la semaine de Thanksgiving. Il faut donc retenir que la moitié des Américains vont arrêter de bosser mardi soir pour retourner manger la dinde chez papa et maman. Que jeudi, tout sera fermé aux USA – justement pour manger la dinde – et que vendredi matin à la première heure tout le monde va se ruer dans les magasins pour consommer un maximum, puisque nous serons le fameux Black Friday. La semaine devrait donc être calme sur les marchés financiers et les volumes devraient être faibles parce que les Américains ne seront pas là. Ou presque.

Côté chiffres économiques du jour, nous aurons le niveau de l’emploi en Suisse, Business Expectations et l’IFO en Allemagne – n’attendez rien de bien de ce côté-là. Aux USA, il y aura le Chicago Fed National Activity, le PMI des services et le Dallas Fed Manufacturing Index.

Pour le moment les futures sont très légèrement en hausse, moins que les marchés asiatiques, l’Euro/$ est à 1.2395, le $/Yen vaut 117.91, le Bitcoin s’échange à 365$ et le 10 ans américain offre un rendement de 2.31%.

Côté suisse, cette semaine on va beaucoup parler des votations du week-end à venir – durant tout le week-end qui vient de se terminer, nous n’avons parlé QUE de la Coupe Davis et de comment la Suisse a battu la France. Le week-end prochain, on va se demander si on va virer les joueurs de l’équipe de France du pays en leur supprimant leurs forfaits fiscaux. Et puis, on va aussi parler de l’or… Bref, ça va nous occuper pendant que les Américains mangent la dinde. Pendant ce temps-là, l’Euro/Suisse est à 1.2030…

En ce qui me concerne, il me reste à vous souhaiter une très belle journée et un très bon début de semaine.

Thomas Veillet, Investir.ch

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