Du dimanche 30 juin au jeudi 4 juillet 1991

#Rodby → #Helsingborg → #Oslo

« Certains sont faits pour rester chez eux. Nés vieux, ils n’auront jamais la chance d’être libres. »

Quatre jours déjà que mes poumons se sont brûlés en inspirant ma première bouffée d’air.

Quatre jours qu’Oslo m’observe faire mes premiers pas maladroits dans ses ruelles, trébucher dans ses parcs, m’éveiller dans ses jardins, tâtonner ses quartiers populaires, me cogner le front contre ses vitrines chic, affoler ma boussole dans ses banlieues silencieuses.

Il y a quatre jours, c’était le jour d’après, le grand jour.

Les vagues sombres et tourmentées de la mer du Nord m’ont ensuite léché les vitres jusqu’à Göteborg, où mes premiers scandinaves m’ont serré la main.

Après avoir serpenté dans les bois, coupé des prairies vert-pomme, sauté sur des rivières qui dormaient encore, franchi une frontière imaginaire,  Oslo Sentralstasjon nous a jeté à la rue.

Puis c’était lundi. Mon breton, traumatisé par la volatilité de ses couronnes, a rangé son igloo avant que ses sardines ne prennent racine et ne le ruinent. Sur le quai, il m’a souhaité bon vent d’un sourire narquois.

Puis vint mardi, jour de pluie. Un temps de musée.

Quatre jours… Hier encore, je flânais au hasard, glissais dans des boîtes des mots griffonnés à la hâte, jetais mon temps par les fenêtres, dansais avec les elfes qui partout virevoltaient, insouciantes comme des fleurs aux parfums insaisissables, certain d’être assez fort pour en sortir indemne.

Bergen, voie trois. Un long couloir m’invite à prendre la tangente et à aller de l’avant.

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