Libération vient de faire son « Grand angle », ce mercredi 14 mai 2014, sur « Les opérées de la testostérone », soulignant les émotions du monde de la bioéthique face aux nouvelles dispositions prises à l’encontre des sportives qui se voient obligées de subir différentes opérations et autant de traitements hormonaux pour demeurer dans la « norme » du sport. En effet, celui-ci ne conçoit que deux catégories de compétiteurs (« hommes » et « femmes »), alors que la biologie nous apprend que l’espèce humaine est faite d’irrégularités, tant sur le plan chromosomique que sur celui du fonctionnement de nos physiologies. De quoi relancer des débats vieux de plusieurs décennies, si ce n’est pas de plusieurs siècles.

Pour y voir plus clair remontons quelques années en arrière, très précisément le mercredi 19 août 2009. A cette date, à l’occasion des championnats du monde d’athlétisme de Berlin, la jeune athlète sud-africaine Caster Semenya accomplit un véritable exploit en remportant la finale du 800 mètres féminin en 1 minute 55 secondes et 45 dixièmes, avec une aisance impressionnante. Très vite, cette victoire va défrayer la chronique : non pas pour le rythme effréné imposé par Semenya, ni par l’écart chronométrique au précédent record mais parce que des doutes visuels sont immédiatement émis au sujet de son appartenance au genre féminin. Très rapidement, la légitimité de sa participation à la compétition est remise en cause. Semenya est jugée trop musclée, sans poitrine, trop « homme ». On lui reproche également d’avoir un bassin trop étroit et une pilosité anormalement abondante. Il ne fait pas de doute que c’est parce que Semenya ne correspond pas aux critères traditionnels normatifs de la féminité qu’elle est soupçonnée. Les sportives doivent être imberbes, minces, fines, gracieuses dans leurs efforts comme dans leur tenue.

Dès lors, pour essayer d’éclaircir l’une des « affaires » les plus sulfureuses du sport contemporain, nous avons sollicité un long entretien auprès d’Anaïs Bohuon, historienne et sociologue, spécialiste de la pratique sportive féminine à travers l’histoire et tout particulièrement des tests de féminité, comme en témoigne son dernier ouvrage sur la question : Le test de féminité dans les compétitions sportives, paru il y a quelques mois.

 

 

Grégory Quin : Le cas de Caster Semenya est-il unique ?

Anaïs Bohuon : Non, il ne l’est pas, simplement après quelques années de suspension des tests de féminité, ces interrogations avaient disparu de l’avant-scène médiatique. Cependant, le cas « Caster Semenya » souligne que c’est plutôt la situation des athlètes féminines qui est « unique », en tout cas fondamentalement opposée à celle des athlètes masculins.

En effet, dans ces mêmes championnats du monde d’athlétisme de 2009, un autre exploit est accompli par un athlète masculin : le sprinter jamaïquain Usain Bolt. Sur la piste berlinoise, ce dernier établit un nouveau record du monde encore plus stupéfiant : 9 secondes 58 sur 100 mètres. Il pulvérise, lui aussi, son record mais les réactions sont d’un tout autre registre. Admiration sans nom et qualificatifs hagiographiques envahissent la presse. Et, si certains évoquent implicitement le dopage pour commenter l’incroyable performance d’Usain Bolt, Caster Semenya, elle, n’a pas eu ce « privilège ». C’est son identité sexuée qui est remise en cause. La question est alors : pourquoi ne seraient-ils pas l’un comme l’autre simplement soumis à un contrôle de dopage ? en tout cas, soumis aux mêmes suspicions ?

 

GQ : Oui, pourquoi ne sont-ils pas simplement, tous les deux, testés sur le plan du dopage ?

AB : Le monde du sport, qualifié par les sociologues Elias et Dunning de « fief de la virilité », s’interroge encore sur l’identité sexuée et la légitimité des sportives alors qu’en ce qui concerne les hommes, la pratique sportive vient confirmer leur identité sexuée, toute entière faite de muscles et de puissance corporelle. En investissant ces bastions masculins, les athlètes sportives ont suscité et continuent de susciter des interrogations qui prennent toutes pour point de départ leur morphologie ou leurs records, considérés trop masculins. C’est pourquoi les fameux tests de féminité, auxquels Caster Semenya a du se soumettre, sont aujourd’hui à nouveau d’actualité dans le monde du sport.

