Carnet de Voyage #009

Dimanche 14 juillet 1991

#Storslett → #Alta → #Hammerfest

« Les rideaux s’ouvrent sur l’infiniment grand et l’infiniment beau, sur la mer et les monts qui s’y baignent, sur l’infiniment loin soudain à portée de main. »

Sept heures, le réveil d’Éliane ramène notre fine équipe de clochards sur le devant de la scène. Les voyous, troubadours et autres ménestrels de la veille n’ont eu vent de notre planque. Hormis les marques de passage de plusieurs hordes de moustiques fredonnant qui nous ont tourmentés sans gène, nous sommes saufs. C’est l’heure du gaz, de la cérémonie du thé, du jus de chaussette et du partage du pain sec. De quoi mettre le ciel de Storslett d’humeur enjouée.

À deux coins de rue de là, tous les passagers d’hier répondent à l’appel du ronron de l’autocar, se mettent en file indienne et s’acquittent de leur dû pour la suite de leur périple : Alta, cent septante-huit kilomètres. À peine les premiers virages négociés que la majorité des paupières ferment boutiques. Dommage d’ignorer les avances de l’Oks Fjord qui nous enlace et sort le grand jeu pour se donner au premier venu. Une petite heure côte à côte nous conduira au pied d’une colline qui nous invite à monter, à caresser son dos, à explorer ses contours, à franchir son épaule dénudée et à plonger nos regards dans son décolleté étourdissant : le Kvænangen Fjord. Du haut de nos quatre cent douze mètres, on n’en mène pas large. Une pause-café s’impose. Gildetun. Sa cafette, son balcon cerné de hytter – petits cabanons en bois appréciés des citadins – et sa vue qui laisse pantois.

Nul doute,

nous sommes à la croisée des mondes.

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