François Hollande, dans ses vœux aux Armées, a appelé au recrutement de 12 000 réservistes supplémentaires. De quoi faire sourire en Suisse, où une part importante de la population est mobilisable à tout moment (un citoyen sur dix, dans les années 1980).

Dans La Place de la Concorde Suisse, le journaliste John Mc Phee a cherché à comprendre comment ce petit pays a pu conserver, pendant près de cinq siècles mouvementés, sa neutralité et son territoire. Réponse : « La Suisse, n’est pas un pays qui a une armée mais une armée qui a un pays. » La nation repose sur une milice populaire et unificatrice. Et l’armée est une société suisse en miniature. Sans surprise, le sommet de la hiérarchie est occupé par les grands patrons. A l’inverse, les Suisses rejetés par l’armée auront du mal à se faire une place ailleurs.

Cette réalité militaire est aussi omniprésente dans le paysage que dans la vie des hommes. John McPhee décrit des montagnes truffées de bunkers, de dépôts de munitions et de tunnels susceptibles d’héberger confortablement tous les habitants d’une ville. La Confédération ne craint même pas la bombe atomique : presque tous les bâtiments sont munis d’abris pressurisés.

 

Plusieurs fois, les citoyens ont été interrogés par référendum sur l’abolition de l’armée. La proposition a toujours été rejetée. Mais les effectifs et le budget de la Défense ont été sévèrement amputés depuis l’adoption de la réforme Armée XXI en 2003.

La Place de la Concorde suisse par John McPhee, Grasset, 2006

En savoir plus : Les secrets de l’armée suisse, Books, décembre 2015.

Cet article a été préalablement publié sur Books.fr