L’an chinois qui vient de débuter sous le signe du singe promet de ne pas être triste.

Car le primate a la réputation d’amuser la galerie et les séances de divertissement peuvent être longuettes avec lui. Veillez à emporter une ou deux chemises de rechange , sinon vous pourriez finir en nage à la fin du spectacle et risquer la bronchite s’il fait froid.

En glissant sans discontinuer durant le mois de janvier, la Bourse de Shanghai avait déjà donné le ton. On croyait l’Empire du Milieu à court de liquidités mais voilà que son principal capitaliste s’empare d’un ténor de la capitalisation helvétique, Syngenta. Monsanto n’aurait pas dit son dernier mot. Devant ces passes d’armes entre prédateurs d’ailleurs, on souhaite beaucoup de sang-froid aux fleurons suisses dont les résultats laissent à désirer. Une fameuse banque zurichoise a le droit de se faire du souci.

La Chine tousse, la fièvre pousse et retarde le jour où «chaque Chinoise s’offrirait un rouge à lèvres par an», le rêve d’un grand fabricant de cosmétiques dont l’ancien vice-président commet un nouveau livre aux éditions Le Passeur sous le signe de la méditation transcendantale: De L’Oréal à Lhassa, itinéraire d’un iconoclaste. Robert Salmon, puisque c’est de lui qu’il s’agit, observe que «dans l’Empire céleste environ huit cents millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté». Un bon tiers d’entre elles n’étant pas intégrées dans les villes, «si une période de récession survenait, des dizaines de millions d’individus avec l’impossibilité de retourner à la terre se trouveraient désœuvrés et la situation deviendrait explosive».

Un proverbe grec l’affirme: le singe est toujours singe, fût-il vêtu de pourpre.

GHI