Examinons sous l’oeil de la critique historique l’information véhiculée par certains historiens, généralement maçons ou maçons sans tablier, qu’Hypathie serait morte lapidée par une foule de chrétiens orthodoxes et aurait reçu sur la tête des coquilles d’huîtres. On connaît très bien le caractère destructeur mais aussi menteur et voleur des Shriners, qui existaient à l’époque.

On connaît aussi le côté manipulateur des franc-maçons (Shriners ou non) qui se victimisent alors qu’ils sont les oppresseurs. On connaît aussi la propension des sociétés secrètes à plagier plutôt qu’innover.

Les Romains ne laissaient jamais de tas de coquilles d’huîtres vides abandonnées comme détritus, cela c’est une façon «moderne» de faire. Les Romains consommaient les coquilles d’huîtres, après les avoir pilées, car ils leurs attribuaient des vertus aphrodisiaques. Donc que des citoyens trouvent abandonné en pleine rue un tas de coquilles d’huîtres est totalement impensable au regard des pratiques romaines, ignorées par ceux qui ont construit cette légende.

Les chrétiens condamnent la lapidation, l’épisode de Jésus et de Marie-Madeleine leur rappelle justement l’iniquité et la barbarie de cette peine. Il est donc impossible que des chrétiens aient lapidé quelqu’un pour ses opinions, rappelons aussi le 5eme Commandement «Tu ne tueras point».

C’est un épisode parmi d’autres de la désinformation des sectes maçonniques, le but étant de faire d’une mathématicienne de l’Antiquité une diva de la cause laïcarde. Le fait qu’elle ait défendu l’ancienne religion romaine face à la nouvelle lui a sans doute valu des ennuis au niveau académique (rappelons qu’elle enseignait à l’université romaine d’Alexandrie) mais sûrement pas une lapidation et encore moins une lapidation jusqu’à ce que mort s’en suive.

Les auteurs d’un tel meurtre auraient été poursuivis par la justice romaine et nous en aurions retrouvé trace. Cela ne résiste pas à la critique historique, c’est donc bien une légende. Quant à l’idée véhiculée par quelques laïcards maçons, avec ou sans tablier, que ce serait des hommes d’armes au service du régime qui aurait commis ce forfait, elle est tout simplement le reflet de l’ignorance des pratiques alors en vigueur dans l’Antiquité. On ne se débarrasse pas de quelqu’un de connu sans trouver de justification par le biais d’un procès, l’exemple du procès de Socrate, certes biaisé, est là pour nous rappeler les pratiques de l’époque [1]. Nous

ne trouvons aucune trace d’un procès à son encontre.

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Références

[1] Socrate et la conscience de l’homme, Micheline Sauvage, collection Maîtres Spirituels, éditions du Seuil, 1957