 

GQ : Vous parlez de tests de féminité, mais en quoi consistent exactement ces tests ? Comment peut-on « tester » la féminité d’un individu ?

AB : Le premier test, mis en place lors des championnats d’Europe d’athlétisme à Budapest de 1966 et imposé à toutes les concurrentes, est un contrôle gynécologique et morphologique (dynamomètre et spiromètre à la clé) où le sexe apparent (anatomique, visible) mais aussi la force musculaire et la capacité respiratoire, qui doivent rester en deçà des capacités – estimées – masculines, sont pris en compte. Jugé trop humiliant par les sportives, ce contrôle est remplacé en 1968 par le test du corpuscule de Barr. Il s’agit alors, par un prélèvement de muqueuse buccale, de révéler la présence d’un deuxième chromosome X (distinguant les hommes et les femmes). La fiabilité de ce test ayant été remise en cause, le test PCR/SRY, cherchant cette fois à établir la présence ou l’absence d’un chromosome Y, est instauré en 1992 par la fédération internationale d’athlétisme.

Ces changements dans les critères du test de féminité (les organes génitaux, la présence d’un deuxième chromosome X puis celle du chromosome Y) montrent les multiples dimensions du sexe biologique et la difficulté à déterminer le « vrai » sexe d’une personne, dans un débat qui dépasse largement le monde du sport et interroge notre société toute entière. Cette difficulté se transforme en impossibilité lorsque les personnes se révèlent être « intersexes » [1] et donc inclassables en tant que mâles ou femelles. Plus encore, nombre de recherches ont souligné l’impossibilité de déterminer de façon certaine le sexe biologique de tous les individus, qu’ils soient intersexes ou non. Le sexe génétique (XX ou XY), le sexe gonadal (ovaires et testicules), le sexe apparent mais également le sexe social et psychologique, comme pour le cas des personnes trans, doivent être précisés, voire dissociés puisqu’un seul critère ne suffit pas à définir la catégorie d’appartenance de sexe.

 

GQ : Ce que vous dites c’est qu’en fait, il n’existe pas clairement deux catégories « Hommes » et « Femmes » côte à côte ?

AB : Exactement ! Et il est évident, qu’au-delà du sport, tout ceci bouleverse la représentation d’une construction binaire entre le sexe masculin et le sexe féminin. Cette question n’est pas propre au monde du sport comme je le disais précédemment, mais elle y est particulièrement évidente en raison de son histoire et de sa culture. Tout d’abord, la corporalité est omniprésente et la performance corporelle valorisée avant tout. Concernant les pratiques physiques et sportives, les jugements se fondent sur l’articulation de la « matérialité » du corps et des attributs sociaux : ainsi, le fait d’être « garçon manqué » ou d’être considérée comme masculine a pu freiner l’accession des femmes à de nombreuses disciplines sportives. Par ailleurs, ce critère a contribué et contribue encore à l’exclusion officielle des femmes de certains sports. Par exemple, le décathlon leur est toujours interdit et elles n’ont officiellement accès à la perche que depuis les Jeux olympiques de Sydney en 2000 ou au 3000 mètres steeple depuis 2008. Enfin, à quelques exceptions près, comme la voile ou l’équitation, le sport reste un domaine où la mixité n’existe pas.

 

GQ : Avec un brin de mauvaise foi, nous pourrions dire que les inégalités présentes dans la société sont en fait encore plus visibles dans le champ sportif !

AB : Le sport rend visible oui, mais les inégalités sont encore très présentes aussi en dehors du sport ! Il est difficile de penser le sport et la société séparément, et surtout le sport ne peut être considéré comme un simple miroir.

