Le monde n’est pas une marchandise de José Bové et François Dufour

Sous-titré Des paysans contre la malbouffe, José Bové et François Dufour nous aident à comprendre, tout au long de leur livre, comment on en est arrivé là et par quels mécanismes on passe de l’autosuffisance alimentaire à la malbouffe.

José Bové est éleveur de brebis sur le Larzac, a été incarcéré suite à la destruction d’un Mac Donald’s à Millau (un MacDo ça ne se détruit pas, ça se met dans le formol ! 🙂 et reste toujours un pionnier de la conscientisation mondiale toujours croissante. François Dufour est porte-parole de la Confédération paysanne, a rompu et invite à rompre avec le productivisme à outrance défendue par la dictature technocratique européenne (cette Europe-là ou Europe

de merde ; comme on dit malbouffe ou bouffe de merde) responsable de la désertification des sols, du caractère inondable de certaines régions, de la faillite de très nombreux paysans, de légumes sans goût et immangeables sans oublier la propagation de maladies comme celles de la vache folle ou de la grippe aviaire.

Certains diront que tout n’est pas correct dans ce livre comme ce passage où on cite «des vaches nourries au mouton et aux résidus de fosses sceptiques» (page 111). Car il s’agit de résidus de fosses sceptiques lyophilisés. Pas pareil. Ca ne se mange pas des résidus de fosses sceptiques. Mais lyophilisés, bien. Bon appétit. Je parie qu’on va même essayer de vous faire croire que c’est bon pour la santé !

Bové et Dufour nous rappellent que certaines hormones de synthèse utilisés dans la filière bovine sont cancérigènes (page 114), celles-là mêmes que l’Union Européenne a interdites un moment et s’apprête à faire revenir par le biais d’importations américaines (Etats-Unis, Canada, Argentine,…) liées au traité de libre-échange CETA. Ceux qui trafiquent des produits

dangereux devront être jugés pour empoisonnement volontaire et les sociétés secrètes qui arrosent politiciens et juges, qu’ils soient francs-connards

de Maçons ou Illuminés (de Bavière ou d’ailleurs) jugés pour crimes contre l’humanité (Nuremberg 2) , application du plan Kalergi d’extinction lente de la race blanche et génocide.

Les Organismes Génétiquement Modifiés (pages 122-123) ou OGM sont également source d’empoisonnement lorsque la modification génétique concerne la fabrication de pesticide par la plante elle-même, ce qui fait qu’un insecte qui essaierait de manger la plante meurt sur-lechamps.

De telles plantes doivent être soumises à la commission qui évalue la toxicité des

produits chimiques. Ce sont les pressions des groupes agro-alimentaires qui a évité dans de nombreux pays le classement de ces plantes artificielles en catégorie «produit phytosanitaire». Là aussi les mafias des groupes agro-alimentaires ainsi que les sociétés secrètes qui leur servent de relais devront être jugés pour empoisonnement volontaire.

Editions La Découverte, Paris, 2000

La petite fille aux yeux sombres de Marcel Pagnol

Premier ouvrage de Marcel Pagnol et c’est déjà un chef-d’oeuvre. L’amour résiste au temps, c’est évident. L’auteur se pose néanmoins la question de savoir si un amour de jeunesse, avec toute sa beauté mais aussi toute sa fragilité, résiste de la même manière.

Le roman est autobiographique et la fin de l’histoire est toute personnelle et donc non générale. La plume de Marcel Pagnol est virevoltante et par la magie de la fiction nous fait revivre l’époque de nos premiers émois amoureux, par personnages interposés, où bien sûr nous ne nous souvenons que des meilleurs moments.

Et pour guise de conclusion, il transporte l’histoire de ous les héros et héroïne neuf ans plus tard pour nous amener à philosopher sur le temps qui passe. Je ne vous dirai pas la fin de l’histoire, je vous invite à la lire.

Et si c’était vrai de Marc Lévy

On dit toujours qu’on juge les grands écrivains à leur première oeuvre. Ici, dans ce qui apparaît comme une comédie guillerette, qui sent bon la joie de vivre, Marc Lévy nous entraîne sur les chemins plus escarpés de la tragédie et du traumatisme d’un enfant qui voit sa mère le quitter et rejoindre les cieux. Mais ce ressenti brutal nous amène des passages de toute beauté, comme cette lettre posthume d’une mère disparue à son jeune fils :

(…) Mon Arthur, ceci est ma dernière lettre et c’est aussi mon testament d’amour.

