Du vendredi 5 juillet au dimanche 7 juillet 1991

#Bergen → #Flåm

« Je me suis assis au bord du vide avec l’envie soudaine de perte de vue, d’infini. J’ai fermé les yeux, je me suis levé, j’ai tendu les bras et j’ai sauté. »

Vendredi. Retour de Fensalir à l’impitoyable réalité où chaque mauvais pas se paie cash. Après m’être trompé de bus et avoir tergiversé dans des périphéries dortoirs, je me suis vu repoussé par le centre-ville dans ses retranchements industriels.

À force de déplacements gauches et hasardeux sur un échiquier de rues droites et perpendiculaires, à deux doigts de m’être retrouvé mat, un coup gagnant m’a déposé à l’orée d’une large rue piétonne, Torgallmenningen.

Sur la rive opposée, Bryggen. Le vieux quai et ses maisons en bois multicolores, décimées par de nombreux incendies et reconstruites selon les anciennes méthodes abritent aujourd’hui des magasins de luxe, de souvenir, des tavernes. Je m’y suis insinué, avide de passages étroits loin des yeux, jusqu’à l’antique forteresse de Bergenhus.

Du haut d’une de ces collines, le mont Floyd, elle m’a révélé, fière, ses courbes, ses couleurs, ses tâches d’îles sur l’océan qui la bécote. J’ai ressentis un vertige immense, une grande faim d’apesanteur, de ciel et de vagues, de plumes et de courants, d’îles et de déserts. J’ai fermé les yeux, je me suis levé, j’ai tendu les bras et j’ai sauté…

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