De manière plus générale, la polémique au sujet de Semenya pose la question de l’égalité. Par nature, le sport se définit par la règle et le respect de celle-ci. Or, l’une des premières règles constitutives du sport est la catégorisation : de poids, d’âge, d’handicaps et… même si c’est moins évident de la mettre sur le même plan de sexe. Cette règle doit faire concourir tous les athlètes à « armes égales ». Mais la véritable question se pose en réalité en ces termes : comment légiférer sur un critère si subjectif que l’avantage physique ? Le sport est par essence générateur et révélateur d’inégalités : de talents, de capacités physiques, morphologiques etc. Quels sont les critères objectifs qui remettent en cause la victoire de Semenya et plus encore qu’est-ce qu’une « vraie femme » autorisée à concourir au sein des compétitions féminines internationales?

A la suite des soupçons émis quant à son identité sexuée, Semenya passe alors en 2009 des tests hormonaux et biologiques avant d’être finalement suspendue de compétition jusqu’à ce qu’une commission d’experts statue sur son cas. Les résultats des tests ont, semble-t-il, indiqué qu’elle présenterait un « syndrome d’hyperandrogénisme féminin » (une production d’androgènes « anormalement » supérieure à la moyenne des femmes), censé lui procurer un avantage sur les concurrentes de « son » sexe.

 

GQ : Si je vous comprends bien, Caster Semenya produit plus de testostérone que la moyenne des femmes ? La testostérone faisant partie de la liste des produits dopants interdits cela pose une problème, mais ne sommes-nous pas alors sur le plan du dopage et non pas de la féminité ? En plus, comment considérer la production « naturelle » de testostérone, fut-elle « anormale » ?


AB : Après avoir rassemblé un panel d’experts médicaux qui ont émis de nouvelles réglementations, la Fédération Internationale d’Athlétisme (IAAF) a tranché en avril 2011 : pour réintégrer la compétition, Semenya devra désormais se soumettre à des régulations hormonales afin de modifier sa production « naturelle » d’androgènes, dont elle doit réduire artificiellement les taux.

En septembre 2011, lors des championnats du monde d’athlétisme en Corée, Caster Semenya est donc revenue à la compétition, mais la donne a changé. Pour son retour, Semenya a les cheveux longs, ce que les commentateurs sportifs n’ont pas manqué de le souligner (sic !).
Après avoir gagné très facilement sa demi-finale, elle termine seconde en finale et obtient une belle médaille d’argent …. mais les spectateurs et connaisseurs de ce type de courses ne peuvent pas s’empêcher d’émettre un doute quant à la façon dont elle a été doublée, juste sur la ligne d’arrivée. N’a-t-elle pas préféré obtenir cette seconde place afin d’éviter de revivre le cauchemar de Berlin ? Son sourire, son immense joie, voire son soulagement, exprimés suite à la course qu’elle vient de perdre peuvent laissent sceptique.

 

GQ : Vous parlez de contrôles du taux de testostérone (endogène) de Semenya, existe-t-il des dispositions identiques pour des athlètes masculins ? Après tout, il est possible d’imaginer que tous les hommes ne produisent pas autant de testostérone.

AB : Les nouvelles réglementations sont soi-disant mises en place afin de « respecter l’essence même de la classification hommes/femmes tout en garantissant l’équité et l’intégrité des compétitions féminines pour toutes les athlètes féminines ».
Or, si l’on suit la logique du processus de catégorisation dans le sport, afin de réguler les « avantages » et sous prétexte d’égalité, pourquoi ne pas exiger que tous les concurrents prennent le même repas, à la même heure, qu’ils soient « génétiquement identiques », qu’ils aient le même entraîneur, les mêmes moyens, la même taille, les mêmes équipements, la même masse musculaire, etc. ? Ces considérations peuvent être sans fin. Etre parfaitement égaux dans les starting-blocks est un projet impossible. Un avantage génétique doit-il empêcher de participer aux épreuves ? Comment doivent être alors appréhendés les pieds immenses du nageur exceptionnel Mickael Phelps ainsi que sa faible production d’acide lactique qui lui confèrent des avantages indéniables sur les autres nageurs ?