Mon âme s’envole portée par tout le bonheur que tu m’as donné. La vie est merveilleuse, Arthur, c’est lorsqu’elle se retire sur la pointe des pieds que l’on s’en aperçoit, mais la vie se goûte à l’appétit de tous les jours.

A certains moments, elle nous fait douter de tout, ne baisse jamais les bras, mon coeur. Depuis le jour où tu es né, j’ai vu cette lumière dans tes yeux, qui fait de toi un petit garçon si différent des autres. Je t’ai vu tomber et te relever en serrant les dents, là où tout enfant aurait pleuré. Ce courage, c’est ta force mais aussi ta faiblesse. Prends garde à cela, les émotions sont faites pour être partagées, la force et le courage sont comme deux bâtons qui peuvent se retourner contre celui qui les utilise mal. Les hommes aussi ont le droit de pleurer, Arthur, les hommes aussi connaissent le chagrin. A partir de maintenant, je ne serai plus là pour répondre à tes questions d’enfant, c’est parce que le moment est venu pour toi de devenir un petit homme. Dans ce long périple qui t’attend ne perd jamais de ton âme d’enfant, n’oublie jamais tes rêves, ils seront le moteur de ton existence, ils formeront le goût et l’odeur de tes matins.

Bientôt tu connaîtras une autre forme d’amour que celui que tu me portes, ce jour venu, partage-le avec celle qui t’aimera; les rêves vécus à deux forment les souvenirs les plus  beaux. La solitude est un jardin où l’âme se dessèche, les fleurs qui y poussent n’ont pas de parfum.

L’amour a un goût merveilleux, souviens-toi qu’il faut donner pour recevoir ; souviens-toi qu’il faut être soi-même pour pouvoir aimer. Mon grand, fie-toi à ton instinct, sois fidèle à ta conscience et à tes émotions, vis ta vie, tu n’en as qu’une. Tu es désormais responsable de toi-même et de ceux que tu aimeras. Sois digne, aime, ne perds pas ce regard qui nous unissait tant lorsque nous partagions l’aube. Souviens-toi des heures que nous avons passées à tailler les rosiers ensemble, à scruter la lune, à apprendre le parfum des fleurs, à écouter les bruits de la maison pour les comprendre. Ce sont là des choses bien simples, parfois désuètes, mais ne laisse pas les gens aigris, ou blasés dénaturer ces instants magiques pour celui qui

sait les vivre. Ces moments-là portent un nom, Arthur, l’ «émerveillement» , et il ne tient qu’à toi que ta vie soit un émerveillement. C’est la plus grande saveur de ce long voyage qui t’attend.

Mon petit homme, je te laisse, accroche-toi à cette terre qui est si belle. Je t’aime mon grand, tu as été ma raison de vivre, je sais aussi combien tu m’aimes, je pars l’esprit tranquille, je suis fière de toi.

Ta maman.

(Presses Pocket pages 156-157)

Pour un roman qui est drôle et beau comme la vie, un thème difficile comme l’euthanasie est néanmoins abordé, avec bien sûr cette préférence pour la vie.

Commentaire

L’auteur nous dit que «nous n’avons qu’une vie» . En réalité, non seulement nous n’en savons rien, mais en plus la question est totalement indécidable. Cela ne change rien à la beauté du texte. Il aurait dit «nous n’en avons peut-être qu’une» , le texte aurait gardé sa beauté.

Seulement si tu en as envie de Bruno Combes

Quand Stephen, bouquiniste sur les quais de Seine envoie par fax le message suivant «Dites-lui qu’elle me contacte, seulement si elle en a envie» (page 94) à Camille, avocate d’affaires, il ne se doute pas que ce message anodin va réveiller une passion vieille de vingt-sept ans.

Bruno Combes décrit ce qu’il appelle «une séparation incompréhensible» , si ce n’est par l’alcool et le besoin de plaire aux copines. Il décrit aussi la routine de certains milieux bourgeois parisiens et dans une certaine mesure l’ennui et les obligations. Ainsi que des moments de pure tendresse notamment envers celle qu’il appelle «la petite mère».

Dans le langage des chercheurs d’or, on peut dire que ce livre est une véritable pépite. Un vrai moment de bonheur que l’on passe à suivre les traces des deux personnages principaux, de leurs premiers émois amoureux jusqu’à leur amour impossible, Camille étant mariée avec enfants et ne désirant pas faire exploser sa famille pour une passion de jeunesse. Un final émouvant avec une très belle déclaration d’amour. Mais pour savoir comment ça finit, il faudra lire le livre.

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