Franz Ferdinand, c’est bien sûr ce rythme fabuleux sur Take Me Out, leur premier tube, cette mélodie qui reste dans la tête et qui surtout, était l’annonciatrice d’un succès de longue durée. Franz Ferdinand, c’est ce nom original. Franz Ferdinand, c’est le charme du leader Alex Kapranos, l’intelligence des paroles, qui apportent souvent une réflexion philosophique ou politique lorsqu’on creuse un peu. C’est un style reconnaissable qui noie les frontières entre indie-rock, post-punk teinté de nuances pop et parfois disco. Ils sont ésormais considéré comme un poids lourd du rock britannique. Après 5 albums tous couronnés de succès – avec mention spéciale pour les deux premiers du groupe, Franz Ferdinand (2004) et You Could Have It So Much Better (2005), plus personne ne dément leur talent, soit en studio, soit sur scène.

Ils étaient présents hier soir au Tohu-Bohu Festival de Veyras, à côté de Sierre. On ne pouvait pas manquer l’occasion d’aller voir les Ecossais dans un cadre intimiste, devant 2’500 personnes tout juste, loin des grands festivals européens qu’ils ont souvent fréquentés. Petit festival au-dessus de Sierre, le Tohu-Bohu peut se targuer d’accueillir une certaine variété de style et d’artistes pendant trois soirs, le tout dans un cadre enchanteur : dans une petite clairière, entourée des montagnes, qui, ce soir-là, brillaient sous la pleine lune, une atmosphère un peu magique planait dans l’air. Après un concert intéressant des anglais de Tempes mais un peu plat, où la voix du chanteur se noyait trop souvent dans les synthétiseurs, le public a commencé à se rapprocher de la scène, guettant l’arrivée des écossais. A l’heure, Alex Kapranos et sa bande commence leur concert par un choix surprenant, Stand Up in The Horizon, avant de poursuivre sur Walk Away et Jacqueline, le moment où le public se réveillera et que le show des écossais commença vraiment.

Le leader, Alex Kapranos, apporte une certaine élégance au tout. Même lorsqu’il est en sueur sur la scène, lorsqu’il saute partout avec sa guitare dans la main, une classe naturelle s’échappe de ses mouvements. Son parcours atypique lui donne une nuance supplémentaire pour écrire sa musique : d’origine grecque, entre études avortées de théologie et de philosophie, son expérience de cuisinier dans un restaurant de Glasgow, il parle très bien le français et le russe. D’ailleurs, il n’hésite pas à s’adresser au public de Sierre dans la langue de Molière, avec un charmant accent, tout en parlant d’une petite ballade qu’il a effectué tout à l’heure dans les vignes. Cet amateur de gastronomie a également dégusté une raclette locale, documenté sur les réseaux sociaux. Rien d’étonnant alors qu’il tenait un blog culinaire pour The Guardian en 2005, lors de leur tournée mondiale. De ce blog est publié un livre, Sound Bites qui relate ses aventures gastronomiques autour du globe. Sur Twitter, il est plutôt actif, dénonçant le Brexit et Donald Trump. D’ailleurs, avant l’élection du Président américain, Franz Ferdinand lui a écrit une chanson sobrement titré Demagogue.