Carnet de Voyage #005

Lundi 8 juillet 1991

#Flam → #Bergen

« Les hélices barbotent, l’eau mousse, Flåm, le petit pré entouré de montagnes escarpées, fait déjà partie du passé alors que la mer, la montagne et la lumière se rencontrent. »

Des nuées de mouches qui ne dorment jamais dans une nuit qui ne tombe qu’à moitié, ce miséreux lendemain de veille peine à m’affranchir du no man’s land: ma montre s’est arrêtée de battre, les aiguilles de mon coeur tournent au ralentis, ma fleur de peau n’est plus que terre brûlée dévastée par d’innombrables volcans hyperactifs. Viðarr m’a ignoré, le monde m’a abandonné, les dieux m’ont oublié et les mouches assassiné.

C’est lundi, il fait grand beau, je plie mon blues, hisse pavillon et laisse les pleurnicheries inutiles à ceux qui n’entreprendront jamais rien.

Mon drakkar pique la mouche et glisse à tombeaux ouverts sur une vitrine immobile où se jettent, sombres et verticales, des parois suicidaires.

Le vent tombe, le ciel rejoint la mer, l’horizon s’efface, mes sens se perdent et délirent. L’image se fixe, le temps se fige, la vie retient son souffle. Njörd, le dieu de la mer et du vent est là, tout autour.

Il m’attendait.

Et maintenant, il veut savoir.

Il veut savoir qui je suis.

Il veut savoir pourquoi je suis ici et ce que je fuis.

Il veut savoir ce que je cherche.

Il veut savoir jusqu’où je suis prêt à aller et ce que j’attends de lui…

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