Une société qui bouge est une société qui vit ! Le mouvement est indispensable à notre existence, à nos échanges. C’est encore plus vrai pour un canton qui, comme Fribourg, se développe et croît à une vitesse importante. Cela implique un certain nombre de défis : les autorités se doivent d’offrir à la population les infrastructures nécessaires à son bien-être. Parmi ces infrastructures, il s’agit de mettre à sa disposition un réseau de transports efficace, confortable et rapide, tant pour les déplacements professionnels que pour les loisirs.

Des évolutions démographiques et socio-culturelles à l’origine des restructurations

Le canton de Fribourg a connu un développement fulgurant ces dernières années, résultant d’une stimulation réciproque entre ses croissances économique et démographique (+2,1%, contre +1,3% en moyenne suisse). 

Selon l’Office fédéral de la statistique (OFS), Fribourg connaîtra une croissance démographique de plus de 20% durant la période 2010-2035, contre 12,5% en Suisse. Ces évolutions impactent fortement la demande en infrastructures liées à la mobilité (routes, gares, voies ferrées, etc.). La population a adopté une nouvelle philosophie de vie, très demandeuse en termes de mobilité et de flexibilité. Fribourg est de surcroit caractérisée par une population plus jeune que dans le reste du pays (39 ans, contre 42 ans en Suisse) ; or, celle-ci a tendance à être plus mobile. Le nombre de voyageurs à avoir utilisé une ligne ferroviaire régionale dans le canton a par exemple augmenté de 200% entre 2005 et 2015, passant de 7,5 à 22,5 millions. Par rapport aux habitudes de locomotion, de 2005 à 2010, la part de la population fribourgeoise utilisant les transports en commun est passée de 12% à 18%, alors que celle se déplaçant en véhicules motorisés individuels a baissé de 79% à 74%. Fribourg accuse pourtant le plus faible taux de personnes utilisant les transports en commun et à l’inverse le plus haut taux de véhicules personnels (motorisés) parmi les cantons de Suisse occidentale.

Les routes également sont de plus en plus saturées, surtout aux heures de pointe. Le double objectif existe donc de répondre à une demande croissante et de la stimuler davantage encore pour promouvoir les transports en commun. Le développement de l’offre de transports publics apparait dès lors comme une nécessité. Or, « Le plus grand danger, dans les moments de turbulence, ce n’est pas la turbulence, c’est d’agir avec la logique d’hier. » (Peter Drucker).

La restructuration du réseau de transports publics : de nouvelles offres

C’est aujourd’hui qu’il faut concevoir le Fribourg de demain, car une gestion adéquate des nouveaux défis en matière de mobilité ne s’improvise pas, elle se prévoit des années à l’avance. Et la meilleure façon de construire un réseau efficace consiste à adopter une philosophie globale. C’est une condition sine qua non pour un développement harmonieux sur l’ensemble du territoire. Ceci s’avère d’autant plus pertinent qu’à travers son développement, Fribourg joue depuis de nombreuses années un rôle de pont entre les régions linguistiques de l’arc lémanique et du bassin zurichois, autant pour les trains de voyageurs que de marchandises. Ce n’est toutefois pas le seul axe important pour le canton.

PRODES : une coordination de l’offre entre les cantons de Suisse occidentale

Avec le « oui » au financement et à l’aménagement de l’infrastructure ferroviaire (FAIF), le 9 février 2014, le peuple a accepté le fonds d’infrastructure ferroviaire (FIF) ainsi que le Programme de développement stratégique (PRODES). Les cantons suisses ont transmis à l’Office fédéral des transports (OFT) en novembre 2014 90 projets d’aménagement de l’infrastructure ferroviaire. Le canton de Fribourg en a proposés 16.