Dans le journal local de Lausanne, on lisait, il y a quelques mois qu’après des années de travaux, et un investissement total de plus de 100 millions de dollars, l’Hôtel Royal Savoy Lausanne rouvrait ses portes. Il s’agit d’un établissement mythique qui a une très longue histoire et une merveilleuse réputation.

C’est dans cet hôtel, alors pas encore rénové que des réunions de propriétaires fonciers se tenaient, c’est là que certains couples fêtaient leur 25 ans de mariage, et où des veillées littéraires se tenaient. C’est au Royal Savoy que j’ai assisté il y a plus de trente ans à une causerie sur le Général et ses pudeurs. Il s’agissait de la France de 1958 qui, semble-t-il entrait en agonie.  Magnifique proclamation, hôtel aux murs délavés.

Suite aux solides rénovations, ce endroit magnifique a retrouvé ses lettres de noblesse. Mais à quel prix?

Je ne parle pas du coût des réparations, ni de certains corps de métier qui ont été grugés, le plan de vigueur des Qataris était jugé nécessaire et utile pour les autorités.

Quand j’ai lu que ce vestige de l’élégance lausannois avait été vendu aux Qataris, je suis simplement tombé par terre. Je suis banquier et je pense maîtriser toutes les règles concernant le blanchiment d’argent. Quant aux règles qui exigent que l’on connaisse son client, elles sont à jamais gravées dans ma mémoire. Alors je me suis posé la question, d’où vient cet argent.

Le journaliste lausannois avec qui je parle ne connait pas son sujet, ne sait pas qui sont ces Qataris qui ont acheté ce joyau. Il tombe littéralement des nues quand je lui parle de l’attitude ambiguë de ces gens du Golfe, peut-être parce que, fou de rage, je suis extrêmement virulent.

Car évidemment, la presse n’a rien dit là-dessus. On ne peut tout de même pas suggérer dans notre canton calme que des exportateurs de salafisme ont acheté et rénové un joyau de rococo!

Incompréhension à la direction du journal, déception quand je parle d’aveuglement. Cette presse aveugle qui depuis me boude et refuse de parler de mes romans. »Non, me dit-on, tout est prêt, réfléchi, c’est très bien comme çà. Du reste les Conseillers d’Etat ont bien analysé le projet, entendu les acheteurs, examiné le pédigrée des investisseurs. »

A cette époque, le grand ami du Président français Nicolas Sarkozy, inspirait la confiance. Un dirigeant humble.

Je n’ose pas croire que l’on puisse jouer pareillement un tel double jeu. Un ami avocat me dit que je peux tout dire, mais pas l’écrire. « A la limite si on the demande si tu as tenu de tels propos, tu t’offusque et tu nies, non, jamais au grand jamais. »

Il y a eu un entrefilet dans un média social, suite à certains commentaires que j’avais faits. « Malek est énervé, il n’a pas eu son fric. Donc il crache sur tous les Emirats.» Evidemment que c’est faux.

Quelques semaines plus tard, on apprenait que le Qatar ne tolérait aucun mouvement islamiste sur son territoire ni que ses citoyens financent le terrorisme. Je pense que nos très gentils journalistes suisses ne se sont déplacés au Qatar et aux Emirats que pour en admirer les prouesses architecturales, bâties par des esclaves. Par contre ils n’ont pas rencontré son éminence Abdel Rahman Oma al-Noueimy. Pourtant, celui-ci fait l’unanimité concernant ses liens avec le financement du djihad. Il a entre autre financé le groupe libanais Osbat al Ansar.

« Mais ça n’a rien à voir », rétorque le rédacteur adjoint du quotidien, « tout ce que vous prétendez est infondé, comme vos histories sur les pays du Golfe ». Je lui ai prouvé par A plus que Monsieur al-Noueimy était très proche du diwan de l’émir. Il ne m’a pas cru, puisque je ne pouvais pas produite le contrat ou le pacte signé par ce Monsieur avec l’émir.

Conscient de tous ces comportements, il me semblait que la Suisse devait revoir ses relations.

Naturellement tout ça n’était pas gratuit, la presse suisse me boycotte. La Suisse se place par la force des choses sous la dépendance des Qataris. Comme la France du reste qui reçoit tant d’aides, évidemment consenties à la suite de négociations politiques.