Genève, le 11 juillet 2017.  Alors que les autorités irakiennes ont annoncé ce dimanche la fin de la bataille de Mossoul, Handicap International s’inquiète de l’après et de l’immense traumatisme que les populations civiles ont vécu durant 9 mois de bataille. Les personnes blessées et atteintes psychiquement nécessitent des soins de réadaptation et un soutien psycho-social. De plus, malgré la fin des combats, le retour des civils représente un danger important en raison des restes explosifs de guerre présents dans toute la ville. L’organisation sensibilise les populations aux dangers des restes explosifs de guerre et engins explosifs improvisés.

Des combats intenses

«Les combats ont été très intenses et les civils ont fait face à une situation extrêmement risquée », explique Elisa Fourt, chef de projet de Handicap International en Irak. «Plusieurs rapports font état de milliers de personnes utilisées comme boucliers humains. Des centaines d’autres se sont fait tirer dessus lorsqu’elles essayaient de fuir le conflit. En coopération avec les autres acteurs humanitaires, nous essayons chaque jour d’apporter notre aide aux blessés qui arrivent encore dans les hôpitaux. Et nous intervenons aussi auprès de la population déplacée dans les camps, parmi laquelle se trouve un grand nombre de personnes nécessitant des soins de réadaptation.» Plus de 15 000 civils ont été blessés depuis le début de l’offensive (personnes référencées à l’hôpital) et des milliers d’autres ont été tuées sous le feu des combats.

Malnutrition et traumatismes

«Un certain nombre de civils qui ont réussi à fuir la ville souffrent également de malnutrition et sont dans un état de fatigue extrême. Nos équipes interviennent auprès de beaucoup de personnes qui sont en état de détresse psycho-sociale face à ce qu’elles ont vécu au cours des derniers mois. Certaines ont été témoins de scènes de torture, de crimes et ont survécu dans des conditions extrêmement difficiles», ajoute Elisa Fourt. Handicap International a déployé des psychologues sur le terrain, pour les cas de traumatisme les plus sévères au sein de la population. Parmi les 800 000 personnes encore réfugiées dans les camps, de nombreux civils ont perdu leur maison et sont si traumatisés qu’ils n’envisagent à ce stade pas de retour.

Multiplication des retours

Outre l’assistance apportée aux déplacés, l’association intervient également auprès des civils qui ont d’ores et déjà pris la décision de se réinstaller à Mossoul. Depuis le début de l’offensive, plus de 200 000 civils sont déjà repartis dans leur zone d’origine. Ce mouvement devrait très largement s’intensifier dans les semaines à venir. «De plus en plus de gens décident de rentrer chez eux. Les conditions de vie dans les camps sont particulièrement difficiles: il fait très chaud, il n’y a toujours pas d’électricité… Alors, beaucoup de déplacés décident de rentrer, malgré les risques liés aux restes explosifs de guerre encore très présents partout dans la ville», indique Elisa Fourt. «Nous les sensibilisons aux dangers des restes explosifs de guerre et engins explosifs improvisés, pour qu’ils puissent les identifier et s’en protéger, une fois de retour à Mossoul et ses environs.»

(c) E. Fourt / Handicap International