P comme….

Pet :Sujet ô combien prisé dans nos classes, le pet vient de faire la une de l’actualité. En effet, il y a peu de temps, je lisais dans les dans les colonnes d’un quotidien, que la Malawi étudiait une loi pour interdire les pets en public.

Tant qu’à faire, je me demandais si nous ne devrions pas suivre l’exemple de ce pays africain, grand comme à peu près la Suisse, et interdire, nous aussi les pets en public en prenant soin, toutefois, de les définir de manière plus précise.

Ainsi, seraient interdits :

les flatulences xénophobes nauséabondes qui font de la peur de l’étranger un fond de commerce politique et oublient que l’on peut être un bon citoyen suisse, quel que soient notre origine, notre couleur de peau et nos croyances et surtout sans souscrire à ce délire haineux.

les vesses en rafales qu’ont lâché les chatouilleux de la gachette pour asphyxier les suisses en prétendant qu’en contrôlant mieux les armes et en protégeant nos familles contre de possibles drames on rognait la liberté du citoyen.

les pets religieux au goût de croisade et de jihad de tous les dogmatiques et fanatiques de tous poils qui troquent le Dieu d’amour des grandes religions monothéistes contre un sectarisme borné, dévastateur et assassin.

Les prouts pointus des pseudos élites qui, dans tous les domaines, pensent détenir l’exclusivité du bon goût culturel, du bon comportement social, de l’unique pédagogie et de la bonne éducation, bref de la vérité et jugent leurs prochains à l’aune unique de leur petite lorgnette personnelle.


Les flatuosités pétaradantes des prédateurs du bitume qui compensent dans la vitesse ce qui leur manque dans la tête,le cœur et la culotte et pètent haut et fort leur droit de polluer et de risquer de tuer nos enfants ou les autres usagers de la route.

Bref, on pourrait allonger à l’envi cette liste de nuisances qui nous pourrissent l’athmosphère…

Cependant, pour ne pas laisser filer la conclusion comme un pet sur une toile cirée, je dirais que le pet, le vrai, ne pourra jamais être interdit, même en public. Et que cela, finalement, a aussi du bon : le pet fait du bien à ceux qui le produisent ; il peut faire s’écrouler de rire une classe d’élèves, une assemblée de paroissiens ou un meeting électoral ; il pue, certes, mais cela passe si l’on s’en éloigne.

Agissons donc de même avec les flatulences nocives citées plus haut : laissons-les péter dans l’azur, rions-en quand c’est possible et éloignons-nous quand ça pue. On peut espérer qu’ainsi elles deviendront aussi insignifiantes qu’un tout petit vent et que le Monde s’en portera mieux…

Parachute: Ainsi en est-il de l’esprit: il ne fonctionne que lorsqu’il est ouvert.

Pères et mères ( fête des…) :

Dans la foulée de la récente fête des mères, un collègue vaudois m’a écrit pour me demander de rappeler, dans ces pages, aux enseignants de mon canton la fête des pères.

Je m’exécute et j’approuve : les pères au foyer et même les pères célibataires, ça existe : j’en ai rencontré. Les pères cumulant travail à plein temps et paternité active méritent aussi cette attention de leurs enfants.

Mais attention les cocos, une fête des pères ça se mérite ! Le partage réel des tâches ménagères et éducatives ne correspond qu’au strict minimum pour nous octroyer ce droit à une fête des pères. Et ce droit me semble un tantinet usurpé tant que nous continuerons d’accepter comme une fatalité les salaires scandaleusement bas de certaines catégories de travailleuses, tant que nous refuserons d’élire plus de femmes, tant que nous continuerons de parler parfois avec condescendance des « greluches », des « bonnes femmes » et autres « nanas », tant que nous continuerons, bêtement, à nous croire plus forts, uniquement, comme le chantait Henri Tachan, « à cause de ce bout de bidoche qui nous pend sous la brioche… ».

Cela dit, et pour faire bonne mesure, j’admets tout à fait que certaines femmes aussi sont affligées du même petit pois qui sert d’intelligence sociale et émotionnelle aux rambos, talibans, croisés, va-t-en guerres et autres modèles du genre. Elles sont de vraies terreurs pour leurs semblables et seraient à coup sûr machos si elles en avaient deux…

Mais ce n’est pas une excuse pour renoncer à faire le maximum, à tous les niveaux, pour que les femmes et les mères soient à la fête toute l’année et pour que les pères méritent la leur autrement mieux que par la seule livraison de la petite graine et l’inscription dans le livret de famille.

Q comme….

Question : ne faut-il qu’en rêver ou peut-on vraiment induire et construire le respect, la coopération et la paix dès le plus jeune âge ?