Le texte de base est «Idéalisme Pratique» [1] de Richard Coudenhove Kalergi.

Kalergi (IP, page 26) évoque le chaos de la politique moderne qui, selon lui, ne prendra fin que si une «aristocratie spirituelle» (sic!) s’approprie les instruments de pouvoir. Le chaos précédant l’ordre est la devise maçonnique (Ordo ab Chaos) qui reflète le mieux les agissements secrets de la secte. Kalergi, en faisant cette référence à la devise maçonnique, prouve ainsi son appartenance à la secte criminelle. D’autant que quelques lignes plus loin, il précise ce qu’il entend par «aristocratie spirituelle» , à savoir la nomenclature dans le plus pur style stalinien. Pas un mot sur le goulag, rien sur la répression communiste ni sur le génocide ukrainien. Par contre le sectaire Kalergi parle du bolchévisme en termes élogieux,

puisque selon lui, «le bolchévisme marque une étape décisive» vers l’instauration de cet ordre aristocratique qu’il chérit («un petit groupe d’aristocrates de l’esprit communiste y régit le pays»).

La classification des humains entre humains de la campagne et humains des villes (IP, page 7) est un plagiat du rat des champs et du rat des villes de La Fontaine. Là où le poète croquait les défauts humains par une allégorie animalière, le hautain Kalergi ne fait qu’exprimer son mépris pour les paysans qu’il qualifie d’ «humains rustiques» vivant «de l’âge de pierre au Moyen Age». Et il rajoute même une couche dans son attitude méprisante en disant que « des siècles, souvent des millénaires, séparent ainsi une grande ville de la rase campagne qui l’entoure». Un tel degré d’ignorance et d’affirmation gratuite ne se retrouve que dans des sociétés secrètes qui flattent l’ego de ces quidams désoeuvrés que Molière a si bien décrit

dans «Monsieur Jourdain».

Si par racisme on entend création d’une race nouvelle et extinction de l’ancienne, ainsi que l’expression d’un mépris vis-à-vis de tout ce qui ne constitue pas la race idéale, alors Kalergi est bel et bien raciste. Car selon lui, «la race du futur, negroïdo-eurasienne, remplacera la multiplicité des peuples» (IP, page 18).

Pour tous ceux qui comme moi ont envie de vomir chaque fois que l’abjection raciste les touche au plus profond d’ex-même (l’humain consanguin aurait une seule âme, la nouvelle race de Kalergi en aurait plusieurs afin d’en montrer sa supposée supériorité), je conseille la lecture d’une nouvelle de Marcel Pagnol intitulée «Les secrets de Dieu» [2], merveilleuse ode à la différence qui rejette avec élégance et émotion la vanité de la tentation eugéniste.

Rions un peu des justifications biscornues de Kalergi (IP, page 21) : « Le Japonais (…) se rapproche à de multiples égards de l’Occidental ; tandis que la mentalité des Italiens du Sud et des Sud-Américains est orientale». «Les porteurs de lumière ne sont pas des lumières» disait Conan Doyle [3] .

Kalergi enjoint ses coreligionaires sectaires à réaliser ses folles idées eugénistes (IP , page 18) lorsqu’il affirme que les races et les castes d’aujourd’hui seraient victimes (…) du temps et des préjugés. Le mot victime fait référence au sacrifice rituel que les sectaires sont invités à réaliser et l’emploi du futur au lieu du conditionnel est une invocation implicite à une puissance divine ou occulte (un sous-dieu luciférien pour un franc-maçon) pour qu’elle réalise ses sinistres projets. Cela trahit donc bien une volonté génocidaire.

Références

[1] Praktischer Idealismus, Richard Coudenhove Kalergi, traduction française d’Adeline Gasnier (2014), disponible (pdf) sur le web, édition originale (1925), Editions Paneuropa.

[2] Les secrets de Dieu in «La petite fille aux yeux sombres» , Marcel Pagnol, Livre de Poche

[3] Le chien des Baskerville, Arthur Conan Doyle, Livre de Poche