Vieillissante pour certains, pas haut niveau pour d’autres, la Squadra Azzura a essuyé beaucoup de critiques et suscité pas mal d’interrogations avant même le début de la compétition. Oui mais voilà, c’est précisément quand personne ne l’attend que la Squadra Azzura est la plus imprévisible.

Pessimisme ambiant

«Génération moyenne», «nombreux absents», «sans certitude». Depuis quelques temps déjà, la presse du monde entier s’en donne à cœur joie. Leur cible préférée ? La sélection italienne. Mais pourquoi diantre, un tel vent de pessimisme plane-t-il autour de la Nazionale ?

Les raisons apparaissent nombreuses selon les journalistes avec, en premier lieu, les blessures de deux joueurs clés. Opéré d’une pubalgie le 16 mai, Marco Verratti (23 ans) regardera l’Euro depuis son canapé. L’absence de l’infatigable milieu de terrain du PSG est pour beaucoup un énorme coup dur pour la Squadra Azzura. Son compatriote, Claudio Marchisio (30 ans), a également dû renoncer suite à une rupture des ligaments croisés. Là encore, les nouvelles sont peu rassurantes et l’affolement commence à gagner les supporters de la péninsule italienne. Pour couronner le tout, Montolivo (31 ans) sera aussi absent de l’entrejeu italien, suite à un mollet pas assez rétabli.

Le but d’Eder qui donne la victoire face à la Suède

Après l’hécatombe, c’est au tour de la fameuse liste de Conte de faire parler d’elle. L’un des absents qui fait le plus débat, c’est évidemment le maître du jeu. Andrea Pirlo (37 ans) ne participera pas à l’Euro, pour le plus grand malheur des aficionados de la passe laser. Selon toute vraisemblance, le « chirurgien » de la Nazionale ne portera plus le maillot bleu durant une grande compétition. Celle-ci, aurait pu être sa dernière. Éternel espoir du football italien, Mario Balotelli (25 ans) n’apparaît pas non plus sur la liste de Conte, tout comme le feu-follet Giovinco (29 ans) ou encore l’immense Francesco Totti (39 ans). Des noms plutôt ronflants, absents des débats et qui n’incite guère les analystes du football à l’optimisme.

Conte de fées

Pour remédier à ce spleen, il fallait un coup de génie. Il a pour nom Antonio Conte. Face à la dépression environnante, le futur coach de Chelsea a rassuré tout son monde en alignant une équipe très bien équilibrée, qui n’a fait qu’une bouchée de la Belgique (2-0). Le secret d’une telle victoire réside en un mot : « organisation ». Parfaitement mise au point, la tactique du coach italien a fonctionné à la perfection. Calquée sur le modèle « made in Juventus », l’Italie s’est appuyée sur une défense impeccable (Barzagli-Bonucci-Chiellini) pour remporter ce match d’une très haute intensité.

«C’est l’art de Conte d’avoir fait confiance et de bien faire jouer ensemble des joueurs d’équipes considérées par le grand public comme pas très grandes.» Gennaro Gattuso

Conscient des absences de son équipe et des lacunes que cela pouvait engendrer, Conte a choisi méthodiquement ses joueurs et n’avait plus qu’à distribuer les rôles. Devant cette défense de choc, un ensemble de cinq joueurs a travaillé sur toute la largeur et ainsi, cadenassé tout le milieu de terrain. Décisifs sur leur côté respectif, Darmian et Candreva ont parfaitement suivi les consignes du coach. Devant, les Italiens se sont montrés patients avant d’inscrire deux buts magistralement orchestrés.


Première de son groupe avec 2 victoires en 2 matchs, l’Italie est déjà qualifiée pour la suite de l’Euro 2016

Un candidat plus que crédible

Après avoir disposé de la Belgique d’Eden Hazard et fait taire quelques bouches, l’Italie peut légitimement se prendre à rêver. Pays hôte et grand favori, la France n’a montré aucune garantie dans le jeu. Idem pour les autres prétendants que sont l’Allemagne et l’Espagne, qui débutent cette compétition de manière bien timide. Ce n’est pas un hasard si l’Italie commence fort cet Euro car c’est justement quand on l’attend le moins, que la Squadra Azzura se délecte de nous prouver le contraire.

«Je suis convaincu que l’Italie va faire un grand Euro. On peut voir un esprit d’équipe comme celui que nous avons à Leicester. C’est une vraie équipe qui se battra jusqu’au bout.» Claudio Ranieri

Solide derrière, efficace devant, la bande à Conte a fait le plein de confiance. Ce n’est certes pas la plus belle équipe du monde mais son sérieux et son application risque d’en surprendre plus d’un. Alors que bon nombre leur prédisait l’enfer, la Nazionale a enfilé son armure et n’est pas prête à rendre les armes.

 

Cet article a été publié préalablement sur le site de l’association Boxing Day.

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