De même, dans le cas des athlètes féminines qui produisent plus de testostérone que la moyenne et qui bénéficient alors d’un avantage physique, « la prétendue inégalité » n’est-elle pas également naturelle ? Par exemple, combien d’athlètes d’exception ont un cœur qui bat naturellement moins vite? Il existe en effet des avantages/désavantages innés qui se retrouvent alors inéluctablement au sein d’une même catégorie… Comme dans le cas de ce cœur qui bat moins vite, la forte production de testostérone de Semenya est endogène. Est-il donc légitime de pénaliser une différence « naturelle », génétique et pas l’autre ?
Toutes ces questions sont dérangeantes car aujourd’hui elles perturbent la conception de la compétition sportive qui se caractérise par des groupes bien définis et supposés homogènes. Elles permettent aussi d’interroger la notion d’équité entre athlètes : pourquoi la testostérone serait-elle plus coupable que des fibres musculaires exceptionnelles par exemple? L’égalité génétique n’existe pas, pas même entre athlètes du même sexe.

 

GQ : Vous parlez beaucoup d’égalité, mais le monde du sport ne repose-t-il pas précisément sur une véritable égalité entre les participantes et les participants ?

AB : La prétendue égalité dans le monde du sport ne peut être qu’illusoire. Le sport de compétition correspond aussi dans son fondement même à une incessante recherche d’un dépassement de soi et des autres.
En définitive, Semenya transgresse la bicatégorisation sexuée en franchissant « naturellement » la limite des sexes définie par un écart tolérable ou non à la moyenne de production normale d’androgènes. Aussi, selon les instances dirigeantes sportives, pour que cette moyenne normative soit confirmée, « l’anomalie » que constitue la rareté (pourquoi pas l’exceptionnel ?), doit disparaître. En ce qui concerne Semenya, le taux de testostérone que produit « naturellement » son corps doit être modifié.

 

GQ : La réglementation a-t-elle changé après 2009 ?

AB : Pour les jeux Olympiques de Londres, qui se sont déroulés du 27 juillet au 12 août 2012, la commission exécutive du Comité International Olympique (CIO) a prévu une nouvelle réglementation. Elle définit les conditions d’admissibilité des athlètes féminines présentant une hyperandrogénie (production excessive d’hormones androgènes, en particulier la testostérone). Ce nouveau règlement a, en  premier lieu comme nous venons de le voir, été mis en place par l’IAAF en mai 2011 et appliqué lors des championnats du monde d’athlétisme d’Athènes en septembre 2011.

Ainsi, selon l’un des premiers principes de cette nouvelle réglementation, une personne reconnue en droit comme étant de sexe féminin devrait être habilitée à concourir dans des compétitions féminines pour autant que ses niveaux d’androgènes soient inférieurs aux valeurs enregistrées chez les hommes ou, s’ils se situent dans la fourchette en question, que sa résistance aux androgènes soit telle qu’elle n’en retire aucun avantage pour la compétition.

Toute athlète qui ne serait pas autorisée à concourir devra être informée des conditions à remplir pour être à nouveau admissible. Celles qui ne parviendraient pas à se conformer à l’un des éléments de la procédure ou refuseraient de s’y soumettre ne seront pas admises à participer.

Ce même texte précise enfin que les nouvelles dispositions visent à respecter l’esprit de la classification hommes/femmes tout en garantissant l’équité et l’intégrité des compétitions féminines. Ce règlement viserait également à empêcher les hommes de participer aux compétitions féminines, bien que cette situation ne se soit jamais réellement présentée dans l’histoire du sport. Autrement dit, encore au XXIe siècle, l’activité physique et sportive des femmes ne doit toujours pas venir brouiller la stricte séparation des sexes par les performances, les records et les morphologies.

 

GQ : Finalement, rien n’a changé alors ?

Non en effet, rien n’a véritablement changé ! Une nouvelle fois, les sportives sont sommées de faire la preuve de leur « sexe » pour pouvoir être inscrites aux Jeux olympiques. L’idée selon laquelle le sexe est une propriété corporelle différentielle qui procurerait aux hommes un avantage physique sur les femmes explique qu’il soit érigé en premier facteur de classification, dans la quasi-totalité des disciplines sportives. Donné de nature, le sexe constituerait à la fois un marqueur de catégorie et un attribut ou une qualité innés, immuables. Une des fonctions qui lui est liée, et qui justifie la séparation des athlètes en catégories « Hommes » et « Dames », voire l’exclusion de certaines sportives, est la production d’hormones sexuelles et plus précisément, des hormones androgènes, en raison des avantages qu’elles confèreraient en termes de supériorité physique, de pugnacité, d’agressivité.

