J’avais écrit cette  promenade alphabétique pour les pages fribourgeoises du journal des enseignants romands, « L’Educateur », dans lequel elle a paru il y a environ une décennie.

Je l’ai reprise pour un recueil de textes qui comprendra entre autres, 4 poèmes dont 2 traduits en espagnol, une nouvelle trilingue ( en français espagnol et italien) intitulée « Phyrgane » et quelques  billets d’opinion sur l’Etat du monde que j’ai commis dans ces lignes du club de Sept/Info.

Comme je n’ai pas encore de feuilleton à vous proposer avant l’été 2018 ( le dernier roman prévu à cet effet est en cours de correction et pas encore publié),

je pensais vous laisser vous promener dans l’alphabet. A raison de 3 lettres par semaine, j’espère que vous apprécierez cette balade au fil de réflexions et de petites pensées destinées parfois à susciter la réflexion mais surtout à nous faire sourire, ce qui n’est pas un luxe à notre époque.

A comme….

Agréer : veuillez agréer, Monsieur, Madame, l’assurance de mes sentiments dont je vous laisse le choix.

Alligator : Au Tessin et en Lombardie, s’écrit : la ligue a tort.

Apparence (soigner l’) : maladie intellectuellement transmissible au pronostic triste et morose d’incompétence précoce qui consiste à confondre compétent avec con pédant en donnant plus d’importance à ce qui se voit que ce qui se fait.

Azur : A part péter dans l’azur, ce qui nous arrive à tous un jour ou l’autre mais nettement plus dès que l’on se prend au sérieux, l’intérêt du mot pour le glisser dans une dictée, la beauté du ciel et les cartouches d’encre du même nom, il n’ y a finalement pas grand chose à dire sur ce mot. On pourrait peut-être ajouter ce proverbe ancestral de Papouasie orientale qui dit en substance : « mieux vaut péter dans l’azur et baiser dans la joie que de se retenir dans les deux cas ».

L’abbé et ses saints : L’abbé Carre a dit à l’abbé Mol, l’abbé Quille, l’abbé Nédiction, l’abbé Rézina, l’abbé Nichon, l’abbé Néfice et l’abbé Ration : Prions St-Pathique, St-Biose, St-Thèse, St- Bolique, St-Drome, St-Dicat et tout le St-Frusquin.

B comme….

Baiser : le substantif est beau comme le sont les préliminaires de l’amour. Le verbe et l’adjectif baisable seraient plutôt en usage dans le vocabulaire de bonshommes dont le machisme et la goujaterie sont en général à la mesure de leur virilité bégayante.

Bébé : se concilie bien avec bonheur mais parfois un peu moins bien avec bonne nuit.

Bigarrée… est la foule qui se balade, brassée et multicolore sera l’avenir de notre pays. Que l’on arrête de nous bassiner avec ces bêlements nationalistes bêtifiants ! Bronzés, blancs ou autrement beaux, les humains sont tous égaux et sans bémol.

Binôme : au risque de faire un bide, j’ose affirmer qu’il est pareil aux bikinis de nos belles : ce n’est qu’une fois découvert qu’il donne toute la mesure des puissances qu’il balise.

C comme….

Chromosome : ceux de nos bambins à qui il en manque un sont certainement moins débiles que ceux qui s’en moquent.

Caddie : trop rempli de cochonnerie calorifiques il risque de vous clouer sur les cabinets pour une grosse commission catastrophique ou vous faire craindre des complications cardiaques.

Chauffards : Comment critiquer calmement ces conducteurs dont la célérité criminelle confirme à coup sûr qu’ils mettent leur virilité dans leurs carrioles pour compenser ce qui leur manque dans la culotte, le coeur et un cerveau pas très frisé des circonvolutions.

Commander : mais comment donc, commandant, commander sans consentement ? le ceinturon, le titre et la casquette ne contribuent pas plus à convaincre qu’un canari à califourchon sur une caravelle ne contrarie la croissance des coloquintes au Congo.

Chasse : Chassez le naturiste, il revient au bungalow…