Il y a des noms qui se portent plus facilement que d’autres, tant leur simple évocation peut en faire surgir une image puissante, si bien positive que négative. Ernesto Che Guevara, argentin devenu cubain au cours de sa vie, marqua le 20ème siècle de son empreinte, symbole d’une révolution qui aujourd’hui s’interroge sur son avenir quatre mois après le décès de Fidel Castro.

Canek Sanchez Guevara, lui, n’a jamais eu la chance de connaitre son grand-père, décédé en Bolivie en 1967, soit sept ans avant sa naissance. Ce petit fils du Che a vécu au cours de sa vie dans de nombreuses villes: La Havane, Mexico, Monterrey, Oaxaca, Barcelone, Milan ainsi qu’à Marseille. Artiste à part entière, il fût musicien, photographe et écrivain. Il est décédé en janvier 2015 des suites d’une opération du cœur. 33 révolutions est son unique roman.

«L’espoir se fait rare. Seule la mer, au loin, promet encore quelque chose…»

En utilisant la métaphore d’un vinyle rayé qui ne cesse de tourner dans le vide, 33 révolutions dépeint un pays où l’utopie a sombré peu à peu dans une dystopie. Le personnage principal, il ne sera jamais clairement nommé, est un fonctionnaire travaillant pour l’Etat cubain. Muni de son appareil photo argentique, il observe ses compatriotes en tentant de capturer la routine quotidienne ainsi que les nombreuses vagues d’exil du peuple cubain défilant le long de la côte à bord de leurs radeaux de fortune. «L’espoir se fait rare. Seule la mer, au loin, promet encore quelque chose…»