Les Romains byzantins dissertèrent pendant des décennies, d’autres diront des siècles, sur la question de savoir si l’âme était immortelle. Cette question née dans les universités romaines (Constantinople, Alexandrie, Athènes, Gaza, …) s’étendit rapidement au citoyen romain. Il arrivait fréquemment que des citoyens discutent de cela lorsqu’ils se croisaient en faisant leur marché. Ces querelles byzantines ne cessèrent que lorsque l’Eglise trancha la question de manière dogmatique en affirmant l’immortalité de l’âme. Les travaux des théologiens romains sont-ils encore d’actualité aujourd’hui? C’est toute la raison de cet article.

Le débat des monophysites et des dyophysites

La nature de Jésus est-elle simple ou double, à la fois humaine et divine ou bien une nature humaine et une nature divine. Si on n’y prête pas attention, cette question pourrait n’avoir aucun intérêt, et c’est d’ailleurs ce qu’ont pensé de nombreux contemporains en refusant d’examiner plus en détails cette querelle toute byzantine qui a passionné les citoyens romains de la même manière que certains débats scientifiques passionnent nos contemporains.

L’âme précède-t-elle la perception du monde réel, et dans ce cas elle serait de nature divine donc immortelle, ou au contraire en est-elle la conséquence, et dans ce cas appartiendrait au monde de perception ou monde des phénomènes et donc ne serait pas éternelle? Voilà résumée la question que se posèrent les théologiens romains, question qui se retrouve dans l’allégorie de la nature simple ou double de Jésus.

Prenons une corde. Imaginez maintenant que cette corde représente la relation que vous avez avec le monde réel ou monde de perception. Votre âme, c’est un point ou un noeud dans la corde. Votre conscience, c’est le lien qui relie votre âme à elle-même. Avec votre corde, vous pouvez soit faire un noeud simple, soit à un noeud déjà existant le relier à lui-même et faire un noeud double. L’âme, ou point de départ de la conscience, existe-t-elle avant la perception du monde (noeud préexistant qui devient un noeud double) ou au contraire est-elle le résultat de cette perception (pas de noeud préexistant qui devient un noeud simple).

Le dogme de l’Eglise chrétienne

L’Eglise fut incapable de trancher ni le débat des monophysites et dyophysites ni le débat sur l’immortalité de l’âme par la raison. Elle affirma de manière dogmatique l’immortalité de l’âme.

L’approche de la science

La mécanique quantique a montré que l’observateur influence l’observation, et donc qu’il ne peut y avoir d’observation sans observateur. Implicitement, elle reconnaît que l’âme existe avant la perception.

Immortalité et construction

A première vue une âme constructible est déconstructible et donc ne serait pas immortelle. Sauf évidemment si elle se construit à partir du monde des noumènes et que sa déconstruction n’entraîne une reconstruction «immédiate» à l’identique. C’est ainsi que dans le bouddhisme, extinction finale (école zen) n’est pas incompatible avec une réincarnation (autres écoles).

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