Comment peut-on construire la conscience à partir du vide mathématique ou du rien philosophique? La distinction entre ces deux concepts est fort ténue, mais elle existe. Rien, c’est rien. Le vide, c’est presque rien. Le vide, c’est notre perception du rien, dont nous ne savons pas si c’est réellement du rien. Si nous ne voyons rien, soit nous sommes métaphysiquement aveugles, soit il n’y a rien et notre perception correspond à la réalité.

Nous allons donc utiliser l’approche mathématique, plus générale, laissant le débat ouvert car non démontré à ce jour, dans un sens ou dans l’autre. Si nous pouvons construire un point à partir du vide, alors les modèles numériques sont recevables. Mathématiquement trivial. Une des constructions possibles est la suivante :

Etape 0

Etape 1 = Etape 0 -> Etape 0

Φ : ∅−> ∅ (Ego universel)

Etape 2 = Etape 0 -> Etape 1

Φ : ∅ −> ( ∅ −> ∅ ) ∼ Φ : ∅ −> {∅ −> ∅} (construction du point de départ de la

conscience ou âme)

Etape 3 = Etape 1 -> Etape 2

Φ : ( ∅ −> ∅ ) −> ( ∅ −> ( ∅ −> ∅ ) ) ∼ {∅ −> ∅} −> {∅ −> ∅}

(construction de la conscience)

Etape 4 = Etape 2 -> Etape 3

(∅ −> {∅ −> ∅ } ) −> ( {∅ −> ∅} −> {∅ −> ∅} ) ∼

{∅ −> ∅ } −> { {∅ −> ∅} −> {∅ −> ∅} }

(construction de l’avatar de la conscience dans le monde réel ou conscience d’exister)

Etape 5 = Etape 3 -> Etape 4

{{∅ −> ∅} −> {∅ −> ∅} } −> { {∅ −> ∅ } −> { {∅ −> ∅} −> {∅ −> ∅} } }

(construction du premier objet dans le monde réel autre que l’avatar)

Etape n = Etape n-2 -> Etape n-1

(construction des objets de l’univers de perception)

Le dual de la construction est la perception. Le dual est un «invisible intelligible», de la même manière qu’un sonar ne capte pas les ondes qu’il émet mais uniquement les échos. En mathématiques, le dual de la construction d’un problème est la résolution du problème.

Il est une légende qui raconte que l’enfant dans le ventre de sa mère connaît tout du mystère de la Création, de l’origine du monde jusqu’à la fin des temps. A sa naissance, un messager passe au-dessus de son berceau et pose un doigt sur ses lèvres pour que jamais il ne dévoile le secret qui lui fut confié, le secret de la vie. Ce doigt posé qui efface à jamais la mémoire de l’enfant laisse une marque. Cette marque, nous l’avons tous au-dessus de la lèvre supérieure,

sauf moi.

Le jour où je suis né, le messager a oublié de me rendre visite, et je me souviens de tout…


Marc Lévy, La première nuit, Presses Pocket, page 489 et 4eme page de couverture.

Pour les lecteurs de Marc Lévy, commencer par Le premier jour, La première nuit est la suite du premier jour.

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