La RTS a offert ce matin un grand moment de vaccinolâtrie «scientifiquement prouvée» à ses auditeurs. Avec une Claire-Anne Siegrist (directrice du centre de vaccinologie des Hôpitaux universitaires genevois, ex-présidente de l’EKIF/CFV) et une Virginie Masserey (cheffe de la section vaccination à l’OFSP) en pleine forme.


«Faut-il vacciner un maximum d’enfants pour endiguer l’épidémie de grippe?», s’enquiert le journaliste.

Et Claire-Anne Siegrist de répondre qu’en effet, une telle mesure serait quand même sacrément souhaitable: «C’est une stratégie qui fonctionne, on le sait depuis très longtemps. On le voit chaque fois qu’on ferme les écoles, ça donne un coup de frein à l’épidémie de grippe», relève-t-elle. Avant de citer notamment une condition pour que ce soit faisable: avoir un vaccin nasal en spray… qui n’est pas disponible en Suisse. Piquer tous ces jeunes bras n’est pas une option, confirme Virgine Masserey, qui soupire déjà à l’idée de convaincre les innombrables parents réticents… Et par rapport au fameux spray, Claire-Anne Siegrist précise encore que c’est «un vaccin très efficace, qui est enregistré en Angleterre et aux Etats-Unis mais pas chez nous»

Dommage qu’elle ne précise pas pourquoi.

En 2011, MedImmune, le fabricant, n’annonçait-il pas qu’il envisageait de demander l’homologation de son spray nasal FluMist® auprès de Swissmedic? A l’occasion d’un grand coup de pub (pardon, d’un article), Claire-Anne Siegrist encensait d’ailleurs le produit: «Avant 5 ans, l’efficacité du spray se situe 80 et 90%, contre 50 à 60% pour le vaccin par injection», s’enthousiasmait-elle. Or, six ans plus tard, toujours pas de FluMist® dans les pharmacies helvétiques. Que s’est-il passé?

La faute à Swissmedic qui empêche systématiquement le progrès antigrippal d’atterrir chez nous? Gageons que cette réponse viendra à l’esprit de ceux qui ont trouvé convaincant le rapport de 2010 consacré à la gestion de la pandémie grippale en Suisse, commandé en son temps par les autorités de santé helvétiques. Ses auteurs (dont certains étaient payés par les fabricants de vaccins pandémiques) avaient notamment reproché à Swissmedic de ne pas avoir suivi l’EMA et d’avoir refusé d’autoriser Pandemrix® pour les enfants et les femmes enceintes. Une décision que les auteurs jugeaient incompréhensible à l’époque… Notons qu’aujourd’hui, il y a certainement quelques bambins en Suisse qui peuvent s’estimer heureux d’avoir échappé ainsi à la narcolepsie.

La réponse est sans doute ailleurs et elle est des plus embarrassantes. Différents éléments indiquent en effet que FluMist® est… inefficace.

Mais restons optimistes, Claire-Anne Siegrist nous montre la voie: en attendant le spray nasal, on peut toujours fermer les écoles. C’est qu’avec la grippe, on ne sait jamais… La RTS ne précise-t-elle pas aujourd’hui que c’est la «deuxième fois depuis le début de l’épidémie en décembre que le nombre de cas est en recul par rapport à la semaine précédente»?

Le texte original de ce complément d’enquête a été publié sur l’info-stream de l’agence Re-Check.