Au Départ était le mouvement, puis dès la préhistoire la danse rythmée de chants et d’instruments, exécution à caractère sacré pour conjurer le sort ou acclamer les faveurs divines avant la chasse par exemple.

Depuis, l’humanité n’a plus arrêté de danser. Les pas, les rythmes, les raisons ont changé et sont aujourd’hui aussi variés qu’il n’y a de danse sur cette terre. Mais qu’est-ce qui différencie toutes ces danses qu’on côtoie aujourd’hui? Qu’est-ce que la danse contemporaine, la danse classique nous raconte de différent de la danse hip-hop par exemple? Aparté en compagnie de Sébastien Boucher, directeur du Festival Groove’N’Move, festival de danses urbaines à Genève.

« C’est une question d’époque. », me dit Sébastien Boucher. « Le ballet est né du XVème siècle et a reçu ses titres de noblesses en tant que spectacle de divertissement à la court. Cette danse a su séduire par sa grâce, ses codes et son raffinement. La danse contemporaine est né après la seconde guerre mondiale, à peu près en même temps que l’art contemporain. C’est la danse qui teste les limites, les limites de l’art, de la danse, de la représentation du corps, les limites de l’expression personnelle à telle point que la non-danse serait une danse. Le hip-hop est né au début des années 70 dans les rues du Bronx au Etats-Unis dans un contexte socio-économique tendu. Les écarts entre les américains blancs et les minorités raciales se creusent. Les conditions de vie pour les minorités se dégradent. Elles se replient alors dans des guettos où les block parties deviennent de plus en plus populaires. Les DJ mixaient. Un parolier l’accompagnait en déversant toutes les injustices de l’époque en parole, ce qui est devenu le rap par ailleurs. Par dessus, les jeunes dansaient et s’exprimaient à leur manière. C’est comme ça que la danse hip-hop est née. Elle est née d’un cri, d’une révolte. Alors oui, la danse classique est différente de la danse contemporaine et du hip-hop. L’un parle de séduction, l’autre parle de l’expression de soi et le dernier parle de revendications, d’expression qui vient du ventre, et surtout aussi de pied de nez à la violence, car malgré un contexte tendu qui appelle à la violence en commençant par la violence entre les gangs des guettos eux-mêmes. Au lieu de s’affronter en se battant, on s’affronte en dansant, d’où est né le battle. Mais aujourd’hui tout a évolué. La danse hip-hop n’est plus une danse de rue. On la retrouve plutôt dans les soirées clubbing et de plus en plus aux théâtres, dans les films. Ce qui me réjouis beaucoup, dit Sébastien Boucher, car c’est comme ça que les danses urbaines ont le plus de chance de rencontrer un public de plus en plus large. C’était d’ailleurs mon souhait quand j’ai monté ce festival. Mon but était de promouvoir cette danse auprès du public, le plus large possible. Leur montrer que le hip-hop est un art, porteur de joies, de vie, d’émotions et de valeurs humaines. C’est toujours ce que je veux transmettre aujourd’hui avec cette 6ème édition qui arrive à grand pas, du 12 au 27 février prochain», me dit-il.

L’aparté faîte. Il ne me reste plus qu’à vous donner envie d’aller à la rencontre des danses urbaines avec une programmation aussi variée qu’intéressante.

Photo: Spectacle Interstices de Sébastien Boucher ©Cédric Sintes

6ème édition du Festival Groove’N’Move – du 12 au 27 février 2016

> Conférences :

– Conférence dansée sur le thème de la House dance, vendredi 19 février, 20h, à l’Undertown de Meyrin.

– Table ronde sur l’Universalité du hip-hop, dimanche 21 février, 14h30, au MEG.

> Documentaires :

– Style Wars sur la naissance du hip-hop aux Etats-Unis dans les années 70-80, vendredi 17 février, 19h, au Cinélux.

– In The Dust sur ce qui fédère les jeunes dans le hip-hop dans les pays les plus pauvres du monde comme le Yémen, le Cambodge, la Colombie ou encore l’Ouganda, dimanche 21 février, 16h30, au MEG.

-Entre Ciel et Terre sur l’évolution du hip-hop, de la rue aux salles de spectacles, jeudi 25 février, 19h, aux cinémas des Grütli.

> Spectacles :

– In the Middle/Interstices, samedi 13 février, 20h, au Théâtre Forum de Meyrin.

– Weakness, jeudi 18 février, 20h, au MEG.

– Parasite/Interstices, samedi 20 février, 20h, au Théâtre de l’Alhambra.

– Boots, vendredi 26 février, 20h, à la salle communale d’Onex.

> Battles:

– Juste Debout Suisse, Palladium, dimanche 14 février, 16h, au Palladium.

– Groove’N’Move Battle B-Boying, samedi 27 février, 18h, à l’Undertown de Meyrin.

> Ateliers et stages :

– Stages d’initiation, stages tout niveau, stages niveau confirmé et création artistique au sein des murs du Mamco tout au long du festival, à consulter sur le site directement.

Toutes les informations sur le site du festival : http://groove-n-move.ch

Billetterie en ligne : http://groove-n-move.ch/acheter-en-ligne/