Un homme libre ne pense à aucune chose moins qu’à la mort, et sa sagesse est une méditation non de la mort mais de la vie…Spinoza

Bien sur, il y a les évènements qui peuvent déterminer notre destin. Mais surtout, nous même traçons et forgeons les grandes lignes de notre vie. La vie doit être une force active, libre, autonome, désirante, amoureuse, sage, poétique…

hédoniste…mais aussi sobre et silencieuse… une œuvre d’art. Notre vie doit aspirer à la joie, car la joie est un acte de volonté et de liberté. Sans la connaissance de soi, nous n’avons pas l’accès à la liberté, condition nécessaire pour parvenir à une attitude joyeuse et désirante, ouverte à l’autre, à la nature et au monde. La joie en général est un acte volontaire come le désir, car le désir n’est pas une pulsion, un acte instinctif.  Le désir est un acte de conscience, et avec le désir et la joie nous rentrons dans mouvement de création (des rapports humains, artistiques, activités…).

La vie est une succession d’instincts, et un mouvement pour aller vers un instinct suivant. L’instinct est une chaîne des causalités, des rencontres avec les autres, l’instinct est imprévisible (la mort, les cataclysmes, la maladie…mais aussi des rencontres heureuses, des découvertes…). Sans une construction éthique, et sans le choix de la liberté, nous ne pouvons pas mettre en œuvre et aspirer à une vie possible dans la joie. Car la joie de vivre et d’aller aussi vers l’autre. L’autre comme « mon accomplissement ». Le choix d’une vie joyeuse est un enjeux majeur de l’existence. La vie joyeuse est accomplir et choisir, éthiquement, le meilleur de la vie et des rapports avec l’autre (amitié, amour, créativité collective, action…). La vie comme une force, la vie comme une œuvre d’art dans la joie active, capable de créativité comme construction de soi, et capable de rechercher un bien pour donner à l’âme un bonheur capable de méditer sur sa propre vie, et sa relation à l’autre et à la nature des choses. Capable d’améliorer ses règles et chercher la « béatitude », car le bien supérieur est la connaissance des affectes et du monde. Nous devons savoir et connaître les concepts et nommer les affectes et les choses, c’est la condition pour comprendre qui nous sommes et pour communiquer avec l’autre (la culture et la nature…), et surtout transformer maintenant nos vies. Attitude pour comprendre et être conscient que le désir-mouvement est l’essence de l’espèce humaine. Pour définir, pratiquer et partager (pour soi-même et les autres). « Le bien d’une vie libre, désirante et joyeuse…», d’une vie où « le bien total et acceptable d’une existence autonome et libre…». Nous devons être capable de la décortiquer, de la définir, de la critiquer, de la connaître  et de la communiquer, et de la réaliser.

L’accomplissement de la joie doit être quotidien. Je veux, et nous voulons pratiquer la joie, créer une pratique et l’éthique d’une vie libre, car la vie est mouvement créateur. Il est de notre devoir de réaliser maintenant, hors des considérations pessimistes, idéologique, nihilistes, hors de ce monde en crise perpétuel et en alternance du cyber-spectacle de nos tristes sociétés, contre la botoxisation des cerveaux, la médiocrité du pouvoir, la planification du réseaux-monde, l’enseignement de l’ignorance, la domination des slow-mafias, contre l’aliénation et la colonisation totale de la marchandise-monde et contre le nouveau-totalitarisme du capitalisme financier.

Une vie joyeuse, immédiate, autonome, libre et désirante est nécessaire et fondamental pour la  survie des multitudes, de la communauté humaine. Nous pouvons changer nos vie mais commençons avec une conversion. Avec bien-sûr, un mouvement collectif, avec une autre manière de voir et de vivre, avec le contre-pouvoir et la désobéissance, avec la fin des l’hiérarchies, du commandement, avec la transformation des intelligences (artificielle, automatisation et virtuelle…) qui sont des instruments de domination et de profit, des projets de libération contre l’exploitation et le contrôle, les marchandises et le travail etc.

Aujourd’hui, « now », avec une action individuelle, nous pouvons faire une première étapes vers la liberté joyeuse et une vie autonome, car c’est possible. Nous devons faire une révolution de la pensée, se considérer comme une multitude, et avoir une conversion cognitive, philosophique. D’ores et déjà voir chez nous les choses que nous pouvons modifier, dépasser. Aller au-delà de notre « moi » et éviter de se prendre trop au sérieux. Il faut voir l’autre comme une richesse, changer notre manière de voir le monde avec une vision analogique et dans la complexité, sans perdre l’aspect critique, le retournement de nos habitudes et des nos caractères. Prendre le temps pour soi et les autres, et retrouver les temps des saisons, avec un nouveau langage, et une nouvelle manière de voir les choses. Dire que la vie est unique et étonnante, lire les classiques (grecs, latin, humanistes et autres, les pensées d’ailleurs, ou voir spiritualités et métaphasiques) pour reprendre la généalogie de la pensée antique, où tout ou presque a été  dit sur la nature humaine. Puis les contemporains : la lecture, la musique, revoir nos habitudes affectives, éloigner les pulsions de mort car nous sommes là pour vivre, et « non pour mourir ». Renverser la vision pessimiste de notre existence.

La vie doit être la construction de la joie et de la liberté avec l’autre. La joie est le miroir de la tristesse, qui représente symboliquement une pulsion de mort. La tristesse est comme dans la dépression , il y a une absence de volonté, de désir. Nous les subissons. La volonté et le désir de joie est une attitude assumée, construite avec un travail sur soi. La joie est une lucidité choisie par la multitude, par nous, et est « symboliquement » une pulsion de vie. Spinoza dirait que la volonté de joie est  « une mode actif de l’action de vivre », car la vie est un instinct en mouvement pour aller vers l’instinct suivant, vers un incognito. L’instinct est une chaine des casualités. La tristesse et /ou la dépression est « une mode passive de subir  l’existence » qu’accepte mal l’imprévisible et la casualité de la vie. Pour moi, qui n’aime pas ce monde qui détruit plus que ce qu’il ne crée, par force majeure, je m’étonne d’être souvent un pessimiste joyeux.