Saillans, là où a débuté la démocratie participative

Un charmant village de 1.200 habitants que la spéculation foncière et la folie des hommes a failli emporter. Saillans, là où le réveil citoyen a permis d’empêcher la construction d’un giga-supermarché qui aurait détruit tous les petits commerces et imposé la nourriture industrielle (appelée malbouffe par José Bové) comme seule et unique source d’alimentation.

Les citoyens se sont mobilisés. Ils sont partis le coeur vaillant avec l’âme de David contre Goliath, les simples citoyens contre l’affairisme politicien. Et ils ont réussi !

Ils ont été à l’encontre du prétendu «politiquement correct» et jeté aux orties les pratiques désuètes des vieux loups de la politique. «Pas de programme, pas de candidats, la liste c’est vous».

Ce sont les assemblées de citoyens qui décident de la marche à suivre et non l’obéissance aveugle de ces vieux routards de la politique au monde de la finance ou de l’immobilier. Cela demande bien sûr que le citoyen soit informé des tenants et des aboutissants de chaque décision à prendre. Mais les citoyens sont ravis de cette réappropriation de la démocratie, usurpée par ceux qui ont vendu leur âme au Veau d’Or.

Les Saillansons s’impliquent maintenant dans la vie de leur cité. Et ils n’ont que des éloges pour cette nouvelle majorité qui a renversé le langage de l’oligarchie. «Notre démarche repose sur l’expertise d’usage des habitants. Chacun est expert de sa rue, de son village.» dit Isabelle dont les propos ont été recueilli par le journaliste du magazine Reporterre.

Démocratie participative et particratie

La démocratie participative, c’est exactement l’inverse de la particratie, c’est le pouvoir rendu aux citoyens. C’en est fini de l’oligarchie, financière ou lobbyiste, qui dicte sa loi sans que le citoyen n’ait son mot à dire. Les assemblées citoyennes se réunissent pour débattre et pour décider. C’en est fini de ces parodies de démocratie qu’on appelle conseil communal (Belgique) ou conseil municipal (en France). Ces politiciens professionnels ne décident pas dans l’intérêt du citoyen mais bien dans celui de ses amis, du sien ou de groupes de pression qui lui font miroiter une réélection.

La ville de Louvain-la-Neuve s’est réveillée. D’abord une plate-forme citoyenne pour recueillir le nombre de signatures nécessaires à une consultation populaire sur l’extension du complexe commercial appelé Esplanade. Ensuite une liste citoyenne Kayoux qui se présentera aux prochaines élections communales en octobre 2018. Une deuxième liste citoyenne a vu le jour et portera le nom de Locale. Le gel de l’extension de l’Esplanade n’est que temporaire. Si une nouvelle majorité ne change pas le plan de secteur, le même projet serait représenté dans trois ans. Les politiciens professionnels se moquent de la démocratie. Mais le réveil citoyen a l’intention de changer cela.

Les enjeux électoraux à Ottignies-Louvain-la-Neuve

Depuis 18 ans le bourgmestre Jean-Luc Roland, succédant à Jacques Otlet, gère la ville. Et cela crée des contents et des mécontents. Mais examinons maintenant les questions qui fâchent, pourquoi certains électeurs de l’actuelle majorité ne sont pas contents, à un point tel que deux listes citoyennes, Kayoux et Locale, ont vu le jour. Sans compter les petits partis contestataires.

L’écologie-béton ou l’extension de l’esplanade

Etonnant qu’un maire qui se revendique de l’écologie défende à ce point la construction bétonnière. Mais en politique, rien n’est étonnant. Mais plus encore que l’extension de la ville que beaucoup jugent nécessaire, c’est véritablement le projet de société de l’extension de l’esplanade qui est remis en cause. L’Esplanade se suffit déjà à elle-même, pourquoi encore ajouter des enseignes dans un modèle de galerie commerciale à l’américaine où de très nombreuses galeries font faillite et laissent après des chancres urbains? Quant aux grandes marques présentes à l’esplanade, ne vendent-elles pas très chers des produits fabriqués très bon marché à l’autre bout de la planète? Et ne sont-elles pas responsables de la pollution de la planète en vendant des produits lointains alors qu’on pourrait les produire localement? Ne sont-elles pas aussi responsables de l’esclavage d’êtres humains ou plutôt de conditions de travail proche de l’esclavage à l’autre bout de la planète? Cachez ce sein politique que certains ne veulent pas voir.

L’incitation à la torture animale

Lors de cette législature, la majorité en place, avec un maire écologiste, a décidé de soutenir ceux qui enfreignaient la loi en procédant à l’abattage à domicile d’animaux (et cela sans le moindre étourdissement) en leur fournissant des conteneurs. La ville a été condamnée pour cette initiative : « le tribunal de première instance du Brabant wallon a reconnu qu’Ottignies avait commis une erreur de communication susceptible d’inciter à des pratiques illégales. Le tribunal a condamné la commune à payer à GAIA les frais de justice qui s’élèvent à 1540 euros ». L’incitation au non-respect des lois est révélateur que la torture animale n’est pas prise en compte par la majorité actuelle Ecolo-CDH-PS (Ecologistes, Humanistes et Socialistes). De nombreux défenseurs de la nature sont outrés par cette décision.

La démocratie participative

Pour les partis traditionnels, il s’agit d’un gadget. Pour le citoyen, il s’agit uniquement de l’exercice démocratique. Si le plan d’affectation des sols n’est pas modifié, autrement dit si une nouvelle majorité ne voit pas le jour, l’extension de l’Esplanade se fera malgré le vote négatif de la consultation populaire. Là, vraiment y a pas à dire, on se moque du monde !

Article précédemment paru sur

Condensé de trois articles parus sur Déemocratie et participation.blogspot.com

* Saillans, là où a débuté la démocratie

* La démocratie participative

* Les enjeux électoraux à Louvain-la-Neuve