Les premières victimes de ce conflit en Ukraine, des deux côtés (mais surtout à l’Est de l’Ukraine, dans les républiques populaires de Donetsk et de Louhansk assiégées et bombardées par l’armée ukrainienne depuis avril 2014), sont les civils. Cette analyse n’a pas pour but de donner raison à l’une des parties au détriment de l’autre, ni de dire si oui ou non il y a des « chars russes » en Ukraine (sous-entendu: qui proviennent directement de l’armée russe, de Russie). Mais d’attirer l’attention sur un des courants de propagande qui a cours, celui qui nous touche de plus près. Celui qui nous appelle à la guerre (oui, jusqu’ici) en tentant de nous dessiner la forme de l’ennemi idéal, à tout prix, de manière répétitive, à satiété, sans même plus prendre la peine de justifier, d’étayer, de prouver. C’est très inquiétant.

Une dépêche faussement signée ATS (Agence télégraphique suisse) a été diffusée le 19 janvier 2015 par le truchement de Newsnet (plateforme d’actualités en ligne commune des quotidiens 24 heures, Basler Zeitung, Berner Zeitung, Der Bund, Le Matin, Tages-Anzeiger et Tribune de Genève), intitulée « Regain de violence et chars russes aperçus à Donetsk ». Exemple dans le quotidien 24 heures:

 

Un intertitre dans le corps de la dépêche était même intitulé: « Renfort de 700 chars russes »:

Problème.

Nulle part dans l’article il n’est plus fait mention de « chars russes », à l’exception notable de l’intertitre « Renfort de 700 chars russes », qu’un lecteur du journal Le Matin avait aussi remarqué, le 19 janvier au soir: