Elle s’appelait Sarah par Tatiana de Rosnay (Sarah’s key)

Bouleversant. Tatiana de Rosnay nous montre avec émotion les réactions différentes des voisins de la famille de Sarah lors de leur arrestation pour les conduire au Vel d’Hiv. La concierge qui manifeste sa haine raciste et que si elle avait été un homme on l’eût qualifiée d’ «infâme salaud» (inglorious bastard en anglais). Le professeur de musique qui s’insurge contre cette arrestation injuste et ne peut s’empêcher de crier «que faites-vous» , «où les emmenez-vous» et puis «mais vous ne pouvez pas faire ça» , «ce sont des honnêtes gens, des gens bien» avant d’exprimer toute sa détresse en laissant couler une grosse larme sur son visage. Sans oublier cette majorité silencieuse qui a peur et qui se tait.

En évoquant ces enfants affamés, «la fillette se demanda : ces policiers . . . N’avaient-ils pas de famille? Pas d’enfants? Des enfants qu’ils retrouvaient le soir à la maison? Comment pouvaient-ils les traiter de la sorte! Agissaient-ils sur ordre ou était-ce chez eux quelque chose de naturel? Etaient-ils des machines ou des êtres humains?» (page 122)

Comment ne pas s’insurger aussi devant l’attitude de Bernard, mari de Julia Jarmond, qui pose un ultimatum à sa femme exigeant qu’elle avorte en menaçant de rompre leur liaison? Alors que Julia est toute heureuse d’être enceinte et est confrontée au crétinisme sans limite de son époux. L’auteure partage avec le lecteur l’envie de dire à son héroïne «mais enfin largue-le, qu’est-ce que tu attends!» .

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« Le présent est toujours le sésame du passé, le passé résonne dans le présent, le présent révèle le secret » (interview de Tatiana de Rosnay in Elle s’appelait Sarah, Livre de poche page 406)

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