Or, la testostérone est l’un des marqueurs les plus insaisissables que les autorités sportives aient choisi jusqu’alors. Les taux moyens de testostérone sont certes nettement différents chez l’homme et la femme. Cependant, d’une part, ces taux varient largement selon les jours, la période de la vie, le statut social et, surtout, selon l’intensité de la pratique sportive de chacun(e). D’autre part, notons que parfois la différence entre les taux de testostérone est plus importante entre deux hommes qu’entre un homme et une femme. Cette hormone n’est d’ailleurs pas la « molécule maîtresse » de l’athlétisme. En atteste le fait que les femmes dont les tissus ne répondent pas à la testostérone sont actuellement sur-représentées chez les athlètes de haut niveau. Pourquoi ne pas cesser d’encadrer les performances physiques des athlètes féminines par tout un arsenal de règles et de réglementations, et pourquoi ne pas préférer les célébrer ?

La prise exogène de testostérone par les athlètes menace certes l’équité que les instances sportives jugent essentielle à la logique de la compétition, cependant, les athlètes intersexes, mais également non-intersexes, peuvent parfois produire plus de testostérone que la moyenne et bénéficier, en conséquence, d’une supériorité physique. Mais cette « inégalité » n’est-elle pas aussi « naturelle », par exemple, que le rythme cardiaque plus lent de bien des athlètes d’exception ? Il existe en effet des avantages/désavantages innés que le classement par sexe, par taille, par âge, etc. ne suffit pas à niveler. La production de testostérone des athlètes intersexes est endogène et, à cet égard, c’est un atout comparable à celui qu’offre un cœur qui bat lentement.

 

GQ : Comment envisager alors l’avenir du sport ? Faut-il en changer les catégories ?

AB : Aujourd’hui, tous les records (olympiques, mondiaux) sont le fait d’hommes. Les femmes sont historiquement confrontées à de très nombreuses résistances culturelles et à une difficile accession aux pratiques sportives, ce qui explique les écarts de temps, de distance ou de poids en termes de records.

En outre, ce qui fait vibrer les spectateurs et ce qui fonde l’intérêt des compétitions sportives, c’est l’incertitude du résultat, donc il est clair qu’à l’heure actuelle, compte tenu aussi des enjeux économiques importants, la catégorisation sexuée dans le sport de niveau ne peut être simplement abolie. Et d’ailleurs, la question n’est pas là, y compris dans le cas de Caster Semenya. Elle n’a jamais demandé à concourir chez les hommes, elle souhaite juste concourir dans la catégorie de son sexe « de naissance », à savoir la catégorie « femme », et son record est d’ailleurs très éloigné des performances masculines, de plus de 15 secondes ! La menace pour les hommes est donc difficilement justifiable.

Pour finir, en revanche, au niveau amateur et dès que les enfants mettent leur corps en mouvement, il serait important de penser la mixité et de mieux apprendre le « jouer ensemble » plutôt que le « jouer séparé » ou le « jouer contre », ce qui permettrait aux filles et aux femmes de rattraper grandement leur retard.

 

 

Notes :

[1] Selon la définition qu’en donne l’Organisation internationale des intersexes l’intersexuation se rapporte « à une gamme de conditions médicales où il y a discordance entre le sexe génétique d’un enfant (les chromosomes) et son sexe phénotypique (l’apparence des organes génitaux) ou à toute autre condition qui s’écarte des normes établies différenciant le masculin du féminin. Environ un enfant sur deux mille est visiblement intersexué à la naissance, tandis que d’autres cas ne sont dépistés que plus tard ou jamais ».

Références :

Vous retrouverez l’ensemble des analyses d’Anaïs Bohuon dans son ouvrage Le Test de féminité dans les compétitions sportives, paru aux éditions Ixe.