Un Festival international de film, c’est un peu comme une boîte de chocolat: on ne sait jamais sur quoi on va tomber.

En me rendant ce mardi après-midi à Fribourg pour mon premier film du festival, j’avais une agréable appréhension nichée dans le cœur. Lorsque que j’y repense, tous les films que j’ai pu voir dans le cadre de divers festivals m’ont laissé soit totalement ravie ou en larmes, soit je suis partie avant le générique final comme cet horrible film d’auteur géorgien dont je ne me rappelle ni du titre, ni du réalisateur, qui était tellement décousu que je n’avais toujours pas compris l’histoire après une heure de film. Et quand je me suis décidée pour cette comédie hollandaise « No Babies on The field » de Maurice Trouwboord, je me suis brusquement souvenue de mon expérience au Festival International du film de Rotterdam de 2015 avec un film qui m’a traumatisée du cinéma danois et du nordic walking pour au moins les dix prochaines années (« Speed Walking », de Niels Arden Oplev pour les amateurs de marche rapide sous fond d’années 70 et de relations amoureuses un poil glauques).

J’ai donc espéré que je ne serais pas dégoûtée d’une autre discipline sportive pour la prochaine décennie avec « No Babies on the Field » et j’ai pris place dans la salle 5 du cinéma Arena. On y découvre l’histoire d’une femme de 32 ans, Wyne, déprimée du fait que son ami la plante car elle ne veut pas avoir d’enfants. Puis, sa meilleure amie et colocataire lui annonce qu’elle va s’installer avec son copain. Donc que faire pour ne pas trop y penser ?

Notre Bridget Jones hollandaise décide de créer une équipe de football ! De rebondissements en défaites cuisantes en passant par quelques belles ‘’troisième mi-temps’’, Wyne se projette finalement dans le futur….

A la fin, on a beaucoup rit, on a presque laissé couler quelques larmes et on quitte la salle obscure en se questionnant sur le sens de l’oeuvre, qui est un vrai manifeste féministe aux Pays-Bas. Dans une société occidentale qui a encore du mal à permettre aux femmes de concilier carrière et vie familiale, le film est plutôt bienvenu et rafraîchissant, loin des éternels débats sur l’égalité homme-femme. On est vite plongé dans l’action et on pourrait souhaiter une plus longue mise en contexte, un développement du film moins rapide et plus approfondi: tout va un peu trop vite, ce qui laisse parfois peu de temps au spectateur de s’immerger dans les émotions des personnages. Néanmoins, c’est un pamphlet réussi pour l’indépendance et la liberté de choix des femmes. Les personnages, plutôt improbables (un backpacker qui donne des entraînements de foot en commençant par une séance de yoga, des parents coiffeurs qui sponsoriseront les maillots du club, la gardienne de l’équipe adepte de rock métal et de reptiles, pour ne citer qu’eux) sont aussi attachants que touchants. 

L’humour noir hollandais qui rythme le film fait mouche à chaque réplique.

« No Babies on the Field », c’est une petite bombe de bonne humeur, de liberté et de féminisme à savourer si possible avec vos meilleures copines. 

Il est encore à voir le samedi 19 mars à 19:30, à la salle Arena 6.